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Alabama Song
De Gilles Leroy
Editeur : Mercure de France
Parution le : 23 Août 2007

Montgomery, Alabama, 1918. Quand Zelda, "Belle du Sud", rencontre le lieutenant Scott Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. Lui s'est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison. Le couple devient la coqueluche du Tout-New York. Mais Scott et Zelda ne sont encore que des enfants : propulsés dans le feu de la vie mondaine, ils ne tardent pas à se brûler les ailes... Gilles Leroy s'est glissé dans la peau de Zelda, au plus près de ses joies et de ses peines. Pour peindre avec une sensibilité rare le destin de celle qui, cannibalisée par son mari écrivain, dut lutter corps et âme pour exister... Mêlant avec brio éléments biographiques et imaginaires, Gilles Leroy signe ici son grand "roman américain".
Prix Goncourt 2008

Extrait

Le bal des soldats

Soudain, notre ville endormie fut envahie de milliers de jeunes gens, des pauvres gars pour la plupart, arrachés à leur ferme, leur plantation, leur échoppe, venus de tous nos États du Sud tandis que leurs officiers frais émoulus de l'école militaire descendaient du Nord, des Grands Lacs et des prairies (jamais depuis la guerre civile on n'avait vu autant de yankees en ville, me dit maman).
Si jeunes, si vigoureux, les guerriers rieurs fondaient sur nous avec beaucoup de bruit et se déversaient par nos rues telles des nuées d'oiseaux en livrée bleue ou grise ou verte, certains huppés d'or ou d'argent, ocellés d'étoiles valeureuses et de barrettes multicolores - mais tous, les oiseaux du mess comme les oiseaux du rang, les sécessionnistes comme les abolitionnistes, unis enfin, sinon réconciliés, tous reprendraient la route bientôt pour une longue traversée de l'Océan vers la vieille Europe qui n'était pas encore celle de nos rêves mais le continent d'une angoisse inconnue, cet inconnu qui consisterait à mourir dans une guerre étrangère.
S'ils avaient peur, ils ne le montraient pas. Les bals se multipliaient dans les rues, sur les terrains d'aviation qui entouraient la ville et dans les camps d'entraînement. (C'est une curiosité, oui, une chose unique, inexpliquée : aucune ville de la taille modeste de Montgomery ne comptait autant de terrains d'aviation. Et c'est ainsi que notre ville ridicule fut choisie pour être la champignonnière des gosses qu'on allait livrer au combat - le Feu, disent-ils, l'Action.)
Je les entends encore bruire avec fureur : ce fier vacarme de pas qui claquent, de voix braillardes et de verres entre­choqués, comme si vingt mille gars formaient un seul grand corps, un titan au pouls fiévreux où l'on pouvait entendre bouillonner l'adrénaline et une irrépressible montée de sève. C'était comme si l'imminence du danger et l'assurance d'autres chocs, d'autres fureurs, mortels ceux-là, rendaient ces hommes encore plus chahute
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2008-10-18Note : 2/5
goncourt........encore
Je ne sais pas comment ce décernent les prix littéraires et je n'ose pas imaginer. Encore un livre qui ne mérite rien,
Nous nous moquons des histoires personnelles, surement inventées de Zelda. Pas de sentiments, un tir à boulet rouge avec des histoires au dessous de la ceinture.....on a déjà eu la maitresse de Brecht,
Trés trés décue, il y a tellement de bon livres. Messieurs si vous ne savez pour qui voter demandez nous !
. J'ai eu du mal à finir, n'ai eu aucun sentiment particulier ........les précedents étaient bien meilleurs, mais peut etre n'étaient ils pas destinés à avoir un prix, mais destinés au lecteur.
Goncourt : oubliez, c'est de la pub, Goncourt des lycéens allez y , ils sont "encore" naturels

2008-08-18Note : 3/5
Un Goncourt décevant
Si ma curiosité a été satisfaite, cette lecture m'a suffisamment déconcertée pour que je laisse passer plusieurs mois avant d'écrire ce billet.

