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Hoffmann à Tôkyô

Hoffmann à Tôkyô

Auteur : Didier Da Silva

Editeur : Editions Naïve

Dépressif, Ernst Hoffmann décide de quitter la France et part à Tokyo. Face à l'étrangeté de la mégalopole et de la civilisation japonaise, Ernst se perd, incapable de dormir et en décalage constant, toujours lié à la France par son banquier...

Didier da Silva est né en 1973 à Marseille, où il vit. Quand il n'écrit pas, il joue du piano. Hoffmann à Tôkyô est son premier roman.

12,20 €
Vendeur : Amazon
Parution :
108 pages
ISBN : 978-2-3502-1134-3
Extrait

C'est à peine s'il somnole, le voyage dure un jour. Il fait trop chaud dans l'habitacle pour faire quoi que ce soit, le hublot est trop loin, de toute façon le store est baissé. Entre deux «pain progress» qui le déportent au bord de la nausée, il suit sans y croire vraiment, sur la carte animée qui domine l'allée centrale, l'évolution de son Airbus.

«Konnishiwa», hasarde-t-il en tendant son passeport. «Konnichiwa», rectifie en souriant le douanier. Ch = tch, pourtant il le savait. L'express de 11 h 13 est ponctuel.

Jusqu'à la gare de Shinjuku, le paysage, sous un ciel un peu gris mais clair, est une succession de forêts touffues et de rizières, lentement grignotée par une banlieue qu'il lui semble connaître - immeubles, magasins de gros, sièges sociaux, pylônes -, à cela près : les tags qui courent familièrement au long des zones industrielles sont d'une distinction graphique incomparable.
Enfin il fume, dans un plein soleil reparu, la clope que depuis quinze heures il ne rêvait que de griller, devant un chaos d'affiches, d'écrans, de publicités. Il croise ses premiers salarymen, portable vissé à l'oreille, ses premières écolières en jupette plissée, sans même les chercher du regard. Il n'a pas la moindre envie de dormir, ses yeux affamés ripaillent.
Un taxi vert d'eau le dépose à l'angle du Chôme-5 de Shirokane, dans l'arrondissement de Minato. L'hôtel a l'aspect et le confort d'une cité universitaire. Chambre exiguë au second étage, tout est en supplément, il n'y a même pas de savon.

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