Mort précoce
Cesare Greppi est un des auteurs italiens les plus secrets. À côté d'une oeuvre de poète, il cherche à travers de brefs romans à faire revivre des sentiments très anciens qui paraissent révolus.Dans un séminaire, en Italie, un jeune homme, Niccolo, se réveille un matin avec un charbon sur le visage. On décèle une maladie horrible et contagieuse. Mis en quarantaine, il voit depuis son lit des démons s'agiter autour de lui. Il demande à se confesser. S'ensuit une longue lutte entre ses visions du diable et les paroles apaisantes du prêtre et de ses camarades jusqu'à la mort du jeune homme.Comme Greppi le dit lui-même dans la note qui clôt le livre : « Cette mort, cette manière de mourir, est d'ailleurs si lointaine qu'elle invite à être présentée sans peur, archéologie nue, à qui vit aujourd'hui... »« Mais, poursuit-il, pour ne pas abandonner le jeune homme milanais aux seules [...] heures de sa fin, et puisque mort et paradis en lui voulaient aller de pair, j'ai pensé enrouler petit à petit les pages du chroniqueur en récupérant quelques moments, quelques notes éparses de sa vie : béatitudes pas bien reconnues, lueurs certaines ou vagues dans l'esprit. Que la seconde partie donc se plie et recouvre dans la mémoire la première, pour que le lecteur atteigne, si cela s'avère possible, à un peu plus de vérité. »
