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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Numéro six De Véronique Olmi Editeur : Actes Sud Parution le : 22 Août 2002
Alors que son père est aujourd'hui un très vieux monsieur, Fanny revisite le passé. Elle parcourt son enfance dorée au coeur d'une famille nombreuse où son identité se limitait souvent à un numéro, où sa fascination pour son père fut totale mais toujours inavouée.
Monsieur Delbast était médecin, catholique, respecté. Il était aussi de ceux qui ont fait la guerre, la première, et pour Fanny, qui, adulte, récupère ses lettres envoyées du front, c'est encore l'occasion de réinventer ce demi-dieu.
Pourtant, au-delà de son regard d'enfant, au-delà de la mythologie familiale, ce père fut bien autre chose. Mais la "numéro six", celle dont on confondait le prénom avec celui des aînées, celle qui jamais n'a surpris, qui jamais n'a su inspirer la fierté, celle-là même qui n'a aujourd'hui qu'une enfant sans père. se retrouve enfin face au vieillard et, dans un éternel besoin d'amour, exige son regard.
Après Bord de mer, Véronique Olmi aborde de nouveau le thème de l'amour filial avec une acuité et une sensibilité remarquables. Ce père, cet enfant du siècle tant aimé, cet aimable notable si banal, est pour la petite dernière solitaire une véritable icône, un mythe, un éternel absent qui va pourtant, avec le temps. lui revenir enfin.
Mais à travers la figure du père c'est aussi de la bourgeoisie qu'il est question ici, de l'étau, de l'insidieuse violence que ce monde bien-pensant est capable de poser sur les sentiments, sur le sensible et sur le pur amour d'une enfant. | Littérature
Commentaires Amazon| 2008-03-03 | Note : 4/5 | Besoin d'amour C'est un roman très court, mais le style illumine totalement son lecteur. Véronique Olmi écrit avec limpidité et luminosité. Une histoire simple, celle d'une petite dernière trop effacée pour s'affirmer, dont l'arrivée est trop subie pour lui permettre d'exister, de devenir autre chose que la « numéro six ». Celle d'une enfant devenue femme mais qui n'a pas su s'extirper de l'enfance, qui vit dans l'ombre d'un amour paternel trop distrait, trop lointain. Une femme qui essaye encore, à 50 ans, d'être la petite fille de son papa.
Fanny reporte sur son père son besoin éperdu d'amour et de reconnaissance, elle transforme son besoin impérieux d'exister à ses yeux en amour aveugle, avide et possessif.
A force d'être si peu aimée, ou si mal aimé par une famille chez qui les sentiments ne s'affichent pas, ne se disent pas, ne se partagent pas, l'amour de Fanny pour son père se transforme en idéalisation, en déification (« J'étais jalouse de maman. Pas seulement de vos voyages. De votre quotidien aussi. Vos discussions le soir que j'entendais de l'autre coté de la cloison, quand j'étais couchée. J'étais jalouse de tout ce que vous aviez à vous dire, et de vos rires. J'étais jalouse de ce vin que tu goûtais pour elle, de cette tasse de café que tu lui tendais, de ces fleurs qui tu lui offrais, de cette façon que tu avais de lui toucher la main quand tu lui parlais, de la malice joyeuse avec laquelle tu te moquais d'elle devant tout le monde, comme si elle était incroyable, unique, le personnage principal, l'héroïne de ta vie. Ta femme. »).
Avec le temps elle ouvre les yeux sur ce père fantasmé qui n'en a pas moins été un homme. Un poilu, un père, un médecin respecté, un colonialiste réactionnaire. Elle parle et raconte cette famille catholique bien-pensante, les silences et les maux qui se taisent, qui étouffent, qui asphyxient ; tout plutôt que de déroger à la sacro sainte bienséance... Elle y aura sacrifié sa vie de femme. Fait un enfant, mais sans donner à celui-ci la chance d'avoir un père. Victime consentante et lucide, vouée à aimer un homme qui ne fut pas le sien.
| | 2007-08-03 | Note : 4/5 | L'hommage au père Fanny Delbast est la petite dernière d'une famille de 6 enfants. A sa naissance, son frère aîné a déjà 20 ans. Son arrivée est inattendue, mais on fait avec, dans cette famille catholique. Le père est médecin et ancien de la guerre de 14, la mère, plutôt absente.
Aujourd'hui, Fanny a 50 ans, et c'est elle qui prend soin de son vieux père qui en a 100. Ce petit livre est une déclaration d'amour en même temps qu'un cri de douleur à ce père qui ne s'est pas occupé d'elle, on lit Fanny jalouse de l'amour entre ses parents, Fanny qui relit les lettres du front envoyé par ce tout jeune homme à l'époque, les horreurs hélas bien réelles tout juste esquissées, Fanny qui à présent garde son père tout près et rien que pour elle, Fanny qui veut le protéger d'une famille trop nombreuse, 5 frères et soeurs qui ont eu à eux tous 20 enfants et à leur tour 58 petits-enfants, Fanny qui elle n'a qu'une fille, Agathe, sans même l'ombre d'un père.
Ce qui touche chez Véronique Olmi, c'est cette précision quasi lapidaire de l'écriture, ces phrases courtes et simples qui vous touchent au coeur. Certaines pages sont d'une telle beauté qu'on les relit avec l'envie de les garder précieusement. Une forte histoire d'amour filial qui sortira gagnante malgré les tourments et les rancoeurs.
| | 2003-02-11 | Note : 4/5 | Un très beau livre.... A découvrir Vingt années séparent Fanny de son frère aîné lorsqu'elle vient au monde. C'est la "numéro six", celle que l'on ne nomme jamais faute de ne pas se souvenir de son prénom. Fanny grandit entre un père médecin, souvent absent, et une mère peu aimante. Devenue femme et mère à son tour, elle évoque cet étrange rapport au père, ancien combattant et médecin, qu'elle aime et qu'elle admire y compris dans sa vieillesse et sa dépendance. On retrouve ici le style poétique et la sensibilité de Bord de mer. Une très belle histoire d'amour et de famille à découvrir si l'on ne connait pas Véronique Olmi...
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