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Mac et son contretemps

Mac et son contretemps

Auteur :

Editeur : Christian Bourgois Editeur

Sélection Rue des Livres

Le narrateur du roman d'Enrique Vila-Matas, Mac et son contretemps, sorte de double lointain et parfois pulvérisé de l'auteur, est un homme de plus de soixante ans qui veut « se lancer » dans l'écriture littéraire. Il se présente donc comme un écrivain débutant, ancien chef d'entreprise d'une société de construction qui a fait faillite alors qu'on apprend en cours de lecture qu'il a en fait été congédié d'un cabinet d'avocats car il ne correspondait pas aux critères désormais en vigueur.
Il fait ses gammes en tenant un journal secret, il aspire à une carrière littéraire à ses yeux plus conséquente et se pose diverses questions qui ont à voir avec les genres littéraires et l'histoire de la littérature. Parmi ses projets, il envisage de réécrire un roman de son voisin Sánchez qui doit beaucoup à l'une des premières oeuvres d'Enrique Vila-Matas, Une maison pour tous.
Le roman prend un tour nouveau quand l'écrivain débutant découvre que ce Sánchez a peut-être été et, est encore, l'amant de sa femme irascible, Carmen. Dès lors, deux univers se juxtaposent, celui des grands thèmes littéraires et celui, plus trivial, des amours supposées de son épouse. Les deux univers n'avancent plus parallèlement, mais se parlent, donnent au roman un tour comique irrésistible. Comment peut-on penser à de telles hauteurs et réagir comme un mari de comédie italienne dans un roman ? Telle est la principale surprise du roman, qui ne se contente pas de brasser les thèmes connus de l'oeuvre d'Enrique Vila-Matas mais les confronte à leur envers comique pour aboutir à une oeuvre légère, gracieuse, enivrante comme du champagne.

Traduit de l'espagnol par André Gabastou

24,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
339 pages
ISBN : 978-2-2670-2996-3
Les avis

La presse en parle

Un entrepreneur en faillite décide de réécrire le roman d'un rival. S'y mêle une interrogation mélancolique sur le processus de création littéraire.

Qu'ils s'offrent à lire comme des romans ou comme des récits, toujours les livres insolites et brillants d'Enrique Vila-Matas jouent à entremêler le réel et la fiction, la narration et la ­réflexion sur l'écriture. « Je suis fait de tous les autres écrivains, en conver­sation avec eux » (1,) dit ce lecteur insatiable, virtuose de la métafiction, dont les ouvrages sont truffés d'allusions et de citations, affichées ou dissimulées, fidèles ou pastichées.

Le jeu n'est pas gratuit, il est au con­traire spéculatif et grave, il interroge le geste littéraire et son origine, la dynamique des formes, leur potentiel à continuer d'approcher l'indicible de l'expérience humaine et à garder trace. Au coeur de l'espiègle et fantasque Mac et son contretemps, de la méditation de son personnage sur la répétition, « la reprise et le ressouvenir » (Kierkegaard), il est ainsi une mélancolie secrète et très proustienne, qui ne se révèle pleinement qu'aux ultimes pages — au terme de l'odyssée de Mac, où la littérature est mise au défi de conjurer le temps qui passe, de dire « la vie pure gardée à l'état pur ».

Nathalie Crom, Télérama

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