D'emblée, j'ai trouvé ce texte facile à lire, l'écriture simple, plutôt agréable. Fait danecdotes, de souvenirs assemblés par une narratrice à la vie idéalisée mais cruelle, le roman se lisait bien, rapidement, les pages défilant les unes après les autres.

Cependant je reste perplexe : il est clairement précisé qu'il faut aborder ce livre comme un roman et oublier toute allusion à des faits historiques. Pourquoi pas ? Mais dans ce cas, pourquoi ne pas s'éloigner plus encore de la réalité ? Car voilà qui ressemble diablement à une biographie romancée ! Ce livre faisait d'ailleurs sans cesse écho à mes souvenirs de "Paris est une fête" dHemingway, qui dépeint à plusieurs reprises le couple mythique que formaient les Fitzgerald. Alors cette lecture m'a profondément agacée : puisque la narration colle de si près à l'image que l'on a de Francis Scott et de Zelda, celle qui reste de leurs écrits et de ce que l'on a pu dire d'eux, l'auteur prend peut-être trop de libertés. Entre le verbe parfois cru, le portrait destructeur de Fitzgerald (par exemple « j'ai épousé une poupée mâle et blonde pas capable de bander »), l'intimité réinventée mais peut-être voyeuse parce qu'il est difficile d'oublier les nombreuses similitudes avec ce qui a été, ce roman m'a plutôt déçue. Prendre suffisamment de distance avec la réalité pour écrire un texte audacieux et totalement improbable, voilà qui m'aurait peut-être convaincue ! Mais coller de près à une image connue tout en écrivant au nom de Zelda des événements et des pensées très personnels, à la manière d'un journal intime, cela me laisse indécise. Un roman facile alors ? Ou bien l'audace de Gilles Leroy réside-t-elle dans sa volonté de réécrire la vie de Zelda avec ses propres mots ? Au final, pour ceux qui voudraient lire ce roman parce qu'ils s'intéressent aux Fitzgerald, peut-être que "accordez-moi cette valse", écrit par Zelda, serait préférable.

2008-04-23Note : 1/5
Je n'aurais jamais dû l'ouvrir...
... Ce livre... Quel regret! Décousu, dépravé, il n'y a que les turpitudes sexuelles de ce couple qui semblent intéresser l'auteur. Un Goncourt pour cela?! Quel gachis!

Par principe, je termine toujours un livre entamé, je suis donc allé au bout, essoufflé, lassé, avec une envie irresistible de passer à autre chose.

2008-04-16Note : 5/5
prix bien mérité !
C'est un excellent livre à lire absolument ; son prix est amplement justifié ! du pur chef d'oeuvre

2008-04-03Note : 3/5
Ecrit pour être primé... vive l'autosuffisance littéraire !
Bonjour.
Je me réjouissais de lire cet ouvrage.
Encore aujourd'hui, 2 mois après l'avoir lu,
j'ignore si ce fut une lecture pertinente.

L'histoire de l'injustice de Zelda, arnaquée, pillée et maltraitée
par son mari est prenante. L'amour du Sud des Etats-Unis est intéressant.
La déliquescence de l'écrivain et du succès trop rapide
est également approchée avec tact et même désespoir.

Mais, découvrant les tissages des mots recherchés, les tournures trop bien tournées,
j'ai eu le sentiment que tout cela n'était qu'un prétexte,
même pas un alibi, au service de la gloriole de l'écrivain
et de son évidente homosexualité, in fine déclarée...

En quelque sorte, et de façon qui frôle l'ignominie,
Zelda est une nouvelle fois exploitée, avec la circonstance aggravante d'une tendance nécrophile...

Une vie triste tristement embaumée par un triste écrivain.

C'est donc ça la grande littérature française ?

Cordialement,

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