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Les femmes du braconnier

Les femmes du braconnier

Auteur :

Editeur : Actes Sud

Sélection Rue des Livres

C'est en 1956, à Cambridge, que Sylvia Plath fait la connaissance du jeune Ted Hughes, poète prometteur, homme d'une force et d'une séduction puissantes. Très vite, les deux écrivains entament une vie conjugale où vont se mêler création, passion, voyages, enfantements. Mais l'ardente Sylvia semble peu à peu reprise par sa part nocturne, alors que le "braconnier " Ted dévore la vie et apprivoise le monde sauvage qu'il affectionne et porte en lui. Bientôt ses amours avec la poétesse Assia Wevill vont sonner le glas d'un des couples les plus séduisants de la littérature et, aux yeux de bien des commentateurs, l'histoire s'achève avec le suicide de l'infortunée Sylvia.
Attentive à la rémanence des faits et des comportements, Claude Pujade-Renaud porte sur ce triangle amoureux un tout autre regard. Réinventant les voix multiples des témoins - parents et amis, médecins, proches ou simples voisins -, elle nous invite à traverser les apparences, à découvrir les déchirements si mimétiques des deux jeunes femmes, à déchiffrer la fascination réciproque et morbide qu'elles entretiennent, partageant à Londres ou à Court Green la tumultueuse existence du poète. L'ombre portée des oeuvres, mais aussi les séquelles de leur propre histoire familiale - deuils, exils, Holocauste, dont elles portent les stigmates -, donnent aux destins en miroir des "femmes du braconnier" un relief aux strates nombreuses, dont Claude Pujade-Renaud excelle à lire et révéler la géologie intime.

21,30 €
Vendeur : Amazon
Parution :
349 pages
ISBN : 978-2-7427-8849-1
Les avis

Claude Pujade-Renaud qui s’est imprégnée des biographies, des correspondances, des journaux et des poèmes, revisite par un jeu subtil de voix de différents témoins, la complexité des sentiments, les fascinations réciproques et la puissance poétique à l’oeuvre dans ce triangle amoureux.

Florilèges

Dans Chers disparus, je m’interrogeais : comment vivre avec un écrivain ?
Dans Les Femmes du braconnier, la question se modifie : comment deux écrivains peuvent-ils vivre ensemble ? A quel prix, pour eux, leurs proches, leurs enfants ? Deux couples, Ted et Sylvia, David et Assia, liés par la passion de la poésie, se croisent, s’affrontent, se détruisent.
Dans la seconde moitié du vingtième siècle, Sylvia Plath et Ted Hughes furent des figures importantes de la poésie américaine et anglaise. David et Assia Wevill sont beaucoup moins connus, en France du moins. Leurs histoires mêlées sont narrées par plusieurs voix alternées : mère, frère, sœur, témoins multiples, concierge ou critique littéraire, sage-femme ou ami fidèle, médecins. Chacun raconte, s’interroge, commente, interprète, invente, élabore sa propre fiction. Une fiction rythmée par de multiples “traversées”, entre l’Amérique et l’Angleterre notamment.
Le roman commence et s’achève par le terme “zoo” : les animaux – chevaux, ours, abeilles, cerfs, loups, chats, oiseaux – interviennent tout au long du récit, réels mais aussi fantasmatiques, convoqués sinon domestiqués par les poèmes des principaux protagonistes, passionnés du langage comme de l’animalité. Certains animaux accèdent au statut de quasi personnages. Quant au “braconnier” il devient la figure du prédateur poète : prédateur de gibier, de mots, de femmes. Et sur les deux héroïnes aux destins jumeaux planent les ombres de la Seconde Guerre mondiale et de l’Holocauste, ainsi que l’interrogation : qu’en est-il de “l’espèce humaine” ?

Claude Pujade-Renaud

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