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Le livre noir de la psychanalyse
Vivre, penser et aller mieux sans Freud
De Catherine Mayer, Mikkel Borch-Jacobsen, Jean Cottraux, Didier Pleux, Jacques Van Rillaer
Editeur : 10
Parution le : 30 Novembre 2006

Partout ou presque, sauf en France - et en Argentine, le pays le plus freudien du monde -, la psychanalyse est devenue marginale. Son histoire officielle est mise en cause par des découvertes gênantes. Son efficacité thérapeutique s'avère faible. Sa pertinence en tant que philosophie est contestée. Ses effectifs sont en chute libre. Ce livre propose une enquête à plusieurs voix, vivante et accessible à tous. Quarante auteurs parmi les meilleurs spécialistes du monde ouvrent un débat nécessaire. Freud a-t-il menti ? La psychanalyse guérit-elle ? Est-elle la meilleure façon de comprendre ce que nous sommes ? Comment éduquer nos enfants hors de la peur de « mal faire » ? Que penser des autres thérapies ? Un ouvrage international de référence qui a suscité un débat salutaire.

  • [Poche]

  • Commentaires Amazon

    2007-10-22Note : 4/5
    Effarant
    Après le livre "La psychanalyse cette imposture" du Dr. P. Debray-Ritzen, paru en 1991, et qu'on regrette de ne pas voir cité, voici de nouvelles précisions.
    On lit p.555-586 l'histoire de l'effet incroyablement destructeur de S. Freud sur ses premiers disciples: Horace Frink, Emma Eckstein, Viktor Tausk, et sa propre fille Anna. On apprend tout sur les mensonges fieffés: guérisons qui n'en sont pas, légendes créées de toutes pièces. Les divagations d'obsédé de S. Freud, le galimatias fumeux de J. Lacan. L'incompréhension, la brutalité des thérapeutes vis-à-vis de leurs patients: voir p.699-764.
    Il y a deux éléments dans ce livre: 1. la critique de la psychanalyse et 2. l'information sur les TCC, thérapies comportementales et cognitives, donnée par une partie seulement des auteurs de ce livre qui sont assez nombreux. Là c'est moins convaincant. Par exemple, p.356-357 on apprend que les TCC procèdent en deux phases: la synchronie et la diachronie; on se demande en quoi cela profite au malheureux patient. P.357 on lit aussi que "les TCC sont axées sur l'ici et le maintenant des problèmes". Hourrah! Nous sommes sauvés. Ils prétendent guérir, sont-ils moins menteurs que les psychanalystes? La croyance à l'inconscient, à l'hédonisme, est encore là: est-ce une "mouvance" tellement différente de ce qu'elle prétend remplacer?
    La psychiatrie, en France et ailleurs, est une triste affaire. Les professions de médecin psychiatre et d'avocat sont les seules, à ma connaissance, pour lesquelles une absence totale de résultats de résultats est considérée comme normale: il faut passer à la caisse quoi qu'il arrive. Des psys, j'en ai connu un qui n'était pas mal: il avait une formation de neurologue, ce qui lui donnait une approche bien plus réaliste. Heureusement, si la psychologie n'a pas progressé, la pharmacopée a, elle, progressé, ce qui permet à un médecin intelligent de prescrire, avec prudence et discernement, ce qui aidera le patient. Je dis bien prudence et discernement.
    Qui fera mieux?

    2007-10-09Note : 1/5
    affligeant...
    de ne tenter de se définir qu'en essayant de disqualifier les autres...
    je pense qu'on ne peut réellement parler de l'analyse qu'en en ayant une expérience personnelle. Bien sur, dans chaque type d'approche, il y a des gens très biens et d'autres qui le sont moins, mais comment peut on tenter de généraliser ainsi, etre aussi aveugle de l'évolution constante et incroyablement fertile de la théorie et de la pratique analytique ??
    Quant à la présentation des TCC, c'est intéressant, bien que manquant d'objectivité..
    Alors, il serait peut etre temps d'arreter de fantasmer et de voir comment on peut tirer parti de la richesse théorique des différentes approches dont nous disposons pour aider les personnes qui souffrent !

