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Fiche livre | | |
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 | L'immeuble Yacoubian De Alaa El Aswany Editeur : Actes Sud Parution le : 1 Octobre 2007
Connaissez-vous Alaa El Aswany ?
C'est un véritable phénomène, avec cent mille exemplaires de L'Immeuble Yacoubian vendus en quelques mois, un film en cours de tournage avec une grande mobilisation de moyens et d'acteurs célèbres. Très vite, poussé par la rumeur, le livre s'est répandu dans le monde arabe, a été traduit en anglais, et le voici aujourd'hui en français.
L'auteur est un vrai Egyptien, enraciné dans la terre noire du Nil, de la même veine que Naguib Mahfouz.
Il pose un regard tendre, affectueux, plein de pitié et de compréhension sur ses personnages qui se débattent tous, riches et pauvres, bons et méchants, dans le même piège. Il ne juge pas, mais préfère nous montrer les espoirs puis la révolte de Taha, le jeune islamiste qui rêvait de devenir policier ; l'amertume et le mal de vivre de Hatem, homosexuel dans une société qui lui permet de jouir mais lui interdit le respect de l'amour ; il nous fait partager la nostalgie d'un passé révolu du vieil aristocrate Zaki ; l'affairisme louche mêlé de bigoterie et de lubricité d'Azzam ; la dérive de la belle et pauvre Bous-saïna, tout cela à l'ombre inquiétante du Grand Homme, de ses polices et de ses sbires de haut vol comme l'appa-ratchik El-Fawli, et à celle non moins inquiétante d'un islam de combat, qui semble être la seule issue pour une jeunesse à qui l'on n'a laissé aucun autre espoir.
Alaa El Aswany ne cherche pas le scandale. Il nous dit simplement que le roi est nu. Il nous montre ce que chacun peut voir autour de lui mais que seule la littérature rend vraiment visible. Nous comprenons un peu mieux comment va l'Egypte, certes, mais aussi comment va le monde et - peut-être également - pourquoi explosent les bombes... | [Poche]Collection : BabelExtrait
Commentaires Amazon| 2008-06-24 | Note : 1/5 | Un mauvais best-seller de plus D'un point de vue artistique, ce livre est très mauvais. Ca sent le coup monté éditorial, il a fallu absolument mettre un maximum de choses "choquantes", pour qui ne connaît de l'Egypte que les images d'Epinal que sont les pyramides et le Nil, en 300 et quelques pages, dont beaucoup de clichés (et quelques bonnes choses quand même). Suivi d'un coup médiatique, et le tour est joué.
Cet auteur, médiocre, ne peut en aucun cas être comparé à Naguib Mahfouz dont il ne partage que le côté "réaliste". N. Mahfouz écrivait avec un stylo fin pas avec un tronc d'arbre. Il ne cherchait pas non plus à en faire trop, or qu'on ne connaissait jamais son avis personnel, il se contentait de décrire, alors que El-Aswani donne son avis, souvent exécrable, notamment sur l'homosexualité qu'il prend pour une maladie et qu'il méconnaît ou encore sur les couples mixtes (là, ça frise la xénophobie), et juge (l'enfant de l'amant du journaliste meurt...) : l'homosexualité étant une infamie, pour l'auteur, il faut que "ces gens-là" payent...
| | 2008-04-24 | Note : 5/5 | l'anti-visite guidée de l'Egypte Pour le talent et le réalisme sans concession, on peut dire qu'Alaa El Aswani est bien l'héritier de Naguib Mahfouz. Son style et son propos sont juste plus modernes. Son écriture est fluide et précise ; rien n'est superflu.
Au travers des portraits croisés des habitants de l'immeuble Yacoubian, l'auteur nous donne à voir la société égyptienne actuelle et ses problèmes : fatalité de la misère, sort des femmes et des homosexuels, islamisme,... Plus que des histoires, il nous livre un univers avec ses idées, ses images, ses musiques, ses émotions, sa chaleur et sa poussière. C'est sombre, parfois même très sombre et pourtant ce n'est jamais totalement dénué de tendresse ou d'espoir. L'exploit de l'auteur est de ne jamais porter de jugement ni de faire de caricature. Il ne cherche pas à manipuler le lecteur mais semble le respecter assez pour croire en son esprit critique.
