 Cliquez pour agrandir | Les heures souterrainesDe Delphine de Vigan
Editeur : Jean-Claude Lattès Parution le : 26 Août 2009 ISBN : 978-2-7096-3040-5 EAN13 : 9782709630405
Chaque jour, Mathilde prend la ligne 9, puis la ligne 1, puis le RER D jusqu'au Vert-de-Maisons. Chaque jour, elle effectue les mêmes gestes, emprunte les mêmes couloirs de correspondance, monte dans les mêmes trains. Chaque jour, elle pointe, à la même heure, dans une entreprise où on ne l'attend plus. Car depuis quelques mois, sans que rien n'ait été dit, sans raison objective, Mathilde n'a plus rien à faire. Alors, elle laisse couler les heures. Ces heures dont elle ne parle pas, qu'elle cache à ses amis, à sa famille, ces heures dont elle a honte. Thibault travaille pour les Urgences Médicales de Paris. Chaque jour, il monte dans sa voiture, se rend aux adresses que le standard lui indique. Dans cette ville qui ne lui épargne rien, il est coincé dans un embouteillage, attend derrière un camion, cherche une place. Ici ou là, chaque jour, des gens l'attendent qui parfois ne verront que lui. Thibault connaît mieux que quiconque les petites maladies et les grands désastres, la vitesse de la ville et l'immense solitude qu'elle abrite. Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Autour d'eux, la ville se presse, se tend, jamais ne s'arrête. Autour d'eux s'agite un monde privé de douceur. Les heures souterraines est un roman sur la violence silencieuse. Au coeur d'une ville sans cesse en mouvement, multipliée, où l'on risque de se perdre sans aucun bruit. |
Prix conseillé : 17,30 € - Prix : 16,43 € |
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Commentaires Amazon| 2010-09-24 | Note : 4/5 | Très juste et touchant Un livre à ne pas lire au début de l'automne ou si l'on ne se sent pas très à l'aise dans son travail (car il n'est pas très joyeux)... et c'est ce que j'ai fait justement : l'automne arrive et j'ai quelques soucis de boulot en ce moment.
Ou au contraire, cela aide à relativiser !
Je n'ai pas lu d'autre livre de Delphine de Vigan, c'est mon premier. Le style d'écriture m'a beaucoup plus. J'ai été un peu plus touchée par l'histoire de Mathilde, je ne sais pas pourquoi ; peut-être parce qu'elle correspond plus à l'air du temps. A cette époque où les mots : rentabilité, mobilité, concurence, polyvalence... sont très à la mode.
Delphine de Vigan y décrit le harcèlement moral de façon très juste, avec une très grande précision dans les étapes du harcèlement et son escalade. Elle utilise les mots justes, précis ; cela correspond tellement bien à tout ce que j'ai pu entendre à propos du harcèlement !
Deux "morceaux de vie" très touchants et très réalistes.
J'aurais, malgré tout, aimé une fin plus aboutie. J'aurais aimé connaître l'issue de ces deux histoires, avoir peut-être une fin plus "joyeuse", plus optimiste.
| | 2010-09-09 | Note : 5/5 | Un grand roman et un bel objet litteraire et pas seulement un récit sur le harcèlement en entreprise Grand roman sur le monde de l'entreprise et la solitude individuelle. L'auteur puisse dans des mots simples mais qui accrochent le lecteur et lui font garder le livre en memoire longtemps après l'avoir posé.
Le livre raconte cette trajectoire implacable qui va conduire une femme - héroine du livre, veuve avec 3 enfants, personnage fragilisé - à un mort professionnelle programmée, par un responsable - Jacques - qui peut aller jusqu'au bout d'une sorte de folie et de sadisme, sans contrepouvoir affirmé au sein de l'entreprise (rôle faible de la DRH). L'utilisation des prénons est interressante car elle banalise les personnages et leur donne une fausse proximité.
Mais je ne prends pas le roman comme un témoignage précis sur le harcèlement dans l'entreprise, le roman n'est pas l'oeuvre d'une journaliste bien que l'auteur se soit documentée.
C'est au contraire, deux recits disjoints qui soulignent chacun une profonde solitude, deux récits qui se juxtaposent, se rencontrent un bref moment, dans le métro parisien, pour repartir aussitôt sur des lignes de vie solitaire, pas forcement heureuse.
Le livre m'a fait penser au roman, la plaisanterie de Kundera, un étudiant dans un pays communiste du bloc de l'est voit sa vie mise en l'air car il a osé faire de l'humour. Il doit abandonner ses études, devance l'armée et au banc du monde du travail ne peut trouver un boulot décent. Dans le livre de Delphine DV, plusieurs décennies ont passé, le communisme est mort en tant que système crédible face au capitalisme. Dans une entreprise, une personne ose se montrer en désaccord avec un responsable direct et c'est la mise à l'écart et la vie sociale et professionnelle qui s'écroule. A lire donc. Nicolas
| | 2010-06-10 | Note : 3/5 | l'avant No Les heures souterraines ou celles passées dans un métro ou dans un placard d'une entreprise. Voilà juste ce court roman, certes peu reposant mais indispensable pour ne pas oublier notre humanité. Selon qu'on soit homme ou femme, les parcours nous touchent plus ou moins. Le harcèlement psychologique, thème peu abordé dans la littérature actuelle, était un vrai challenge que Delphine de Vigan a relevé avec brio .On est du coup moins attaché(e) au désarroi affectif du médecin. Le style de l'auteure laisse à désirer : des répétitions de langage, des pensées identiques des deux héros . On comprend bien que Delphine de Vigan souhaitait établir un parallèle et une proximité entre les deux vies mais parfois c'est un peu lourd. « No et moi » me semblait mieux écrit. Comme ce roman précité, Les heures souterraines se lisent d'une traite et la fin est parfaite.
