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Hôtel Iris
De Yoko Ogawa
Editeur : J'ai lu
Parution le : 5 Septembre 2003

" J'ai pensé que je pleurais parce que j'avais envie de retrouver le traducteur. Je voulais savourer l'instant où, lorsqu'il m'apercevrait, un sourire timide viendrait s'installer sur son visage. Je voulais, dans la maison de l'île, m'immerger seule avec lui dans notre cérémonie secrète. " Mari vit seule avec sa mère qui tient l'hôtel Iris. Depuis quand a-t-elle conscience qu'elle n'en peut plus de ce huis-clos ? Qu'elle ne supporte plus les vexations et la surveillance incessante dont elle est l'objet ? Un jour, elle assiste à une scène d'une rare violence : un individu d'un certain âge est accusé publiquement, au sein de l'hôtel, des pires déviances. Fascinée par cet homme, elle le suit. Innocente, ou très consciente de son effroyable beauté, elle entre avec lui dans l'arène du désir. Grand désastre charnel ou instant de grâce fugitive ? Ce corps à corps résonne plutôt comme une implacable déchirure.

  • [Poche]

  • Commentaires Amazon

    2007-07-26Note : 5/5
    L'amour et la douleur dans un style épuré
    Hotel Iris est le premier roman de Yoko Ogawa que je lis. Voilà bien longtemps que j'avais pourtant envie de découvrir cet auteur. Et je n'ai pas été déçue.
    Hôtel Iris est un livre dur qui traite de l'amour et de la douleur, un hymne au sado-masochisme en quelque sorte. Mais l'auteur, par son style épuré et recherché, nous livre la relation particulière de Mari et du traducteur - dont on ne saura pas le nom - sans aucune cruauté. J'ai adoré le style de l'auteur.
    C'est la jeune Mari qui nous expose sa relation après réflexion mais sans aucun remords. Cela a quelque chose de dérangeant, tout comme cette relation... On est plongé dans l'histoire, on a l'impression de comprendre Mari, mais jusqu'à un certain point seulement, jusqu'au moment où l'on se sent vraiment mal à l'aise. Cette relation sans issue se termine comme il se doit, par la mort.
    Une seule petite déception: dans ce roman, toute référence à la nipponité a été effacé, on se retrouve un peu dans un décor de carton-pâte qui pourrait bien être n'importe où sur notre planète, lui conférant un statut quelque peu universel...
    Un livre à ne pas mettre entre les mains des plus sensibles, mais un livre magnifiquement touchant tout de même...


    2005-04-19Note : 3/5
    Un style lumineux !
    L'histoire est celle d'une rencontre entre un homme âgé et une vieille fille toute jeune. C'est par un soir de presque été que tout commence, un esclandre éclate à l'Hôtel Iris entre une prostituée et son client dont seule "la résonnance de l'injonction" va frapper et obséder la jeune Mari, à la réception de cette maison tenue par sa mère. Cet homme, âgé et silencieux, va donner à la jeune fille le tournis : elle va le suivre, l'épier et se laisser aborder. Traducteur d'un roman russe, il vit au large d'une petite île, loin de toute civilisation, avec l'auréole de quelques scandales courant à son sujet, dont la mort suspecte de sa première épouse... Qu'importe pour Mari, elle se jette à coeur et corps perdus dans une relation qui lui donnera du plaisir en même temps que de la douleur.

    Relation malsaine, où le rapport de domination se dispute la préférence à celui de la soumission, Mari et le traducteur vivent dans une bulle, loin de l'attitude conventionnelle édictée par la mère de la jeune fille, s'échinant à lui coiffer ses beaux cheveux noirs en un chignon impeccable, imbibé d'huile de camélia. Poupée fragile sous une cloche de verre, Mari tente de comprendre son attirance pour le traducteur : "Plus la chair au service de laquelle je suis est laide, mieux c'est. Cela me permet de me sentir vraiment misérable. Lorsqu'on me brutalise, lorsque je ne suis plus qu'un bloc de chair, naît enfin au fond de moi une onde de pur plaisir.". "Hôtel Iris" n'est pas juste un roman autour d'un rapport SM, l'écriture lumineuse de Yôko Ogawa transporte le récit au-delà des marges de la vulgarité et du graveleux. Au contraire, l'auteur a pris le parti de faire jour sur la personnalité troublante et ambivalente de la jeune Mari, dix-sept ans. Pour l'histoire d'amour, par contre, on repassera...

    2005-03-21Note : 1/5
    Déception
    Je suis généralement friand de littérature japonaise mais là... J'ai trouvé ce livre mauvais : le thème est raccoleur et le traitement de l'histoire manque cruellement d'originalité. En bref, cet ouvrage est à réserver aux amateurs de S.M. qui n'ont rien de mieux à lire.

    2004-07-22Note : 5/5
    Une passion déroutante subtilement décrite
    "HOTEL IRIS" décrit la rencontre entre un vieil homme et une adolescente, et la passion sado-masochiste qu'ils vivent ensemble. La force du livre réside en partie dans le choix opéré par OGAWA Yoko de raconter l'histoire à la première personne, à travers le personnage féminin (comme dans l'ensemble de l'?uvre de l'auteur). En effet, le personnage de Mari pose un regard incisif sur sa propre existence, sur sa mère (on retrouve dirigée contre la mère la cruauté qu'affectionne OGAWA dans d'autres de ses romans), sur la mort de son père, sur son attirance étrange pour ce vieillard et le plaisir qu'il y a à souffrir physiquement. L'attente, le désir, le plaisir dans l'anticipation sont des thèmes omniprésents dans "HOTEL IRIS".
    Les descriptions sont précises sans être vulgaires. L'intrigue passionne par son étrangeté, et l'on ne peut s'empêcher au fil du livre de s'inquiéter du dénouement. Car comment cela peut-il (bien) finir? Une fois encore, OGAWA s'attache à des personnages qui sortent des modèles socialement acceptables, non seulement au Japon, mais également dans nos pays occidentaux. Et par l'emploi de la première personne, elle nous prive de la distanciation critique, elle s'interdit tout jugement et toute analyse des comportements décrits. Au lecteur de penser par lui-même.
    OGAWA Yoko est une femme dont la subtilité et la pudeur rendent les écrits majestueux (non, je n'exagère pas). Si sa renommée n'est pas à la hauteur de son talent, c'est que les thèmes qu'elle aborde et leur traitement ne sont pas calibrés pour le grand public. Au lieu de s'attrister, il faut se réjouir d'avoir avec OGAWA une ?uvre intransigeante et d'une qualité esthétique exceptionnelle.

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