 Cliquez pour agrandir | La bêtise économique De Zarader Robert, Catherine Malaval Editeur : Librairie Académique Perrin Parution le : 14 Mai 2008
Quand l'opinion publique, les politiques et les acteurs du monde industriel perdent toute raison économique.
En 2001, une fuite dans la presse, annonçant un plan social, entraîne l'entreprise LU-Danone, l'entreprise préférée des Français, dans une vaste tourmente médiatique et politique, parachevée quelques mois plus tard à peine par la plus grosse opération de boycott jamais vue en France. En 2005, l'entreprise Metaleurop Nord, sacrifiée sur lautel dune gestion industrielle internationale des affaires peu soucieuse de lécologie, de l'histoire et des hommes, donne sens à ses dépens à lexpression " patrons voyous ". En 2006 enfin, l'entreprise japonaise Toyal, au mépris de toute raison économique mais sous la pression d'un député en grève de la faim, accepte de ne plus se développer ailleurs que dans une vallée devenue trop étroite. Côté pile, ces trois crises d'entreprises, si différentes, composent les pièces d'un même tableau : les hommes, les machines, les territoires, peu importe, le tribunal de l'opinion décide de ce qui est bon ou non pour lentreprise, de ce qui est moral, ne l'est pas ou ne lest plus, et demande toujours plus (éthique, confiance, développement durable). Le monde sans usine avance, car les usines meurent aussi. Côté face, ces trois histoires, si semblables, cachent et entrecroisent les mêmes luttes de pouvoir, la même dictature de l'opinion, la même négation des réalités économiques et industrielles, le même déni du social, la même absence de courage politique. A travers elles, ce livre décrypte comment, à chaque fois, la bêtise économique peut triompher, comment dans le prolongement naturel d'un patriotisme économique toujours invoqué de façon univoque, l'économique est ignoré, manipulé tactiquement ou, pire, en témoignent ces crises, réduit à une " déraison ", voire à de la " bêtise " économique, comment enfin l'Etat velléitaire n'est, le plus souvent, que la traduction institutionnelle de la faillite de l'action des politiques à tous les niveaux (locaux, nationaux, européens) face à l'influence des médias, des opinions, ou des financiers, selon des situations et des moments de la société. |