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Fiche livre | | |
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 | La délégation norvégienne De Hugo Boris Editeur : Belfond Parution le : 6 Septembre 2007
Est-ce l'alcool en carafon, le cuir brun, le mobilier vieux chêne, le feu qui crépite dans la cheminée ? Ce climat anglais où l'on s'assassine en grignotant des scones et en buvant du thé ? Il lui semble que chaque chose est bien à sa place, que chaque personne autour de cette table est un peu trop racée pour être honnête. S'appelle-t-on Ethel Brakefield dans la vie ? Ou Ernst von Sydow ? Ou même Lucas Cranach ?
Un relais de chasse absent de tous les guides spécialisés. Cinq hommes, deux femmes, qui viennent des quatre coins de l'Europe et ne se connaissent pas. Sept chasseurs pris par la neige, qui doivent se défendre du froid, de la faim, de la paranoïa qui les guettent. Prisonniers ? D'une île à la rigueur, mais d'une forêt ? Ils le sont pourtant, serrés par les arbres, piégés par la neige. L'un d'eux commence à douter : et s'ils n'étaient pas victimes du hasard, de la malchance ?
Au fil des pages, René Derain acquiert la conviction qu'il est condamné, qu'il va mourir. Non pas de froid, de fatigue, de gangrène ; il sera assassiné. Il sent, dans son dos, le souffle d'une intelligence. Il sait qu'ils sont devenus de vulgaires pantins. Et que le piège ne demande qu'à se refermer.
Un style vif et moderne, des personnages énigmatiques et ambivalents, La Délégation norvégienne est un roman fantastique au climat lourd et oppressant. Une mise en abyme vertigineuse. |
Commentaires Amazon| 2008-04-18 | Note : 5/5 | Un bel hommage au pouvoir de la littérature René Derain part pour un séjour de chasse avec son chien, dans un chalet isolé en pleine forêt, tout là-haut en Norvège (le lieu n'est pas nommé mais « la délégation norvégienne » ?). Il retrouve six autres passionnés, quatre hommes et deux femmes, venus de différents pays d'Europe, des inconnus qui ont pris comme lui leur réservation sur Internet. Dès le premier chapitre, l'atmosphère étrange et inquiétante est donnée : pourquoi une telle peur dans le regard de son chien à l'abord de la forêt ? p. 15 : « Dans les yeux du chien, il n'y avait plus de regard »
Le séjour ne se déroule pas comme prévu : un froid polaire s'abat sur le site coupé du monde, et c'est le début de la lutte pour survivre (la faim, le froid, l'isolement). Les livres de la maigre bibliothèque servent à alimenter le feu pour se chauffer, le huis clos devient de plus en plus oppressant, et René Derain de plus en plus paranoïaque. Pourquoi ce qu'il est en train de vivre est-il écrit dans un livre trouvé dans la bibliothèque ? Et si quelqu'un cherchait à l'assassiner ?
Le dernier cahier du livre n'est pas massicoté, et ce n'est pas un défaut d'éditeur. A vous de le passer au coupe-papier pour connaître la fin.
A vrai dire, vous ne serez guère plus avancé car vous ne saurez toujours pas pourquoi le propriétaire n'est pas là pour les accueillir comme prévu, pourquoi tous ces phénomènes étranges se déroulent, mais vous aurez vécu un véritable hommage au pouvoir de la littérature. Car ils sont grandioses, tous ces passages sur la lecture !
On ne vous avait jamais dit que les personnages d'un livre ne sortent jamais du format des pages qui leur sont allouées ? Ils restent dans les lignes, et s'ils en sortent, ce n'est que dans l'imagination des lecteurs. Les feuillets non coupés contribuent à cette construction troublante : à vous lecteurs de vivre ce que vous êtes en train de lire. Vous seuls êtes acteurs de vos lectures.
Et de ce point de vue là, c'est très fort.
Un roman lu d'une traite, d'une seule, tant l'atmosphère mystérieuse est prenante et l'éloge de la littérature agréable. Et pour ceux que le thème de la chasse rebuterait, elle m'est apparue comme secondaire. Au caeur du livre, prenant de la place, mais servant de prétexte.
