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La Brisure

La Brisure

Auteur :

Editeur : Editions de Minuit

Un petit tableau représentant une scène amoureuse est retrouvé en morceaux, une dizaine peut-être…
Ça commence banalement par un baiser... et, dès le moment où ils s'écartent, où ils se mettent à parler, à mal entendre, à sous-entendre, à croire entendre... ça se fissure, ils prennent peur, ils ne peuvent plus se toucher.
Ou alors ils établissent un code et ils s'installent dans cette matière figée, reproduisent les mécanismes qui les font fonctionner depuis l'enfance, l'un mangeant goulûment l'autre qui se laisse voluptueusement faire, engourdi par le charme… Ou bien ils sont expulsés et c'est peut-être leur seule chance, quand ils ont encore assez de force pour se tenir debout...

5,30 €
Vendeur : Amazon
Parution :
Format: Poche
116 pages
ISBN : 978-2-7073-1829-9
Les avis

La presse en parle

« Les auteurs débutants ont cela de touchant qu'ils disposent rarement des mêmes artifices que leurs aînés pour masquer leurs éventuelles faiblesses – du moins quand les éditeurs ne se sont pas évertués à retravailler les textes pour leur donner un aspect plus “ présentable ”. L'aisance qui camoufle certaines banalités ne leur est pas chose familière, lacune fatale à beaucoup d'entre eux, mais qui fait la force de quelques-uns. Ainsi du livre d'Hélène Lenoir, tout entier charpenté par une écriture sobre et forte, loin des fioritures et des dérives esthétisantes auxquelles cèdent parfois les jeunes romanciers. En dépit de quelques rares naïvetés de style, cet ouvrage est de ceux dont émane une voix, un ton singulier que l'on n'oublie pas.
En dix petits tableaux, le livre aligne une série de textes brefs, nouvelles repliées autour d'un événement minuscule, une fêlure dans le quotidien. C'est l'angoisse d'attendre quelqu'un qui ne vous aime plus, la délectable horreur de la soumission à autrui, la chair qui se hérisse à découvrir un air de concupiscence au vieux bonhomme croisé dans la rue. Scrutant les moindres soubresauts de l'esprit, l'œil du narrateur se tient faussement à distance, employant la troisième personne du singulier ou même le voussoiement à l'égard des protagonistes. En fait, cet œil se trouve au centre même des émotions, des peines et des dégoûts, à l'extrême pointe des sensations.
L'unité de ton est très nette, en dépit d'une certaine diversité de formes. Bien que l'auteur s'essaie à plusieurs modes narratifs distincts et que les récits soient en apparence très séparés les uns des autres, La Brisure n'en constitue pas moins une entité unique. À observer de près les titres des différentes nouvelles, le lecteur s'aperçoit qu'elles évoluent d'une forme de neutralité légère (Tableautin, Une île en Grèce ou les Sports d'hiver) vers un ton qui tourne au tragique (Un sale quartier, Trahison ou L'ogresse). L'écriture, elle, décrit le drame de l'appropriation d'un être par un autre et la hantise de l'abandon, certaines images, comme celle des “ tentacules ”, formant écho d'un texte à l'autre. Hélène Lenoir dit un monde où l'enfance fuit et où le désir sépare plus qu'il ne réunit, un univers d'où le pathos a été banni. C'est là son talent et la puissance contenue de sa voix. »

Raphaëlle Rérolle, Le Monde

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