    2007-05-11Note : 5/5
    Salutaire, mais des réserves
    Cet épais « livre noir », auquel ont collaboré une quarantaine d'auteurs (psychiatres, anciens psychanalystes, historiens, anciens psychanalysés, philosophes, etc. ), est une charge redoutable contre la psychanalyse freudienne. Redoutable car à la fois vive et convaincante, même si l'on peut émettre des réserves à propos de son titre racoleur. La première partie, notamment, consacrée aux considérations historiques sur le freudisme, apporte des éclairages fort intéressants à ce sujet. Certains des auteurs, parmi les historiens, ont effectué des recherches consciencieuses et nous en fournissent les résultats, toujours référencés, dans ce livre. Il y apparaît nettement que Freud a considérablement exagéré les effets curatifs obtenus sur ses patients grâce à sa méthode. Cette dernière est d'ailleurs habilement critiquée dans la troisième partie, où les théories du neurologue viennois sont remises en question par de pertinents raisonnements. Le caractère de « pansexualisme » de la psychanalyse, qui avait suscité des réactions défavorables à son encontre dès ses débuts, y est parfaitement illustré par de nombreuses citations d' « analystes » réputés. D'autres éléments, moins connus du grand public, y sont portés à sa connaissance ; entre autres l'augmentation, voire l'apparition, des attitudes fortement « égocentriques » chez certains psychanalysés, qui ne sont pas faites pour nous rassurer sur les dangers de cette forme de psychothérapie. Il est également bien montré comment les partisans du freudisme agissent à la manière des sectes prosélytes pour « étouffer » les arguments qu'on leur oppose. Une secte commence par élaborer un argumentaire qui se veut le plus convaincant possible, puis, en fonction des objections plus ou moins pertinentes qui lui sont faites « sur le terrain », elle modifie, améliore, perfectionne son argumentaire ; Freud et ses émules ont largement usé de ce procédé, car, comme le montrent les auteurs de ce livre, il leur aurait été difficile d'agir autrement afin de conserver leur « poule aux aeufs d'or », les doctrines freudiennes ne pouvant recevoir de véritable validation scientifique.
    Pour contester la validité des théories psychanalytiques, les auteurs tirent légitimement argument de la grande diversité des écoles de psychanalyse. Malgré quelques guérisons réelles obtenues par celles-ci, apparemment dues au bien fondé des théories, on ne peut s'empêcher de se demander si ces résultats positifs ne sont pas plutôt attribuables à la « suggestion » (le fameux « effet placebo ») tant ces systèmes sont différents les uns des autres, voire contradictoires, d'autant plus que de tels effets sont obtenus couramment par des thérapeutes qui avouent franchement utiliser des méthodes « suggestives ».
    Malgré tout ce que nous venons de dire de positif à l'égard de cet ouvrage, il nous est impossible de lui épargner certaines remarques moins flatteuses. Dans l'introduction, Catherine Meyer défend ses collaborateurs d'avoir voulu faire de la publicité pour une autre approche de la psychothérapie, en l'occurrence les thérapies comportementales et cognitives (abrégées en « TCC ») ; or, à la lecture attentive du livre, il apparaît clairement qu'il s'agit de mauvaise foi. À cet égard, d'ailleurs, le sous titre du livre est révélateur. Si de nombreux auteurs y ont avancé des arguments, voire des preuves, infirmant la crédibilité de la psychanalyse, ils sont également nombreux à avoir fait l'éloge des « TCC ». Ainsi, il est évident que cette « attaque » de la psychanalyse ne visait qu'à glorifier, par contraste, les pratiques propres aux auteurs dont les contributions à cette étude ont été les plus importantes. Les partisans du freudisme ne s'y sont d'ailleurs pas trompés en ne tardant pas à publier une réponse intitulée « l'anti-livre noir de la psychanalyse », qui dévoile et dénonce les imperfections et les résultats peu durables des « TCC ». Comme les auteurs du « livre noir » le font eux-mêmes remarquer, il n'existe pas encore de théorie tant soit peu solide sur la « pathogenèse » des troubles mentaux. En d'autres termes, les causes de ces troubles sont inconnues, de sorte que, comme le font pertinemment remarquer les fidèles de la psychanalyse, ceux des « TCC » ne font que s'attaquer aux symptômes ; on comprend dès lors que leur méthode ne peut pas avoir une efficacité bien supérieure. Cependant, le reproche qui est fait par Catherine Meyer aux freudiens de ne pas avoir contre argumenté sur les critiques adressées à leur discipline est tout à fait justifié. Les partisans de la psychanalyse et ceux des « TCC » n'ont pas fait autre chose, au fond, que de détruire mutuellement leurs systèmes respectifs par publications interposées. Cela ne signifie pas, à nos yeux, qu'il faille renoncer à soigner les désordres psychologiques, mais seulement que l'état actuel des connaissances sur le sujet est encore loin d'être pleinement satisfaisant, et qu'il faut souhaiter que les progrès de la recherche amènent un jour des résultats beaucoup plus encourageants. Quoi qu'il en soit, les thérapies comportementales et cognitives (les fameuses « TCC »), bien qu'elles prêtent elles aussi à contestation, nous paraissent tout de même moins périlleuses que la psychanalyse, laquelle n'hésite pas à échafauder les hypothèses les plus farfelues sur l'origine des dérèglements mentaux, ce qui, évidemment, ne peut avoir que les effets les plus nocifs. Afin que notre exposé soit complet, il nous faut ajouter ceci : que la psychanalyse soit presque entièrement « démodée » ailleurs qu'en France et en Amérique latine, c'est là quelque chose dont il nous est permis de douter, car certains éléments parvenus à notre connaissance - et que nous nous abstiendrons d'exposer ici afin de couper court à d'éventuelles discussions oiseuses - démentent cette assertion optimiste. De même, il n'est pas certain que la psychanalyse soit aussi privilégiée au sein de la psychiatrie française que le prétendent les auteurs.
    Après avoir émis ces nécessaires réserves, nous ne pouvons que conseiller vivement cet ouvrage, dont la lecture est agréable malgré quelques grossières fautes de français dans son introduction. Mais ce n'est évidemment pas le talent « littéraire » des auteurs qui importe le plus ici ; les témoignages des historiens, des anciens psychanalystes et des anciens patients contiennent de précieuses informations qu'il était indispensable de rendre publiques et qui, espérons-le, ne seront pas sans profit pour certains lecteurs.

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