 | L'Immeuble YacoubianDe Alaa El Aswany
Editeur : Actes Sud Parution le : 11 Janvier 2006 ISBN : 978-2-7427-5885-2 EAN13 : 9782742758852
Sélection Rue des Livres
Connaissez-vous Alaa El Aswany ? C'est un véritable phénomène, avec cent mille exemplaires de L'Immeuble Yacoubian vendus en quelques mois, un film en cours de tournage avec une grande mobilisation de moyens et d'acteurs célèbres. Très vite, poussé par la rumeur, le livre s'est répandu dans le monde arabe, a été traduit en anglais, et le voici aujourd'hui en français.
L'auteur est un vrai Egyptien, enraciné dans la terre noire du Nil, de la même veine que Naguib Mahfouz. Il pose un regard tendre, affectueux, plein de pitié et de compréhension sur ses personnages qui se débattent tous, riches et pauvres, bons et méchants, dans le même piège. Il ne juge pas, mais préfère nous montrer les espoirs puis la révolte de Taha, le jeune islamiste qui rêvait de devenir policier ; l'amertume et le mal de vivre de Hatem, homosexuel dans une société qui lui permet de jouir mais lui interdit le respect de l'amour ; il nous fait partager la nostalgie d'un passé révolu du vieil aristocrate Zaki ; l'affairisme louche mêlé de bigoterie et de lubricité d'Azzam ; la dérive de la belle et pauvre Boussaïna, tout cela à l'ombre inquiétante du Grand Homme, de ses polices et de ses sbires de haut vol comme l'apparatchik El-Fawli, et à celle non moins inquiétante d'un islam de combat, qui semble être la seule issue pour une jeunesse à qui l'on n'a laissé aucun autre espoir. Alaa El Aswany ne cherche pas le scandale. Il nous dit simplement que le roi est nu. Il nous montre ce que chacun peut voir autour de lui mais que seule la littérature rend vraiment visible. Nous comprenons un peu mieux comment va l'Egypte, certes, mais aussi comment va le monde et - peut-être également - pourquoi explosent les bombes. |
Prix conseillé : 22,90 € - Prix : 21,76 € |
Acheter ce livreVos avisCeux qui vont aller voir le film sans avoir vu le livre risquent d'être découragés. Le livre est tonique, dynamique, le film n'apporte rien. La mise en scène un peu molle, sans vrais temps forts, fait que l'on ne se passionne pas. Mais que cela ne vous décourage pas de lire le livre. La version écrite est beaucoup plus passionnante et on suit avec plaisir un concentré de l'histoire récente de l'Egypte. Sylvie F.
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La presse en parleL'Immeuble Yacoubian est un chef-d'œuvre du roman arabe contemporain ; c'est aussi le livre qu'il faut lire pour comprendre ce qui se passe dans les profondeurs des sociétés du Moyen-Orient à l'heure d'Al Qaida. Gilles Kepel, le Monde | | | Une autopsie de l'Egypte contemporaine, à la fois drôle et cruelle. (...) Une écriture qui a giflé l'Egypte en lui tendant sans concession son reflet dans le miroir. Claude Guibal, Libération | | | Si l'Egypte était un immeuble, ce serait L'Immeuble Yacoubian. Télérama |
Commentaires Amazon| 2009-08-22 | Note : 4/5 | Zola au Caire Un immeuble, autrefois résidence de luxe, aujourd'hui habité par une population mêlée suite aux désordres et changements politiques qu'a connus l'Egypte. Des commerces en bas à la Terrasse en haut, toutes les classes se croisent et parfois se mêlent. Les destins se nouent et se dénouent, toutes les passions humaines étant à l'aeuvre, y compris une sexualité déviante et omniprésente. En plus des passions, les protagonistes sont pris dans la spirale infernale d'un pays musulman sous développé (mais existe-t-il des pays musulmans développés ?), où règnent la corruption, la violence, le fanatisme, l'injustice, les vices, l'argent, la misère, les discriminations. On est bien loin des Pyramides et des croisières sur le Nil !
Bref, un cocktail fort avec des personnages inoubliables, même si ils tiennent parfois un peu du stéréotype. Une mention spéciale pour Zaki, noceur sur le retour, qui offre le salut et la rédemption à la jeune Boussaïna qui était devenu sa maîtresse, alors que Azzam, autre vieillard libidineux, fait le malheur de sa deuxième épouse tout en jouant le responsable politique bigot. La vertu n'est pas là où il paraît...