Un livre surprenant, fort, hors du commun.
| | 2008-03-14 | Note : 4/5 | Cluedo dans la plus grande bibliothèque du monde a délégation norvégienne, d''Hugo Boris, semble de prime abord s'inspirer de deux schémas classiques. D'une part des gens, qui, différents tant par leur nationalité que par leur origine sociale vont se retrouver dans un espace qui va rapidement devenir clos, en l'occurrence un chalet nordique; d'autre part, un point commun qui les unit, la chasse, ce qui va donner lieu à quelques récits troublants , racontés pour se distraire, comme le faisaient les personnages-prétextes de Maupassant dans le recueil de nouvelles Contes de la bécasse.
Mais ,d'emblée le fantastique confère une toute autre dimension à ce roman. Cette forêt d'où est issue la majorité des livres publiés en Europe devient une bibliothèque puis un personnage à part entière :"Il lui semble marcher entre des piles fragiles de livres élancées vers le ciel, se surprend à pousser les branches alourdies avec plus de circonspection, comme s'il avait à coeur de ne pas faire s'écrouler ces étagères de livres." les chasseurs, dont chaque sortie ne se déroule pas normalement, seront-ils " digérés et rejetés " par la forêt? 41IMP8ASseL
Livres et forêt, étroitement imbriqués...L'auteur sème des indices comme le petit Poucet et nous fait basculer dans un monde où le narrateur principal est aveuglé par la réverbération de la neige et où le lecteur lui même devient acteur: à lui d'influer, ou non, sur le cours des événements en tranchant dans le vif et dans le dernier cahier du livre, volontairement non massicoté....
| | 2008-02-06 | Note : 5/5 | On y pénètre comme dans une jungle... ....car il faut un objet tranchant pour découper soit meme,comme un pionnier les dernières pages.L'histoire se met en place très vite:un groupe d'amateur de chasse qui ne se connaissent pas se retrouve coincés par la neige dans le chalet,dans la foret où ils sont venus chasser.Des personnages hauts en cractères,des dialogues ciselés et au fil des pages le filet qui se serre sur le gibier qui n'est pas celui qu'on croit!
J'ai été entrainée dans la neige,attachée à l'histoire et au livre que j'ai fini en deux jours à peine.
Le concept des denière pages que l'on détache comme une enveloppe secrète ou un terrain inexploré c'est génial!
La tentation de lire les dernières lignes pour connaitre l'assassin...on nous la confisque et cela rajoute du piment à l'aventure.Bien vu!!!!!
| | 2007-11-28 | Note : 3/5 | Sombre, froid, déconcertant et impénétrable ... Pour être étrange, ce roman est plus qu'étrange ! L'idée est sans doute d'avoir voulu créer un huit-clos dans une cabane de chasseurs nichée au coeur d'une forêt. Pas âme qui vive aux alentours, un froid polaire qui s'installe d'un coup et nos protagonistes vont de parties de chasse en papotages au coin du feu se glacer les sangs sans moufter ... si ce n'est l'un d'eux, René Derain, qui commence sérieusement à s'inquiéter et à suspecter qu'on cherche à lui faire la peau !
Sur le papier, l'idée paraît brillante, au moins étonnante. Mais la lecture est moins convaincante. Peut-être le récit est-il freiné par des passages trop longs, trop lourds et donc ennuyeux (les heures de chasse, par exemple). C'est bien d'avoir tricoté son filet pour piéger le lecteur et le forcer à lire jusqu'au bout pour connaître le fin mot, il n'empêche que la chute tombe comme un cheveu dans la soupe. Pas qu'elle arrive trop vite, loin de là ! Le trajet parcouru pour arriver à la sortie me semblait assez sinistre, pataud par endroits, j'avais suffisamment hâte de découvrir le dénouement de cette bizarre, très bizarre aventure ! Mais le concept imaginé par l'auteur pêche d'adhérer mon total enthousiasme. Belle idée, mais peut mieux faire ??? ...
A tenter, si la curiosité vous pique.
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