| | 2010-05-10 | Note : 3/5 | "La vie n'est qu'un pendule oscillant entre la souffrance et l'ennui..." Servi par un titre évocateur, ce roman expose les sombres facettes d'une société fatiguée psychiquement, observée sous le prisme de deux préoccupations majeures: le travail et la quête d'amour.
Delphine de Vigan narre les vies dissolues de deux êtres. L'un, Thibault, ne s'épanouit guère dans sa fonction sacerdotale de médecin et succombe rapidement à la mélancolie suite au sacrifice de son couple. Tourmenté par cet amour intermittent et fracturé qu'il qualifie de plaie, il ne parvient pas à oublier celle qui n'a pas souhaité lui consacrer une part importante dans sa vie.
L'auscultation de cette bribe de vie sous l'angle de l'amour exsangue témoigne de la perte de sens et de rythme d'une vie isolée dans une mégalopole fragmentée. Elle ne constitue pas, à mon sens, la destinée la plus intéressante parmi celles exposées tant la seconde, celle de Mathilde, est empreinte d'une âpreté et d'une souffrance incommensurable.
L'auteure s'empare de la vie professionnelle de son héroïne en disséquant son évincement lent et insidieux au sein de son entreprise. D'un épanouissement salvateur, son état psychologique plonge dans l'abîme de l'ostracisme, de la mise en état d'infériorité, de la dépréciation, et de l'inexistence.
Cadre dans une société qui ne lui fait plus confiance, Mathilde côtoie la destruction psychique et la négation de son affectivité propres au harcèlement moral. Ce processus d'exclusion, jamais nommé dans l'ouvrage, est scrupuleusement décrit. L'échappatoire, la jonction avec une vie privée guidée par l'hédonisme et la joie de vivre, n'a point d'effet salvateur au cas présent. Mathilde, vivant seule avec ses enfants, cède face aux assauts d'une nostalgie qui ne lui permet pas de sortir de l'ornière.
Soutenu par une prose soignée et recherchée, Les heures souterraines est un roman caractérisé par sa profonde teneur réaliste. Delphine de Vigan y distille ses éléments de condamnation d'une société recluse dans sa solitude et son individualisme en exposant deux existences muselées par les contraintes de la vie.
Je regrette toutefois le manque de profondeur de l'entreprise, l'auteure expose les tourments des personnages durant une courte séquence d'une vie sans que l'on connaisse grand chose d'eux finalement. L'identification à l'un ou l'autre des protagonistes fut vaine, tout comme la perception du caractère anxiogène de la narration consacrée à l'épreuve subie par l'héroïne. Peut-être n'ai je pas tout simplement d'accointances privilégiées avec ce genre de roman qui fait davantage appel à la sensibilité féminine!
| | 2010-04-10 | Note : 5/5 | 5 étoiles, trop peu !! J'ai lu ce livre il y a déjà quelques semaines et pourtant, il me trotte encore dans la tête.
Toujours ce léger malaise que j'ai ressenti à sa lecture.
L'histoire de Mathilde m'a plus touchée que celle de Thibault, peut être parce que la crainte de chacun d'entre nous est d'avoir à subir ce harcèlement moral de la part d'un supérieur hiérarchique tout puissant.
Delphine de Vigan a rendu de façon magistrale l'atmosphère de solitude, d'isolement, d'anonymat, de frustation qui entoure ses personnages et qui les détruit à petit feu.
"les heures souterraines" est l'un des rares livres qui ne quitte pas ma mémoire et que je recommande vivement à tous.
| | 2010-03-15 | Note : 5/5 | Un livre bouleversant, magnifique ... et tristement actuel J'ai lu ce livre sur la recommandation de la bibliothécaire. Je l'ai dévoré en quelques heures et l'ai trouvé tellement remarquable que je l?ai offert dans la foulée à des amis et que je suis partie à la découverte des autres romans de Delphine de Vigan. Ce livre dénonce l?entreprise broyeuse, les petites lâchetés au quotidien et l'impuissance (pour ne pas dire la connivence) des DRH. Tous les Jacques Pelletier du monde ne méritent que mépris. C'est à se demander comment ces êtres viles et imbus de leur personne (ils existent, nous les avons tous rencontrés un jour !) peuvent se regarder en face dans le miroir. Ce genre de comportement se doit d'être dénoncé haut et fort afin qu?ils cessent de briser les autres en toute impunité. Un peu de courage managérial !! Merci Delphine de Vigan pour un très beau livre remarquablement bien écrit.
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