A noter que c'est moi qui formule ici le jugement : Alaa el Aswany, à travers un style léger et factuel, s'efforce de rester neutre et de ne pas juger ses personnages qui paraissent les produits d'une société et d'un régime sclérosé pour lesquels il a par contre la dent très dure.
Un livre émouvant et instructif, à lire absolument !
| | 2009-02-21 | Note : 4/5 | un auteur à découvrir, il se dévoile ! Un roman, non un essai, mariée à un marocain, je sais que ce ne sont pas des cartes postales......J'ai été prise par ce livre, il décrit la disparité entre ceux qui habitent sur le toit et ceux qui sont dans les étages.Je ne sais pas ce qui se passe pour la formation des islamistes combattants, mais je suis assez sensible à ce fait que, déçus de leur vie, certains se laissent entrainer. Ce livre m'a séduite, l'écriture est belle, parfois le récit est dur, mais il faut de temps en temps comprendre que dans ces pays, la vie n'est pas facile pour tout le monde, tellement il y a de disparités.
A noter que le film est assez bien fait, il suit bien le roman, dur pour certains, mais normal pour d'autres. un auteur à découvrir
| | 2008-05-30 | Note : 1/5 | Un livre bourré de clichés détestables Certes, ce livre a le mérite de présenter une certaine image de la "vraie" Egypte, pour ceux qui n'en connaissent que les pyramides, le Nil et la gentillesse des habitants...
Mais derrière cette critique de la situation sociale dramatique du pays, on sent poindre chez l'auteur une homophobie et un machisme chevillés au corps (ce qui va ensemble d'ailleurs). Ce livre est bourré de cliclés désolants et l'homosexualité est présentée comme rien moins qu'une maladie : le personnage homosexuel l'est bien sûr devenu parce qu'il a souffert dans son enfance, sa méchante mère française trompant son gentil père et qui ne l'a épousé que parce que ça lui permettait de monter dans l'échelle sociale, bien sûr (encore un cliché anti-occidental) ! et parce qu'il a été abusé par un homme... Les homosexuels sont séparés en deux groupes, "actifs" et "passifs", encore un cliché (machiste) de plus, les femmes étant bien sûr dans la sexualité décrites comme "passives" alors que les hommes seraient "actifs" ; un cliché qui ne sert qu'à rassurer beaucoup de mecs sur leur hétérosexualité, pour tous ceux qui n'accepteraient pas leurs penchants homosexuels qui sont les meilleurs homophobes : sachez que pour Alaa El Aswani, un homosexuel est forcément "passif" ou "actif", mais surtout pas les deux, ce que sont bcp d'entre eux, et s'il est "passif", il n'est pas vraiment respectable, bien sûr, les homosexuels "actifs" n'étant pas vraiment des homosexuels.
Et puis, d'où lui sort l'idée que les enfants de couples mixtes sont toujours tristes. Qu'est-ce que c'est que ce délire !
Outre qu'effectivement, les islamistes sont décrits avec complaisance. Une succession de clichés en 300 pages, ce que beaucoup appellent un "bon livre". Lisez Naguib Mahfouz, ça c'est un auteur.
| | 2008-04-13 | Note : 2/5 | Une succession de clichés Je suis parmi ceux qui n'ont pas apprécié ce livre en ce qu'il est une succession de cartes postales qui livrent une description très superficielle de chacun des personnages avec des clichés qui sont vraiment très gros, trop gros. L'homosexuel et le futur terroriste sont des caricatures plus qu'autre chose. Peut-être, dans la version originale, peut-on apprécier le style différemment. Pour ma part, je suis déçu.
| | 2007-09-09 | Note : 4/5 | Le Caire aujoud'hui Au début, j'ai eu l'impression d'un roman un peu désuet, genre " les petits métiers de l'Egypte". L'image de couverture très orientalisante à l'ancienne fait penser aussi à un roman un peu vieillot. On passe donc en revue les différents personnages de l'immeuble, puis très vite je me suis rendu compte que ce n'est pas ce type de roman: non il s'agit bien d'un roman d'aujourd'hui, enraciné dans la vie d'une grande métropole. L'auteur nous montre les problèmes majeurs de son pays: corruption, népotisme, intolérance, islamisme et répression violente, pauvreté.. malgré ces cotés plutôt désespérants on s'attache à la vie et aux passions des personnages. C'est une très bonne façon de faire connaissance avec l'Egypte moderne. Mais qui est le "Grand Homme"? le président Moubarak?
15/20
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