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Beaubourg : Les années saltimbanque
De Didier Pasamonik, Gilbert L'automate
Editeur : Oskar Editions
Parution le : 8 Novembre 2007
Sélection Rue des Livres

Beaubourg fête ses 30 ans en 2007. Ce livre, abondamment illustré de photos noir et blanc, parlera aux nostalgiques des années 70, dont le centre Pompidou, avec son parvis ouvert à la création et la libre expression, reste un des symboles mythiques.
Les artistes, les « saltimbanques », qui s'exprimaient librement sur l'esplanade du centre Pompidou, la « Piazza », ont attiré dans les années 70 des millions de spectateurs. Trente ans plus tard, ce phénomène est en voie de disparition : les grandes figures ont disparu, les spectacles se font très rares, l'ambiance digne des places de marché du Moyen Age a disparu...: peut-être parce le métier de saltimbanque, si profondément ancré dans nos traditions culturelles, a perdu son attrait à une époque où la télévision et l'Internet favorisent des comportements plus individualistes.
Dès lors, ce n'est pas sans nostalgie que l'on revoit ces photos pourtant récentes (une trentaine d'années) : disparus ces petits cirques qui, sur la Piazza, faisaient des tours avec des chiens, des chats, des rats même. Presque disparus les cracheurs de feu, les briseurs de chaînes, les avaleurs de sables, les énigmatiques automates, les musiciens d'occasion, les danseurs japonais, les acrobates, les extravagants faiseurs de tour de magie, les hypnotiseurs à grand spectacle...
Idem les figures de cette faune bigarrée : Gilbert l'automate et son profil de Valentin le désossé, Reboul et son orgue de barbarie, John l'Indien et ses tours de force, Mouna et son cochon, la « poubelle chantante » et ses breloques, James Dujardin et sa mystérieuse valise...
Ces artistes ont été vus, pendant des années par des millions de gens. Qui sont-ils ? Que sont-ils devenus ? Certains ont vécu tragiquement, souffrant la faim, le froid, sous l'emprise de l'alcool ou de la drogue. Plusieurs ont été retrouvés morts dans le caniveau. D'autres sont devenus des noms célèbres du show-biz, se sont fortifiés à cette dure école de la rue. Tous ont une personnalité sublime. Ce sont quelques-uns de ces destins que raconte Les Saltimbanques de Beaubourg, grâce au témoignage et aux photos de l'un d'entre eux, Gilbert l'Automate, qui vit aujourd'hui entre la France, la Belgique et l'Allemagne et qui vécut toutes ces années où la « cour des miracles » de Beaubourg était une des attractions les plus chaleureuses et les plus attachantes

Vos avis

Très beau livre.
Saltimbanque



Commentaires Amazon

2007-11-20Note : 4/5
un émouvant retour sur des années magiques
après un historique des vies de saltimbanque à Paris, le livre est organisé sous forme de photos commentées. Si les clichés ne sont pas toujours d'une qualité extraordinaire, la plupart saisissent sur le vif ces moments étonnants offerts par le parvis du musée Beaubourg dans les années 70. Ces artistes vivant de l'obole des badauds avaient des personnalités étonnantes.
Les portraits qui voisinent avec les images sont tout aussi intéressants.
Plus globalement, on redécouvre le Paris de ces années de liberté et d'engagement, avec en bonus les nombreux face à face entre les saltimbanques et la police, à l'époque plutôt relax...
Un ouvrage original et suprenant, qui fera un beau cadeau pour les nostalgiques du Paris 70's.

2007-11-12Note : 5/5
Fiche descriptive
L'année 2007 célèbre les 30 ans du Centre Georges Pompidou. Ce fameux bâtiment se voulait un concept révolutionnaire, ouvert sur la ville. Au pied de l'édifice, une « piazza » offrait aux visiteurs l'occasion d'admirer des spectacles vivants les plus divers, voire les plus extravagants, d'autant plus appréciés qu'ils étaient gratuits, juste rémunérés par une petite piécette.
Trente ans plus tard, ces spectacles n'existent plus : peut-être parce que les pratiques culturelles et les politiques ont changé, parce que, aussi, le métier de saltimbanque, si profondément ancré dans nos traditions culturelles, a perdu son attrait. Le cocooning parisien et le consumérisme touristique stakhanoviste ont peut-être mis fin à une tradition qui remontait au Moyen-âge.
Dès lors, ce n'est pas sans nostalgie que l'on revoit ces photos pourtant récentes (elles ont moins de trente ans) : Disparus ces petits cirques circassiens qui, sur la Piazza, faisaient des tours avec des chiens, des chats, des rats même. Disparus les cracheurs de feu, les briseurs de chaînes, les avaleurs de sabres, les énigmatiques automates, les musiciens, les danseurs japonais, les acrobates, les extravagants faiseurs de tour de magie, les hypnotiseurs à grand spectacle
Idem les figures de cette faune bigarrée : Gilbert l'automate et son profil de Valentin le désossé, Reboul et son orgue de barbarie, John l'Indien et ses tours de force, Mouna et son cochon, Pépito de Suresnes, la « poubelle chantante », James Dujardin et son mystérieux attaché-case Tous ces gens étaient quotidiennement en butte avec la police qui interdisait « la mendicité sur la voie publique », tentant de confiner à la Piazza ces spectacles où ils étaient, au contraire, autorisés
Ces artistes ont été vus, pendant des années, par des millions de gens. Qui sont-ils ? Que sont-ils devenus ? Certains ont vécu tragiquement, souffrant la faim, le froid. Plusieurs ont été retrouvés morts dans le caniveau. D'autres sont devenus des noms célèbres du show-biz, se sont fortifiés à cette dure école de la rue. Tous ont une personnalité sublime. Ce sont quelques-uns de ces destins que raconte ce livre, grâce au témoignage et aux photos de l'un d'entre eux, Gilbert l'Automate qui connut toutes ces années où la « cour des miracles » de Beaubourg était une des attractions les plus chaleureuses et les plus attachantes de la capitale.

Gilbert L'automate est belge. Il vit aujourd'hui à Coblence, en Allemagne. Agent d'artistes, il continue à produire des spectacles en France et en Belgique. Il a reçu en 2007, le Grand Prix du Festival du mime-automate de Souillac.
Didier Pasamonik est belge lui aussi. Journaliste, il habite Paris depuis vingt ans. Ses sujets de prédilection sont la bande dessinée, la caricature et les jeux vidéo et d'une manière générale toutes les formes de la culture populaire.


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