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Paris ne finit jamais
De Enrique Vila-Matas
Editeur : Christian Bourgois Editeur
Parution le : 1 Septembre 2004

" Mallarmé ou Rimbaud ? " demande Marguerite Duras à son locataire qui aspire à écrire, ne comprend pas - une fois de plus - sa question et s'en étrangle. C'est que, lui avait expliqué un camarade d'exil, Marguerite parle un " français supérieur ". En fait, sommé de choisir entre deux options littéraires - la nomade et la sédentaire -, bien que s'identifiant à Hemingway, le narrateur se prononce pour la deuxième, craignant que son étrange logeuse ne l'enjoigne à partir à l'aventure et à libérer la mansarde dont il oublie de lui payer le loyer. En revisitant ironiquement ses malheureuses années d'apprentissage à Paris, ce double de Vila-Matas découvre que malgré tout, comme a dit John Ashbery : après avoir vécu à Paris, on est incapable de vivre ailleurs, y compris à Paris.


Commentaires Amazon

2007-01-12Note : 4/5
Hemingway, Paris et lui
À l'occasion d'une conférence qu'il doit donner à Barcelone, un écrivain revient sur ses années de bohème et d'apprentissage littéraire à Paris. A cette époque, le jeune homme se voulait "très pauvre" et "heureux", comme Hemingway à ses débuts, mais Vila-Matas s'est abstenu de réel bonheur, il était en fait très "malheureux" (et pauvre comme Job). Vila-Marquas était à Paris pour écrire son premier roman, "La lecture assassine" (où la lecture du manuscrit devait entraîner la mort du lecteur !), et bénéficiait d'un soutien remarquable en la personne de Marguerite Duras, qui devint sa logeuse.

Vila-Matas est un "malade" d'Hemingway et cherche à tout prix à lui ressembler, quitte à participer à des concours de sosie de l'écrivain (où il se ridiculise à plates coutures). Mais il persiste, "Paris est une fête" étant une de ses plus grandes références, il n'hésite pas à rétorquer avec son "Paris ne finit jamais" pour apporter le témoignage de sa propre aventure, finalement plus pitoyable et grotesque, à lui rappeler avec honte sa pédance maladroite en imitant Sartre sur les terrasses des cafés de St-Germain-des-Prés... Mais l'ensemble est absolument jubilatoire à lire, c'est truffé de clins d'oeil (oui, on y croise une certaine Isabelle Adjani débutante !) et le rapport qu'entretient l'auteur avec son personnage ne manque pas d'auto-dérision, de finesse mais aussi de tendresse.

2004-06-20Note : 4/5
un pur bonheur à paris
L'auteur nous entraîne à la suite de ces souvenirs dans le paris de ces années d'étudiants. Prétexte d'une conférence sur l'ironie, il revient sur cette période, ces débuts d'écrivain et nous entraîne avec délices dans une spirale de digressions sur l'écriture, marguerite duras, hemingway ou son premier roman.... bref encore une fois on se laisse entraîner par le bout de sa plume avec un plaisir renouvelé.

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