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Fiche livre | | |
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 | J'aime pas les autres De Jacques A. Bertrand Editeur : Julliard Parution le : 23 Août 2007
«Comment je me suis fâché avec tout le monde, je ne sais plus très bien. Longtemps, j'ai cru aimer les autres. Peut-être que je croyais les aimer parce que je voulais qu'ils m'aiment. Vous voulez toujours que les autres vous aiment. Enfin, vous croyez. C'est des gens bizarres, les autres. Vous pensez qu'ils sont comme vous. Et pas du tout. Ils sont comme les autres. J'aime pas les autres.»
De la petite école à la grande, y compris celle de la vie, des premiers baisers à la longue quête de l'âme soeur, la jeunesse du narrateur, Anatole Berthaud, aurait pu être parfaitement heureuse... s'il n'y avait pas eu les autres. Entre roman d'apprentissage et récit autobiographique, le dernier livre de Jacques A. Bertrand nous enchante, comme toujours, par sa finesse, son humour et son élégance d'esprit.
Jacques A. Bertrand est, entre autres, l'auteur de Tristesse de la Balance et autres signes (sixième édition), du Pas du loup (prix de Flore), de L'Infini et des poussières, La petite fille qui se souvenait d'avoir parlé avec l'ange, Derniers camps de base avant les sommets, L'Angleterre ferme à cinq heures et La Course du chevau-léger. | Littérature françaiseExtraitComment je me suis fâché avec tout le monde, je ne sais plus très bien. Longtemps, j'ai cru aimer les autres. Peut-être que je croyais les aimer parce que je voulais qu'ils m'aiment. Vous voulez toujours que les autres vous aiment. Enfin, vous croyez.
C'est des gens bizarres, les autres. Vous pensez qu'ils sont comme vous. Et pas du tout. Ils sont comme les autres.
J'aime pas les autres.
Au début, je ne me suis pas méfié. Je parlais avec tout le monde. Pourtant, je ne maîtrisais pas encore parfaitement la langue. Je discutais avec les mouches. C'est comme les autres, les mouches. Vous espérez vous faire des copines, vous leur faites des politesses, de grands sourires et des bababas, et, toc, elles vous atterrissent dans l'oeil.
- Mais pourquoi cet enfant pleure ?
Ça, c'est ma mère. Elle insiste.
- Il a tout ce qu'il lui faut. Son pouce, sa girafe en caoutchouc, son parc avec les petites boules de bois qu'il peut faire tourner tant qu'il veut...
Mon parc, tu parles. Les boules. Il y a même des mouches qui piquent. Pas que des mouches.
Un peu plus tard, à la maternelle, pendant la récréation, ou au cours d'une séance de jeux interactifs, je ne sais plus, il y a cette gamine qui a l'air gentil, j'aime bien ses cheveux et sa petite robe, je vais la serrer dans mes bras. Elle se met à hurler. La maîtresse débarque en urgence avec ses yeux en forme de gyrophares, une hyperthyroïdienne.
- Mais qu'est-ce qu'il a, ce môme, il est obsédé sexuel ou quoi ?
Moi ?
Un peu plus tard encore, en cours préparatoire, je suis le premier à savoir lire et écrire. Mais je n'ai pas de pot : le maître, c'est mon père. Il s'occupe aussi du cours élémentaire.
Si je fais un quart de faute à la dictée, c'est le drame.
Si je suis premier, c'est normal. Si, par malheur, je ne suis que deuxième, ça tourne à la tragédie.
- Tu as fait trois quarts de faute !
(Quand je pense au nombre de fautes entières que la plupart des gens font...) |
Commentaires Amazon| 2008-01-13 | Note : 4/5 | Une jolie histoire sur l'apprentissage du "vivre avec les autres" Le titre du livre de Jacques A. Bertrand était fort prometteur. Je pensais me trouver face à un roman débordant de cynisme et de mauvaise foi (ce qui aurait pu me ravire par ailleurs!).
Il n'en est rien. Ce roman raconte les rapports qu'a entretenu le narrateur durant son enfance, puis son adolescence, avec ce qu'il nomme "les autres". Il s'agit de ses parents, de ses professeurs, de ses camarades de classe, des filles ; bref tous les autres qu'on rencontre dès le début de la vie.
Mais point de nostalgie ridicule ou de conseils sur comment se construire dans la société. Bien au contraire, Jacques A. Bertrand nous livre une bien jolie histoire sur les raisons qui ont poussé un jeune garçon à ne pas aimer les autres car ils étaient trop différents de lui et ne cherchaient pas à le comprendre. Pas de sentimentalisme excessif, juste ce qu'il faut de second degré, et une bonne vanne à l'égard de BHL : voilà un livre comme on en lit que trop rarement !
| | 2007-12-06 | Note : 3/5 | Délicieux Quel beau titre ! Je ne pouvais pas ne pas m'y intéresser, comme s'il m'était personnellement dédié. Comme de plus l'auteur ne m'était pas inconnu, j'avais déjà prisé l'un de ses ouvrages précédents L'Angleterre ferme à cinq heures, je n'ai pas hésité à me plonger dans son nouveau bouquin. Nous sommes de la même génération ou peu s'en faut, ce qui facilite l'immersion dans le contexte et l'époque de son héros Anatole que nous suivons tout au long de sa vie. Son enfance avec un père instituteur, la pension, plus tard le service militaire et enfin les filles et le mariage. Tout est raconté sur un mode léger et plein d'humour, avec style, dans lequel viennent s'insérer -fort à propos malgré l'incongruité de l'idée- des dialogues imaginaires entre Sartre et Simone de Beauvoir. On se surprend à ralentir la lecture de ce mince ouvrage pour en faire durer le plaisir. Un pur régal.
« Comment je me suis fâché avec tout le monde, je ne sais plus très bien. Longtemps, j'ai cru aimer les autres. Peut-être que je croyais les aimer parce que je voulais qu'ils m'aiment. Vous voulez toujours que les autres vous aiment. Enfin, vous croyez. C'est des gens bizarre les autres. Vous pensez qu'ils sont comme vous. Et pas du tout. Ils sont comme les autres. J'aime pas les autres. »
| | 2007-10-05 | Note : 3/5 | mais je veux qu'ils m'aiment... En fait, le problème des autres, c'est qu'ils sont "autre", ils sont différents, bizarrres. Ce roman autobiographique est l'histoire de cette découverte. C'est facile à lire et bien écrit: on passe un bon moment en compagnie de l'auteur, un homme charmant et bien élevé comme il nous le raconte dans ce livre. J'ai aimé les parenthèses faites dans le récit. Elles sont l'occasion de proposer des points de vue originaux qui, l'air de rien ou de rire, font aussi réfléchir. L'auteur cite Alphonse Allais "On étouffe ici, permettez que j'ouvre une parenthèse". C'est l'occasion de nous montrer comment "toute biographie est un roman" et "l'autobiographie, la forme de littérature la plus romanesque."
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