 | Le Public fantômeDe Bruno Latour, Walter Lippmann
Editeur : Demopolis Parution le : 18 Septembre 2008 ISBN : 978-2-3545-7013-2 EAN13 : 9782354570132
Bruno Latour nous invite à découvrir Le Public fantôme, publié par Walter Lippmann en 1925, auquel John Dewey s'était hâté de répondre par le Public et ses Problèmes. Le Public fantôme, c'est chacun d entre nous, citoyens plongés dans une obscurité profonde lorsqu'il s'agit de nous mêler de politique. En politique selon Lippmann, il y a d'abord des objets de dispute, des imbroglios, des illusions. Mais Lippmann ne cède rien de l'idéal démocratique. Sa conception de la liberté, des publics et de la lutte contre les partisans est novatrice et fascinante pour le lecteur contemporain. Ce livre inédit en français est une véritable cure de désintoxication en matière de réflexion politique. |
Prix conseillé : 20,00 € - Prix : 19,00 € |
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Commentaires Amazon| 2010-04-09 | Note : 4/5 | Un ouvrage rafraîchissant Dans cet ouvrage initialement paru en 1927, le grand columnist américain Walter Lippmann y retourne son lecteur comme une crêpe ; à limage dun Tocqueville qui, en étudiant la démocratie américaine, montra en son temps que loin dêtre lincarnation dun passé antique, médiéval, féodal, ou dun quelconque ancien régime, lAmérique était en réalité lincarnation de notre avenir, Lippmann nous montre, lui, que les fondements mêmes de la démocratie représentative et de lintérêt général, que le mythe dun citoyen éclairé et apte à trancher au sein de lAgora, nont aucun sens, et que cest sur un substrat autrement plus modeste mais aussi autrement plus fragile que tient notre démocratie. Comme lécrit Bruno Latour, « si la lecture de Machiavel fut dure à ceux qui cherchaient la vertu ailleurs que dans la force, la fortune et lastuce, celle de Lippmann sera plus douloureuse encore car cest à lidée même de représentation, de peuple et de public quil vient sattaquer ».
Lippmann cherche ainsi à comprendre comment faire participer le mieux possible les citoyens, tout en tenant compte des limites pratiques qui simposent à chacun. Il met à bas le concept de volonté générale, dune part parce quil y voit un retour aux prérogatives des anciens seigneurs et maîtres, et donc du principe dautorité , et dautre part parce que ce concept ne dit rien sur la réalité des choses. Or cest cette seule réalité que veut regarder Lippmann.
Un ouvrage de philosophie politique important, injustement méconnu, dont la lecture ne peut qu'être chaudement recommandée.
| | 2009-09-22 | Note : 5/5 | La démocratie toute nue Lippman, à peu près inconnu en France, fut sans doute le plus grand journaliste américain du XXème siècle. "Le public fantôme" nous brosse le tableau de la démocratie occidentale dans sa plus effroyable nudité. Et pourtant, nous français pour lesquels l'idéal démocratique a été forgé par deux siècles d'histoires et d'images fortes depuis Rousseau devons nous rendre à l'évidence : la démocratie n'est pas le gouvernement du Peuple sur la société par l'intermédiaire de ses représentants élus. Le Peuple, le Public (avec un 'P' majuscule, dans le sens d'opinion publique) n'existent pas. A la différence de la cité antique pour laquelle Aristote avait défini un mode d'existence possible de la démocratie, la société moderne enchâssée dans la société globale est d'une telle complexité et les individus d'une telle incompétence sortis de leurs domaines professionnels respectifs que toute velléité d'intervention personnelle est vouée d'emblée à l'échec. Par l'exercice du droit de vote, l'individu ne peut que montrer à la faction gouvernante qu'il juge la moins partisane -mais tout aussi incompétente que lui-même- la manifestation de son support. C'est peu, mais il est impossible de mieux faire.
La prose de Lippman est particulièrement limpide. Ce texte datant de 1925 est suivi des dix pages de la recension qu'en a fait John Dewey dans la foulée. Quelles belles pages de sciences politiques ! Par contraste la médiocrité crasse de nos politiciens actuels nous saute aux yeux.
En pratique, il est préférable pour la clarté globale de l'ouvrage de commencer directement par les textes de Lippman et de Dewey pour terminer ensuite avec la longue préface de Bruno Latour.
| | 2008-10-07 | Note : 5/5 | Epoustouflant de lucidité, d'actualité et de génie Cet ouvrage a été écrit en 1925 par un journaliste, mais qui s'est révélé d'une portée philosophique et politique bien plus profonde ; sa traduction est inédite en france. Il est préfacé par Bruno Latour (prof à Science Po). Que cet esprit neuf et caustique, visant au coeur de nos sociétés les paradoxes politiques, les apories de la démocratie, soit à la fois le plus grand pourfendeur des mythes du système, des illusions du pouvoir de masse ou de la "conscience du peuple", ceux de la compétence des instances représentantes, revendique la défense d'une démocratie, non pas participative, mais responsable, envers et contre tout, est passionnant, stimulant et prometteur... La présentation de Bruno Latour est remarquable, essentielle autant que d'une clarté absolue ; elle guide et informe le lecteur, le prédispose à resituer les choses dans leur contexte, leur dresse des perspectives on ne peut plus fondées... Quelle acuité et finesse d'analyse.... l'ouvrage, dans son ensemble engendre une rénovation de l'esprit, ravive la notion même de démocratie.... Autant le dire, un ouvrage qui a tardé, mais qui arrive encore, et toujours, à point nommé....
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