L'ange de l'espoir
Au cours de ces dernières années, le facteur qui distribuait le courrier à Copthorne, dans le West Sussex, savait qu'une amie très particulière avait encore écrit à la petite Emma May. À l'en-tête de Kensington Palace, il reconnaissait les lettres personnelles de Diana, princesse de Galles.
Il n'ignorait pas non plus que cette jeune fille était d'un courage exceptionnel. Atteinte de naissance d'un trouble chromosomique rarissime appelé syndrome de Turner, Emma souffrait de problèmes cardiaques et rénaux qui affectaient gravement sa croissance. Elle devait se rendre régulièrement, et pour de longs séjours, à l'hôpital pour enfants de Great Ormond Street, à Londres, pour y subir de délicates interventions chirurgicales. Elle était condamnée à demeurer couchée dans son lit de douleur durant des mois, en s'interrogeant sur ce que lui réserverait l'avenir.
Emma avait toujours été malade, privée des joies et des turbulences de l'enfance. Lors de chacun de ses séjours à l'hôpital, elle savait qu'elle endurerait de pénibles souffrances. Lorsqu'elle fêta ses dix ans, le personnel hospitalier, impressionné par sa force de caractère, lui décerna son prix annuel récompensant l'enfant qui luttait le plus courageusement contre la maladie. La marraine de l'hôpital, traditionnellement chargée de remettre ce prix, était la princesse de Galles. Ce fut à cette occasion qu'elle fit la connaissance d'Emma.
Diana, émerveillée, parla d'elle avec l'équipe soignante : «Elle a des yeux magnifiques. C'est une petite fille extraordinaire. Comment peut-elle continuer à sourire alors qu'elle souffre tant ? Ça me fait honte.» La princesse n'oublia jamais la petite Emma, qui avait seize ans en juillet 1997, lorsqu'elle reçut la dernière lettre de Diana, quelques semaines seulement avant le fatal accident de voiture. |