L'Immeuble Yacoubian est à tous points de vue un très beau roman à visiter au plus vite!
| | 2008-04-14 | Note : 5/5 | Un grand livre tendre, drôle, cruel, passionnant.
On y est. On voyage : les lieux, les odeurs, les bruits, les amours et les vieilles rancunes, cet immeuble là vit une vie trépidante.
On l'ouvre et on ne le ferme plus. Et quand on l'a finit, on regrette qu'il n'y ait pas encore cent page à lire.
Elodie et Marc
| | 2008-03-15 | Note : 4/5 | Beau livre L'immeuble Yacoubian se trouve au Caire, et a été construit dans les années trente. Il est comme le vestige de temps révolus, mais des gens y habitent toujours, du rez-de-chaussée aux cabanes sur la terrasse, où résident les habitants les plus pauvres. Nous sommes dans les années 90, et les personnages qui se croisent sont les témoins de ce presque nouveau millénaire. On peut voir Taha, fils du concierge, qui voudrait devenir agent de police, puis Boussaïna, jeune et belle femme qui voudrait travailler sans subir les avances d'un patron, ou encore Zaki Dessouki, vieil aristocrate, dont les disputes avec sa vieille soeur Daoulet lui coûteront presque la mise sous tutelle... Il y aussi Hatem, journaliste homosexuel, et Azzam, qui fait des affaires de façons plus ou moins louches...
Ce livre témoigne de la société égyptienne et de la très dure réalité de ce pays. Les gens sont pauvres, corrompus, souvent battus, et l'Islam se développe. Il y a eu la guerre du Golfe, les Américains...
On ressent une certaine souffrance en lisant ce livre, et on est également touché par tous ces différents personnages qui essaient simplement de vivre le mieux possible, en fonction de leurs croyances, qu'ils soient musulmans, chrétiens ou athées. Bref, le portait de ces hommes et de ces femmes est difficile, mais cela nous montre à la fois les rêves, les réussites, ainsi que les échecs et les drames...
| | 2008-03-13 | Note : 4/5 | Un microcosme cairote décrit sans complaisance ni jugement Comme l'a fait Perec dans La Vie, mode d'emploi, Alaa El Aswany a choisi de nous raconter l'histoire des habitants d'un immeuble, en l'occurrence du Caire. Certains sont riches, d'autres pauvres et tous sont victimes de la société égyptienne, dont l'auteur brosse un portrait au vitriol : déterminisme social, corruption, hypocrisie sexuelle, machisme, islamisme, violences policières, fraudes électorales, etc.
L'auteur décrit sans complaisance ni jugement des nostalgiques de la monarchie, d'horribles machos, des vieillards lubriques, des tartuffes, des corrompus, des homosexuels et des homophobes, des jeunes hommes qui se laissent séduire par l'intégrisme et des officiers de police qui cherchent à les briser par des tortures et des sévices sexuels, des jeunes filles qui jouent de leurs charmes pour essayer de survivre, etc. Il nous les montre tels qu'ils sont, dans toute leur humanité, parfois touchante, parfois pathétique, parfois inquiétante. Ces personnes ne sont essentiellement ni meilleures ni pires que d'autres et se débattent tant bien que mal pour se tailler une petite part de bonheur, dans cette vie-ci ou dans la future, dans une société qui leur complique bien la vie.
Ce n'est pas un chef d'Suvre car l'auteur a parfois cédé à la facilité et la fin est un peu abrupte à mon sens, mais ce livre se lit agréablement et permet de mieux comprendre ce qui se passe de l'autre côté de la Méditerranée.
Pour finir, un petit mot de remerciement au traducteur dont les notes aident à mieux saisir le contexte culturel, politique, économique et religieux égyptien.
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