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Ô Verlaine !
De Jean Teulé
Editeur : Julliard
Parution le : 29 Janvier 2004

Un jeune poète à la rencontre d’un grand poète.
Natif de Béziers, Henri-Albert Cornuty habitait la ferme de ses parents quand son oncle lui offrit pour son quinzième anniversaire les Poèmes saturniens de Paul Verlaine. Cette lecture le troubla si fort que, sans prévenir qui que ce soit, il partit pour Paris rencontrer son idole. Il fit la route à pied et rencontra Verlaine au premier jour de l’automne 1895. Il ne le quitta plus jusqu’à sa mort trois mois plus tard.

Les derniers mois de la vie de Verlaine : alcoolique grandiose, amant frénétique et désordonné (« J’ai toujours été amoureux d’un sexe ou deux… »), bigame maltraité par ses deux compagnes, il tituba jusqu’au tombeau entre l’ignominie et le sublime…
La vie de Verlaine fut extravagante mais les derniers mois de sa vie touchèrent au surréalisme. Il n’avait que cinquante et un ans, perclus de maux : syphilis, altération sanguine, diabète, souffle au cœur, cirrhose du foie, erysypèle infectieux, hydarthrose, pneumonie (il fallut ajouter une seconde pancarte au pied de son lit d’hôpital pour en dresser la liste complète). Et c’est au moment où il ne lui restait qu’une poignée d’admirateurs inconditionnels (dont le préfet Lépine qui interdit aux policiers du Quartier latin d’arrêter Verlaine quelles que soient ses frasques), au moment de la pire déchéance matérielle et morale, au moment où les gloires de l’époque l’accablaient de leur mépris, qu’une vague de sympathie naquit chez les étudiants qui, en quelques mois, en firent leur idole. Ils aimaient sa liberté de ton, la force de ses anathèmes, le désordre de sa vie, le génie de sa poésie. Ils se battaient pour l’écouter dans les cabarets, étripaient les mauvais esprits qui ne partageaient pas leur passion, encombraient sa chambre d’hôpital pour l’écouter déclamer et lui assurèrent à sa mort des funérailles grandioses. Ce jour-là, le Destin poussa la générosité jusqu’à faire tomber le bras de la Poésie après que le corbillard fut passé sous la statue de Carpeaux qui orne la façade de l’Opéra.

Tous les faits sont exacts. Le reste est inventé.
Fol amoureux de ce personnage magnifique et terrifiant, Jean Teulé raconte à travers les yeux de Cornuty ces derniers mois extravagants.


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2008-03-06Note : 2/5
Pauvre Lelian : il méritait meilleure fin.
De très belles poésies écrites par un ivrogne bestial. Comment rendre crédible cette antinomie dans un roman de plus de 300 pages ? Contrairement à sa clique d'admirateurs toujours prêts à le ressortir du caniveau, j'ai personnellement eu de la peine à m'attacher à ce personnage malodorant de Verlaine. Ses continuelles saouleries, ses accès de sauvagerie et cette faiblesse face à la chair traduisent un mal-être qui est certes constitutif de l'âme poétique verlainienne, mais qui en même temps ne donnent pas forcément envie de s'en imprégner.
Fidèle à lui-même, Jean Teulé regorge d'imagination dans la description des pires monstruosités dont ses personnages sont capables. Mis à part Verlaine, champion hors catégorie de cet étalage peu reluisant, il y a ces femmes vénales (prostituée ou épouse), ces meurtriers en série, dont un dira « Peu importe qu'il y ait eu des victimes si le geste fut beau », ces arrivistes de tout poil : toute une faune décadente, dont une représentante émérite se fera même manger tout cru par un boa. Eh oui, c'est vraiment la faune.
Dans le registre « fin de vie d'un poète », j'ai nettement préféré « Les jours fragiles ». Avec son style plus dépouillé, Luc Besson a réussi à transmettre l'émotion d'une fin d'existence, en l'occurrence celle de Rimbaud. Sa soeur qui l'accompagne dans ses derniers jours lui confère la touche d'humanité qui échappa à ce Verlaine tel que décrit par Jean Teulé.

2008-03-02Note : 3/5
pas mal, mais... trop ressemblant à Je François Villon ??
Ô Verlaine nous emmène dans le Paris de 1885. Fin de vie pour Verlaine, l'absinthe est en train de ronger son foie, son corps est putréfié par la syphilis, ses poumons sont délabrés. Sa vie ? Oh sa vie n'est plus qu'une succession de nuits immergées dans l'alcool, dans le sexe et la débauche. C'est à travers les yeux de Henri-Albert Cornuty, petit provincial venu à Paris pour rencontrer son idole, que nous suivons Verlaine dans sa lente déchéance.

Jean Teulé le dit lui-même, ses biographies de Villon comme de Verlaine sont des fictions.

On y retrouve ceci dit et curieusement les mêmes éléments : un poète dévoyé, un Paris ravagé, le Paris des petites rues, des étudiants, des sans le sou. Des prostituées, vendues par leur mari (La grosse Margot, chez Villon ou Esther chez Verlaine) ; les mères de poètes tuées, reniées par leurs propres fils (la mère de Villon mangée en pâté, celle de Verlaine tuée). Des illustrations au gré des chapitres, et des poèmes, semés ça et là comment autant de rappels sur ce que furent avant tout ces deux là : de Grands Poètes.

Jean Teulé raconte la même violence, la même rage de se détruire, la même morve chez ces poètes peu soucieux de survivre, leur même soif de création et le même désespoir finalement. Une chose est sûre : il décrit ces deux là de façon plus que dévoyée. Débauche, luxure, amoralité...j'avoue avoir été plus touchée par Villon, au final plus humain (parce que plus jeune sans doute) que par Verlaine.



2007-02-28Note : 5/5
Passionnant!
La vie de ce poète est digne d'un sujet de roman! Incompris, excessif en tout, à la fois misérable et génial, vil et attachant, Verlaine incarne la somme de toutes les contradictions possibles. C'est pourquoi, son personnage est tellement captivant et unique.
Cette biographie romancée de la fin de sa vie nous plonge corps et âme au coeur de ces contradictions, accompagnée par des extraits de ses vers....
bref, un grand livre à mon sens!!

2006-08-23Note : 1/5
exaspérant
Rare que je n'aille pas au bout d'un livre mais celui ci m'a agacé, rien, rien, rien.. vague histoire, suite de clichés, plume insipide, qui ne vaut même pas d'être lu sur la plage.
Allez plutôt voir du côté de PH. Besson, les Jours Fragiles par exemple (autour de Rimbaud)

2006-08-03Note : 5/5
un poète maudit
c'est mon premier livre de Teulé. Je l'ai acheté parce que j'aime beaucoup Verlaine. Dès les premières pages, Teulé nous embarque pour un 19ème siècle plus vrai que nature, puant, avec ses prostituées qui battent le pavé, ses mur sales, ses personnages bigarrés, paumés, drogués, alcooliques, excessifs. Verlaine y semble sur le retour, obsédé, adoré, blessé. Le style est vif, les chapitres très courts (parfaits pour le métro !). Mais alors c'est vrai ou c'est pas vrai ?... en tout cas, on s'y croirait.

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