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Mansfield Park
De Jane Austen
Editeur : Archipel
Parution le : 7 Février 2007

Issue d'une famille miséreuse, Fanny Price est âgée de dix ans quand elle est adoptée par son oncle maternel, Sir Thomas Bertram, qui va prendre en charge son éducation. Accueillie dans le domaine de Mansfield Park, Fanny est élevée avec ses cousins et cousines qui, à l'exception d'Edmund, la traitent avec indifférence ou mépris. La gratitude et l'affection qu'elle éprouve à l'égard de son cousin se transforment au fil des années en un amour qu'elle garde secret. Quand un bon parti se déclare, Fanny n'a de choix qu'entre un mariage de raison et un retour à sa condition première... Publié en 1814, Mansfield Park est sans doute le roman le plus ambitieux de Jane Austen (1775-1817). L'auteur de Raison et sentiments (Archipoche n°21) y excelle dans la description des rapports humains complexes qui se tissent entre ses personnages.

  • [Poche]
  • Littérature étrangère

  • Commentaires Amazon

    2007-08-19Note : 5/5
    Un roman de Jane Austen plus sombre et plus complexe
    Trois sSurs et trois mariages fort différents. Mary épouse Lord Bertram, riche possesseur de Mansfield Park quand sa soeur épouse Norris, un curé peu argenté. La petite dernière se mésallie avec un vague ivrogne, Price. Ces derniers ont bien sûr bien du mal avec leurs dix enfants et Mmes Bertram et Norris décident de leur venir en aide : ils permettent à leur fils aîné de trouver une place de mousse et invitent Fanny à venir vivre à Mansfield Park avec son oncle, ses tantes (Norris, veuve, vit à un jet de pierre de là) et ses quatre cousins. Si Fanny nest pas aussi mal traitée que Cendrillon, elle nest pas non plus bien plus considérée quune servante. Sa tante Bertram, molle et indolente, ne peut rien faire seule et exige une compagnie permanente. Lautre tante est si pingre quelle interdit que Fanny ait du feu dans la pièce où elle a lhabitude de se retirer. Les cousines sont aussi idiotes que méprisantes et laîné est trop occupé à dilapider la fortune familiale pour sintéresser à elle. Seul Edmund s'attache à elle et la traite avec considération. Quand Henry Crawford et sa sSur Mary s'installe dans le voisinage le jeu très Austenien de qui-épouse-qui peut commencer. Bien évidemment Fanny et Edmund sont (du point de vue de l'auteur) les deux candidats à suivre. (A trente pages de la fin, Jane Austen se rend compte qu'elle n'a plus tant de papier que ça dans son tiroir et doit donc condenser son histoire, un peu trop peut-être.)

    Fanny est assez différente des autres héroïnes d'Austen : si elle a le bon sens et la droiture habituels, elle est plutôt timide et effacée (son enfance pauvre et son statut cendrillonesque y sont bien sûr pour quelque chose). Elle n'a pas l'assurance d'une Elizabeth Bennett mais elle a une sorte de force tranquille et des convictions solides qui lui permettent de maintenir ses choix. Une autre différence d'importance est qu'on n'est jamais vraiment certain de ce qu'il faut penser de certains personnages. Quand d'autres romans de Jane Austen sont basés sur une erreur précise (ou une demi-douzaine avec Emma) qui sera évidemment réparée, il y a ici une ambiguïté diffuse. D'autre part, le roman est moins optimiste que d'autres : toutes les erreurs commises par les personnages ne sont pas de bonne foi et il plane au-dessus de Mansfield Park un nuage de Liaisons dangereuses qu'on ne trouve pas ailleurs chez l'auteur.

    Il faut noter que, contrairement à ce que certains écrivent, Jane Austen n'est pas romantique. Les romantiques remettent en cause une société très policée et rigide. C'est dans cette société qu'évoluent les héroïnes de Jane Austen et elles ne veulent aucunement la chambouler, juste se ménager un petit espace de liberté et de libre choix quand elles se sentent étouffer. Fanny qui refuse d'épouser un homme qu'elle naime pas n'est pas exactement une révolutionnaire. Elle ne remet pas en cause le mariage lui-même mais elle tient à choisir son époux selon ses propres critères. Une héroïne de Jane Austen doit avoir un cSur mais aussi une cervelle. Si on ne peut pas dire que Fanny est une émancipée (ça serait aussi exagéré qu'anachronique) elle fait néanmoins des choix personnels opposés à ce que le sens commun voudrait lui imposer. Pour elle le mariage est autant une affaire personnelle que sociale et ne se limite pas à acquérir nom ou fortune.

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