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L'Appel du gaullisme
De Robert Grossmann
Editeur : Editions du Rocher
Parution le : 20 Mars 2008

L'incroyable parcours politique de Robert Grossmann, président de la Communauté urbaine de Strasbourg, qui fonde dès 1965 l'Union des jeunes pour le progrès (UJP), premier mouvement des jeunes gaullistes, est celui d'un précurseur auquel l'Histoire donna raison. Quel observateur politique aurait alors imaginé que le gaullisme allait devenir l'emblème de toute une jeunesse de Francs en triomphant même des ravages de Mai 68 ? Le message qui flotte sur les bannières ralliées au héros du 18-juin lors de la contre-manifestation monstre du 30 mai 1968 parle de lui-même : " la révolution avec de Gaulle." Car c'est bien de la dimension visionnaire du gaullisme que Robert Grossmann s'empare dès le début des années 1960 en saluant les innombrables avancées qu'il a déjà apportées à l'échelle nationale mais aussi mondiale. Un rayonnement dont la flamme ne doit pas s'éteindre, quoi qu'il arrive.
Or de Gaulle s'efface déjà, désavoué par la victoire du non au référendum de 1969. Aux jeunes d'assurer la relève et de cultiver l'esprit de rupture pour une société moderne. Ateliers, dîners-débats et meetings festifs : Robert Grossmann impose une nouvelle manière de communiquer en politique qui s'appuie sur de véritables laboratoires du futur. Résultat, beaucoup des grandes figures politiques françaises d'aujourd'hui, de droite ou de gauche, ont fait leurs classes à l'UJP et dans son sillage : Nicolas Sarkozy... en tête.
L'appel du gaullisme retrace aussi cinquante ans d'une histoire politique passionnante, de l'ère gaullienne à la rupture sarkozyste.


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2008-04-18Note : 3/5
Un beau récit d'itinéraire politique, mais une thèse pas du tout convaincante!
Cet essai est une autobiographie politique, partielle, puisqu'elle n'aborde pas le long engagement local de Robert Grossmann à Strasbourg, mais décrit le début de son militantisme en tant que jeune gaulliste, en passant par la fondation de l'UJP (Union des Jeunes pour le Progrès) et ce qu'il faut bien appeler la fin de la présence réelle de M. Grossmann sur le plan national, au milieu des années 1970.
Sur la forme, c'est très bien écrit, M. Grossmann fait honneur à ses études de lettres à l'excellente université strasbourgeoise. Le livre comporte quelques photos de l'auteur avec les personnages clés de son parcours politique et du gaullisme: le Général bien-sûr, mais aussi Pompidou, Malraux et aussi Sarkozy.
Sur le fond, c'est un récit touchant de l'itinéraire d'un homme qui se veut idéaliste et amoureux de la politique au sens noble du terme et sa foi politique impressionne. Mais au-delà, j'ai regretté la vision du gaullisme de l'auteur, on le retrouve un peu tout au long du livre, mais son "ni gauche ni droite, l'intérêt général seulement" ne m'a pas convaincu. Sa vision paraît bien idéaliste et quelque peu utopique. Elle fait sourire parfois. Mais c'est une impression personnelle.
Mais ce que j'ai le plus regretté, c'est le fait que le livre ne me semble pas convaincant du tout quant à la thèse principale qu'il prétend défendre: Sarkozy serait gaulliste (sic). Grossmann ne parle que de verbe, de posture, mais pas de pensée politique. C'est bien léger comme démonstration! D'autant que quelques lignes ajoutées avant parution précisent que Sarkozy a bien déçu l'auteur, que la rupture n'est pas là où on l'attendait, etc. Finalement, on ne sait plus, Sarkozy est gaulliste ou pas?L'auteur paraît même douter que le gaullisme survive à son fondateur, enfin c'est plein de points d'interrogations et on referme le livre déçu et convaincu du contraire de ce que l'auteur a voulu: non le gaullisme, c'est fini, on a cru qu'il renaîtrait avec Sarkozy (on s'est autopersuadé visiblement car ça n'a pas l'air évident...) et puis non, on espère toujours...Si au moins on savait ce qu'était le gaullisme, ça nous aiderait et ce fervent gaulliste lui-même n'arrive pas à dire ce que c'est vraiment...Il a au moins le mérite d'essayer.

2008-03-26Note : 4/5
Une belle époque
Aujourd'hui, c'est un livre de plus qui me plonge dans l'Histoire. Il s'agit de L'Appel du Gaullisme . Robert Grossmann, élu alsacien que l'on ne présente pas, y évoque son parcours de 1958 à 2007 en passant par 1968 et par l'UJP qu'il présida. On retrouve le ton personnel de l'auteur, sa franchise et ses souvenirs afin de mener le lecteur de « De Charles de Gaulle à Nicolas Sarkozy ».

Bien entendu, on vit, aux travers des mots choisis, une période héroïque de l'Histoire de Strasbourg et de la France. On suit l'UJP, son poids au sein du mouvement gaulliste, cette école des cadres. On vit les rencontres avec « Le Général », mais aussi André Malraux ou d'autres figures du gaullisme.

Finalement, comment ne pas être gaulliste en 1965 ? De Gaulle est alors une figure mythique vivante, une incarnation d'une véritable volonté en politique, d'une image de la France sur la scène internationale. Le héros paternel du héros de la Libération n'incarne-t-il pas à la perfection ces « figures françaises », celles qui montrent le chemin en osant tant les ruptures que les révolutions ?

Parler de De Gaulle comme révolutionnaire alors que certains fêteront bientôt les 40 ans de Mai 1968 peut faire sourire. D'autres se souviendront sans doute des avancées gaullistes en matière sociale ou concernant le droit de vote accordé aux femmes et l'élection du président de la république au suffrage direct. On s'interrogera d'ailleurs aujourd'hui afin de mesurer les effets de Mai 1968. Certains des révolutionnaires d'alors ne sont-ils pas aujourd'hui les pires incarnations d'une certaine « bobourgoisie » conservatrice d'acquis qui n'ont plus rien de sociaux ?

Robert Grossmann, lui est resté fidèle à une certaine idée du gaullisme et son livre nous mène jusqu'à Nicolas Sarkozy qu'il découvre et lance. « Gaulliste or not gaulliste », that is the question ?

Peut-être est-il trop tôt pour juger. Peut-on être gaulliste sans l'ombre du Général de Gaulle ? C'est à chacun finalement de choisir et de donner son opinion en jugeant sur l'Histoire et les actes.

Une réflexion me vient : Charles de Gaulle : beaucoup d'héritiers, combien de successeurs ?



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