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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Un artiste du monde flottant De Kazuo Ishiguro Editeur : 10/18 Parution le : 5 Septembre 2002
Jeune homme et bohème, le peintre Masugi Ono aimait à fréquenter “ le monde flottant ”, belle métaphore sous laquelle les japonais définissent les lieux de plaisir de la vie nocturne. Dans le Japon de l’après-guerre, l’artiste vieillissant se trouve confronté à un univers en dislocation. | [Poche]
Commentaires Amazon| 2008-04-09 | Note : 3/5 | Peinture et remises en questions... Le peintre Masugi Ono, devenu un vieil homme, songe sans déplaisir à son passé et au rôle qu'il a pu lui-même jouer, avec ses toiles, dans l'histoire du Japon, pendant la seconde guerre mondiale. Mais les temps ont changé et les idées d'autrefois n'ont plus cours. Devant marier sa plus jeune fille, Noriko, déjà âgée de 26 ans, Ono craint que ce passé vienne interférer malencontreusement dans les négociations du mariage. Il tente donc de retrouver ses anciens compagnons, adeptes comme lui du "monde flottant", métaphore sous laquelle les Japonais définissent les lieux de plaisir de la vie nocturne, afin de sécuriser l'enquête des parents du prétendant...
Mon avis...
Auteur du très connu Les Vestiges du Jour, adapté au cinéma par James Ivory en 1993, Kazuo Ishiguro signe ici un roman que j'ai trouvé de facture assez classique. Il est en effet plutôt habituel, dans les romans japonais, de suivre les tribulations et pensées d'un vieil homme intellectuel, ancien maître respecté, devenu spectateur désarmé de la modernité et de l'évolution des mentalités. Quelques petits détails et fils narratifs m'ont pourtant évité l'ennui que me procure souvent de trop longues digressions : les préparations du mariage de Noriko qui semble par moments bien compromis, les espiègleries du petit-fils du narrateur et les remises en questions du vieil homme qui imprègnent admirablement la fin du récit. A lire, pour ceux que le Japon d'après-guerre intéresse spécialement !!
| | 2006-08-30 | Note : 5/5 | Une merveille de cruauté insidieuse Ce deuxième roman d'Ishiguro, après Lumière pâle sur les collines, débute comme un film de Ozu. Vers 1950, un vieux peintre autrefois célèbre songe avant tout à arranger le mariage de sa deuxième fille et à se remémorer, dans un boui-boui qu'il est le dernier à fréquenter, les heures fastes des quartiers de plaisir qu'il fréquentait dans sa jeunesse. Quel brave gentleman que ce Masugi Ono ! Tellement courtois et philosophe, plein de sollicitude pour sa famille, d'affection pour ses amis ! C'est alors que se déploie le talent inouï de Ishiguro. Par petites touches admirablement subtiles, et d'autant plus impressionnantes que le roman est à la première personne, apparaît en creux le portrait d'un homme vaniteux et qui a pris plus que sa part aux dérives expansionnistes et nationalistes du Japon des années 1925-1935. Tout au plus, notre homme consentira-t-il à faire amende honorable pour ne pas mettre en danger le mariage de sa fille et à constater que, dans le Japon du général Mc Arthur, ses anciennes opinions, qui étaient pourtant marquées du sceau de la sincérité, ne cesse-t-il de souligner, ne correspondent plus à la nouvelle génération. Mais ses termes sont choisis : cet homme qui contribua, comme tant d'autres, à précipiter la ruine du Japon et de ses fils, condescend à qualifier ses idées d'avant-guerre de "périmées et peut-être même condamnables". Tout le génie d'Ishiguro est dans ce "peut-être même". Et le sang se glace à la lecture des petites leçons de vie qu'il donne à son petit-fils...
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