Luxe & Co : Comment les marques ont tué le luxe

Auteur : Dana Thomas
Editeur : Editions Les Arènes

Pourquoi un sac à main fabriqué pour 100 dollars est-il vendu dans une boutique de Manhattan 2 000 dollars ?
Trois ans d'enquête dans les coulisses de l'industrie du luxe pour démonter une économie fondée sur le bluff. Elle s'appelle Dana Thomas. Elle est la correspondante "culture et mode" pour Newsweek à Paris. Elle écrit sur l'industrie de la mode depuis plus de quinze ans. C'est une initiée. Pourtant, il y a trois ans, lors d'un voyage en Chine, elle découvre la supercherie.
Beaucoup de grandes marques qu'elle admirait et qui assuraient fabriquer leurs produits en France et en Italie avaient des sous-traitants en Asie. Piquée au vif par cette découverte, elle se lance dans une grande enquête sur l'industrie du luxe.
A la fin du XIXème et au début du XXème siècle, on achetait une robe chez Christian Dior, un bagage chez Louis Vuitton ou un bijou chez Cartier parce qu'ils étaient des produits supérieurs par leur qualité et leur design. Posséder de tels objets était réservé qu'à une élite ultra select. L'arrivée d'hommes d'affaires comme Bernard Arnault, le PDG du groupe LVMH, imité par de nombreux autres industriels du secteur, a changé la perspective.
Il s'agit désormais de vendre au plus grand nombre, avec les marges les plus fortes possibles. Pour augmenter ses profits, l'industrie du luxe a créé des produits de consommation courante (sacs, parfums, cosmétiques...), souvent fabriqués à bas coût en Chine ou en Inde, sur lesquels ils réalisent des bénéfices astronomiques.
Pendant trois ans, Dana Thomas a passé au peigne fin les maisons de haute couture et l'univers des cosmétiques et des accessoires de luxe (sacs à main, parfums...). Elle a rencontré les PDG des grandes multinationales, les créateurs, les responsables marketing, les industriels de Hong Kong et de Shanghai. Elle a parcouru la France, l'Italie, la Grande Bretagne, mais aussi l'Inde et la Chine. Elle reconstitué le chemin emprunté par les produits de luxe, du studio de dessin au consommateur.
Son livre est un état des lieux sans concessions et montre comment en moins de vingt ans, ces entreprises centenaires, qui célébraient l'art de l'excellence et de l'exceptionnel, ont été détournées vers un seul objectif : faire le maximum de profits.
Tout au long de son enquête, Dana Thomas pose régulièrement la question de la définition même du luxe. Peut-on encore appeler produit de luxe un sac à main ou une bouteille de parfum produit à plusieurs millions d'exemplaires ? Si la réponse est non, pourquoi alors les vendre 12 à 15 fois plus cher qu'ils ne valent en réalité ? Cependant, le luxe n'est pas mort et Dana Thomas nous donne quelques exemples de marques et de créateurs qui refusent de rentrer dans cette spirale du profit maximum et qui produisent encore des objets d'exception.

23,49 €
Parution : Mai 2008
390 pages
ISBN : 978-2-3520-4061-3
Fiche consultée 42 fois