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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Annulaire De Ogawa Yoko Editeur : Actes Sud Parution le : 3 Juin 1999
A la suite d'un léger accident de travail, la narratrice de ce récit a quitté son usine et trouvé un emploi d'assistante et réceptionniste auprès de M. Deshimaru, directeur d'un laboratoire de spécimen. Dans ce lieu étrange, ancien foyer de jeunes filles pratiquement désert, elle reçoit la clientèle avant que M. Deshimaru, en véritable maître de taxidermie, recueille, analyse et enferme à jamais les blessures et les souvenirs de ceux qui désirent échapper à leur mémoire. Sans vraiment comprendre ce qui se joue sous ses yeux, la jeune fille tombe peu à peu sous la coupe de cet homme... Avec ce récit - assurément l'un de ses plus fascinants -, Yôko Ogawa pénètre davantage encore dans le territoire de l'envoûtement et de l'étrange, et révèle, au coeur du suspense, l'empreinte d'une douleur qui va jusqu'au fétichisme. |
Commentaires Amazon| 2007-04-23 | Note : 4/5 | Passion Insidieuse Ce petit roman est le sixième traduit en français d'une jeune écrivaine nippone de 32 ans. Celle-ci avait reçu 3 ans avant sa publication originale le plus prestigieux des prix Japonais, le prix Akutagawa. Son style et la forme de passion insidieuse qu'elle évoque la placent hors de la commu-nauté adolescente perdue entre la pierre et la rose, l'herbe et le sexe, l'occupation US et le lustre de l'ère Meiji que décrivait Murakami Ryû1, ou l'affirmation cruelle de la ferveur charnelle d'une ado-lescence féminine au coeur d'un empire masculin2, 3. Ici la narratrice, qui a perdu son travail en même temps qu'un bout de doigt, se récupère en entrant au service d'un laboratoire, bien singulier, de spécimens. De là, c'est à de menues évocations, de subtiles présences silencieuses et diaphanes, que naît une fascination labyrinthique pour l'étrange pouvoir de symbolisation, l'insolite opportunité de matérialiser l'empreinte de nos douleurs allant jusqu'au fétichisme obsédant. De la froide et placide passion de M. Deshimaru, directeur -- pas si zen que ça (sic !)-- du laboratoire, on ne peut s'empêcher d'y retrouver l'élégante mais dévorante vénération d'un Tanizaki pour le cou-de-pied de Satsuko4 ou celui de Fumiko5. En tout cas, c'est bien le même incidieux envoûtement d'une soumis-sion délibérée qui opère.
J.A.L.
1. Murakami, R., Bleu presque transparent, ARLES : Ed. Philippe Picquier, 1997, 204 pages.
2. Yamada, E., La chrysalide brisée, ARLES : Ed. Philippe Picquier, 1995, 94 pages.
3. Yamada, E., Amère volupté, ARLES : Ed. Philippe Picquier, 1992, 92 pages.
4. Tanizaki, J., Journal d'un vieux fou, PARIS : Gallimard -folio, 1986, 222 pages.
5. Tanizaki, J., Le pied de Fumiko, PARIS : Mercure de France, 1998, 63 pages
| | 2004-05-06 | Note : 4/5 | Cabinet de curiosités japonaises Comme la jeune fille du roman, entrez dans le laboratoire-musée des objets et choses témoins de notre intimité et de notre passé. Entrez dans la ronde du fétichisme, du bizarre et du symbolique. Ce petit livre ravit par la justesse de la description des relations ambigües qui s'intaurent entre la jeune assistante à l'annulaire manquant et M.Deshimaru, conservateur de souvenirs. L'ancien foyer de jeunes filles -déliquescent, clinique, vide, lieu de mémoire- participe au récit comme personnage à part entière.
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