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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Les Quatre Evangiles : Fécondité De Emile Zola Editeur : L'Harmattan Parution le : 3 Mai 2000
Après les Rougon-Macquart et la série Les Trois Villes, Émile Zola (1840-1902) se lance dans une œuvre plus ambitieuse : Les Quatre Évangiles. Il ne s'agit plus de faire le procès d'une société ou d'en examiner les mœurs, mais de fonder une "religion nouvelle" reposant sur la Fécondité, le Travail, la Vérité et la justice (ce dernier roman reste à l'état de notes...). Les Quatre Évangiles sont volontiers lyriques, mais toujours soucieux d'honorer un point de vue moral sur les relations humaines. Longtemps "introuvables", il était urgent de les rééditer afin de connaître le Zola de la maturité et de l'espérance. | Littérature
Commentaires Amazon| 2006-01-03 | Note : 5/5 | Sublime... Zola, dèjà reconnu comme écrivain de génie avant sa mort et la rédaction des "évangiles", et même du cycle des "trois villes", obtient pour moi la palme d'écrivain du siècle, voire du millénaire. Du moins en France, de la période allant de la révolution à Sartre. Son projet étant de livrer, après avoir analysé la société dans le cycle des Rougons-Macquarts, fait sa profession de foi et le procés de la religion catholique dans le cycle des trois villes, ses propres évangiles, sa solution, les vertu qui devront sous-tendre la société de demain, du moins celle qu'il souhaite. Chaque livre, chaque évangile raconte la vie d'un des quatre fils de Pierre Froment, l'abbé puis le père dont nous avions suivit les péregrinations dans "Lourdes" ,"Rome" et "Paris" (le cycle des trois villes). Ces fills s'appellent bien évidemment Mathieu, marc, luc, et jean (ce dernier ne verra jamais "son" évangile achevé, Zola mourant alors qu'il prenait des notes afin d'écrire "Justice", le dernier évangile). Fécondité, ce premier tome, cette première vertu à défendre, nous livre donc la vie de Mathieu et de sa femme, Marianne; au beau milieu de la troisième république et de son lot de bourgeois et miséreux. On y découvre les pratiques atroce d'accouchements clandestins, puis de mise en nourrice des nouveaux nés non désirés, ou plus, les avortements dans des conditions d'hygiène déplorables, ou, grace au progrés, les opérations déguisées visant à chatrer les femmes. Soit par pure expérimentation des chirurgiens (sur les pauvres), soit par désir de profiter de la vie sans risquer de tomber enceinte pour les plus fortunée. Au milieu de se "gaspillage de vie", de cette débacle de l'homme, Mathieu et sa femme auront douze enfants et s'enrichiront dans la morosité du contexte de l'époque. Selon Zola, grâce a leur exemplaire fécondité, grace a ce service rendu a la nature et a l'homme. La thèse défendue par Zola dans ce livre est la suivante: Jamais un progrés, jamais une avancée humaine ne s'est faites sans la poussée de la population, sans une démultiplication de la vie. Tout progrés vient donc pour lui du fait que le surplus de population oblige la conquête de nouvelles terre, oblige le progrés a augmenter la productivité, a produire plus de nourriture, plus de marchandises (s'opposant ainsi a Malthus), entrainant l'humanité vers le progrés, l'obligeant a se révolter contre ses mauvaise conditions de vie, la poussant vers le moment ou les richesses, les droits et les devoirs seront équitablement répartis. Et même si de nos jours ce natalisme nous semble horrible, réactionnaire, il faut bien y voir a l'époque un refus de l'idéal bourgeois de l'époque, celui de l'enfant unique, celui à qui on livrera toutes ses richesses, et qui accroitra encore son patrimoine. IL faut aussi y voir un rejet de la misère ou trainent les enfants nombreux des pauvres, des ouvriers, et du manque d'éducation et d'instruction qu'il recoivent. (non pas de la part de leurs parents, qui travaillent 12 heures par jour pour les nourrir, mais de la part de l'état). Zola défend avant l'heure une aide à la maternité, les congés maternité et bien d'autre choses qui nous semblent acquises depuis toujours. Il défend aussi, reconnaissont le, sa patrie, la France qu'il voit faiblir numériquement face aux autres nations européennes, et qu'il voudrait comme guide pour l'humanité dans sa marche vers le bonheur. Zola est aussi, et cela se voit dans ce livre, un colonialiste. IL ne défend ni n'attaque les autochtones, mais pense uniquement a la richesse de son pays (en l'occurence des Froment). Ce livre est néanmoins un somptueux témoignage du passé, un fabuleux réquisitoire pour une société qui sous la plume de Zola semblent pouvoir naitre rapidement si une volonté forte est donnée à la nation et a l'humanité. Son apport est encore aujourd'hui immense et malheureusement méconnu, et on aurait beaucoup a apprendre de ce livre. Le style de l'auteur, moins analytique qu'auparavant est plus lyrique, défendant des idées lui tenant très a coeur. Il n'en est pas moins d'une rigueur et d'une qualité excellente, et il met toujours en avant les traits marquants de la société.
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