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Saint François d'Assise

Saint François d'Assise

Auteur : G. K. Chesterton

Editeur : Le Bruit du temps

Nous avions publié, en 2009, la première des biographies écrites par Chesterton, celle du poète Robert Browning. Celle qu'il écrit en 1923 sur saint François, peu après sa conversion au catholicisme, est plus tardive mais tout aussi éblouissante de fraîcheur et d'intelligence. Il ne serait d'ailleurs pas impossible de tracer une filiation entre les deux livres. L'admiration de Chesterton allait au Browning "démocratique", qui, dans L'Anneau et le Livre, donnait la parole à tous, du criminel au pape, car "nul n'a jamais vécu sur terre sans avoir un point de vue propre". L'homme qui parlait aux oiseaux n'était déjà pas si loin. D'ailleurs Chesterton voit d'abord dans saint François "un poète dont l'existence entière fut un poème". Certes, il existe beaucoup de livres sur saint François d'Assise, et beaucoup d'un abord plus savant. Mais personne n'a jamais mieux saisi l'esprit de saint François que Chesterton. C'est ce que montre avec brio Anne Weber dans sa préface : "A chaque idée toute faite, à chacune de nos représentations à la fois vagues et stéréotypées, le Saint François de Chesterton oppose une tout autre vision correspondant à une tout autre réalité." Du coup : "Nul besoin d'être soi-même "catholique orthodoxe", comme Chesterton, ni catholique tout court, ni même d'être croyant. Du moment qu'on est un être humain, comment ne pas être ébloui face au merveilleux personnage que l'on découvre et qui ressemble si peu à l'idée que l'on se fait communément d'un saint, ni d'ailleurs à rien de ce qu'on a jamais connu."

Traduit de l'anglais par Isabelle Rivière

14,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
230 pages
ISBN : 978-2-3587-3103-4
Les avis

La presse en parle

Ni exhaustive ni synthétique, cette biographie du fondateur de l'ordre franciscain vaut le détour pour la langue à la fois onctueuse et tranchante de son auteur, G.K. Chesterton (1874-1936), restituée dans la belle traduction originelle d'Isabelle Rivière, soeur d'Alain-Fournier et épouse de Jacques Rivière. C'est un tout nouveau catholique qui écrit, en 1923, cette vie de saint. Un an après sa conversion, Chesterton n'a pas la mémoire courte. Il se souvient qu'il fut un ancien plaisantin rationaliste, ce qui lui permet de contrer tout en rondeur les mises en doute que le non-croyant ne manquera pas de lui opposer. Chesterton replace saint François d'Assise dans la lumière de son époque, le début du xiiie siècle, où bouge « quelque chose de vivifiant bien que de glacé encore, comme un vent qui souffle entre les déchirures des montagnes ». A travers le récit d'épisodes choisis, il déboulonne quelques clichés, notamment sur le prétendu amour du saint pour la nature, qui était en réalité, selon lui, une passion pour la Création, « passage du non-être à l'être ». Avec un sens du trait qui fait mouche, il donne à sentir la force de vie d'un précurseur au « tact brusque », soucieux de l'égalité des hommes, comparable à un humoriste anglais car « toujours de bonne humeur, qui suit sa propre route et fait ce que personne d'autre n'eût fait. » Une phrase que Chesterton aurait pu reprendre à son compte, et qui révèle en beauté le legs du saint du Moyen Age chez cet écrivain décidément toujours intéressant à redécouvrir.

Marine Landrot, Télérama

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