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Un corps est le meilleur ami de l'homme
De Jaime Gil de Biedma
Editeur : Editions du Rocher
Parution le : 25 Juillet 2007

Jaime Gil de Biedma (1929 - 1990) est le plus grand poète espagnol de l'après guerre, "de ceux dont la poésie aide à vivre." D'abord sous l'influence de l'esthétisme moderniste d'un Jorge Guillén, il trouve très tôt sa voie, totalement neuve et originale, au contact du poète catalan Gabriel Ferrater et de son frère Joan qui formaient avec l'éditeur Carlos Barral, héros de la "Gauche Divine", un "cercle intellectuel très imbibé" des nuits de Barcelone. Fils de la grande bourgeoisie barcelonaise, il est attiré un temps par les "idées marxistes" pour en être aussitôt délivré par le parti communiste, qui lui refuse son entrée pour cause d'homosexualité. Néanmoins, comme l'écrit William Cliff dans sa préface : "Il tâche d'être un "bon intellectuel de gauche" et il y parvient certainement, comme on le vérifiera dans plusieurs poèmes du présent recueil." Dans une honnêteté remarquable, le poète n'écrit-t-il pas dans le portrait sans complaisances qu'il fait de lui-même : "Je gagne pas mal d'argent, mais je ne mets rien de côté. J'ai été "de gauche" et il est probable que je le sois encore, mais il y a un certain temps maintenant que je ne pratique plus !" "O monde de mon enfance dont la nostalgie s'associe (je ne le vois que trop bien) avec le petit capitalisme d'entreprise familiale ! C'était déjà "un peu tard" même en Catalogne, mais la "paix bourgeoise" régnait dans les foyers et dans les usines (surtout dans les usines) : la Russie, c'était loin, encore plus loin." (Ah ! Barcelone ! tu n'es plus ce que tu étais)

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