 | Remonter l'OrénoqueDe Mathias Enard
Editeur : Actes Sud Parution le : 28 Janvier 2005 ISBN : 978-2-7427-5324-6 EAN13 : 9782742753246
Dans les corps qu'ils ouvrent, les patients qu'ils soignent, et jusque dans leur amitié, deux chirurgiens cherchent, comme à tâtons, une vérité qui justifierait leur propre existence. Youri opère sous les yeux de Joana, la jeune infirmière qu'Ignacio convoite ; au cœur d'un été caniculaire et d'un hôpital en pleine déliquescence, l'un se perd dans la passion comme l'autre dans l'alcool et la folie. Ils pousseront Joana à les fuir, à entreprendre un long voyage au Venezuela : remonter le grand fleuve Orénoque sera pour elle l'occasion de démêler, depuis le ventre tiède d'un cargo, l'écheveau de leurs vies. Au fil de ce voyage vers l'Amazonie, le deuxième roman de Mathias Enard nous emporte au centre d'un triangle amoureux dont les sommets seraient la naissance, le corps et le désir, tous trois si ténus qu'ils ne sont peut-être que des reflets sur les eaux boueuses d'une rivière mythique. |
Prix conseillé : 18,30 € - Prix : 17,39 € |
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Commentaires Amazon| 2010-02-05 | Note : 4/5 | Beau récit, bien écrit et bien mené... S'il y a, dans Remonter l'Orénoque, trois personnages principaux, deux hommes et une femme, seules deux voix alternent au cours des chapitres - la troisième noyée depuis longtemps dans les flots de l'alcool. Cela se passe à Paris, dans un hôpital : la femme aime l'homme qui boit, tandis qu'elle est aimée par l'autre homme qui lui parle le jour, et écrit son désir pour elle la nuit.
Si Mathias Énard, avouons-le, n'excelle pas dans le côté "histoire d'amour", en revanche il déploie avec brio les états d'âme complexes de ses personnages : du chirurgien en plein "démon de midi" (mais est-ce seulement cela ?) à cette infirmière empathique et plutôt fragile (l'un va-t-il sans l'autre ?) en passant par cet autre médecin porté sur la bouteille. Ne parlons pas des descriptions splendides sur les atermoiements du désir et sur le corps sous toutes ses formes (quelle obsession chez Énard, ce corps souffrant, malade, fou, ou mort...) ; n'évoquons pas non plus cet élan formidable, cette fuite, ce "grand voyage" parallèle qui consiste à "remonter l'Orénoque" (nous mener en bateau ?), parabole subtile pour dire le retour aux racines, à l'origine, au néant.
On appréciera le style très "tenu", les subtilités de la langue et autres ruses narratives qui font de cet ouvrage un "tout" très (très) bien mené.
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