Recherche
Plus d'un million de livres référencés
Double dames contre la mort

Double dames contre la mort

Auteur : Yvonne Besson

Editeur : Pocket

La découverte fait froid dans le dos : dans une villa cossue de Dinard surplombant l'océan gît le corps en putréfaction d'une jeune femme assassinée. Ayant apparemment subi des sévices sexuels, elle aurait été étranglée...
Au même moment, à Marville, en Normandie, la publication dans la presse de la photo de la victime ravive chez la capitaine de police Carole Riou des cicatrices douloureuses : la défunte, fille d'un respectable galeriste britannique, ressemble à s'y méprendre à sa propre cousine, morte trente ans auparavant dans des conditions quasi similaires. Les visages se superposent, le passé se mêle au présent. Quel tour macabre le destin a-t-il décidé de jouer au capitaine Riou?

7,30 €
Vendeur : Amazon
Parution :
Format: Poche
370 pages
ISBN : 978-2-2661-5709-4
Extrait

Dinard, samedi 16 décembre 2000.

Une cloche lointaine au son étouffé par les nuages bas sonna onze coups. Dans la nuit et le froid de décembre tout était pétrifié, les branches immobiles et les contours presque imperceptibles des toitures aux sail­lies luxuriantes. La pâle lumière que diffusaient les rares réverbères était stoppée avant d'arriver au sol, comme une substance gélifiée. La mer, retirée de l'autre côté du banc de sable, avait, plus tôt, exhalé une odeur d'iode imprégnant l'humidité, mais retenait à présent sa respiration, étale et muette. Il paraissait improbable qu'il y eût une présence humaine dans cette rue étroite de la Malouine, qui serpentait entre les pro­priétés haut perchées au-dessus de la plage. Une voix, pourtant, surgit des ténèbres.
- Greg, j'ai les boules.
Le garçon ainsi interpellé avait déjà passé une jambe de l'autre côté du mur de pierres qu'il venait d'escala­der. Ils avaient repéré dans la journée l'endroit idéal, loin de tout éclairage, là où le mur était le moins élevé et présentait des saillies. Dans l'obscurité, il distinguait à peine la silhouette de son copain, qui lui sembla rou­lée en boule sur le trottoir.
- Déconne pas, mec, grimpe. C'est toi qu'as voulu venir !
Il poussa un soupir d'exaspération, s'assit à califour­chon sur le faîte moussu, et assurant son équilibre en posant une main devant lui, braqua quelques secondes le rayon de sa lampe torche vers le bas. Dans le rond lumineux se détacha le visage de Thomas, qui ferma les yeux, ébloui.
- Éteins ça ! On va nous voir ! Je monte.
- Y a pas un chat ! Tu risques rien !
Malgré tout, Grégoire, d'un clic, rendit son pote à la nuit. Il devina les mouvements du corps qui se redres­sait, froufrous du blouson, taches blanchâtres des mains cherchant à agripper les aspérités. Il chuchota : (...)

Donnez votre avis