 | Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphantsDe Mathias Enard
Editeur : Actes Sud Parution le : 18 Août 2010 ISBN : 978-2-7427-9362-4 EAN13 : 9782742793624
13 mai 1506, un certain Michelangelo Buonarotti débarque à Constantinople. A Rome, il a laissé en plan le tombeau qu'il dessine pour Jules II, le pape guerrier et mauvais payeur. Il répond à l'invitation du Sultan qui veut lui confier la conception d'un pont sur la Corne d'Or, projet retiré à Leonardo da Vinci. Urgence de la commande, tourbillon des rencontres, séductions et dangers de l'étrangeté byzantine, Michel Ange, l'homme de la Renaissance, esquisse avec l'Orient un sublime rendez-vous manqué. | Prix Goncourt des lycéens 2010
Prix conseillé : 17,00 € - Prix : 16,15 € |
Acheter ce livreAmazon
 | | Acheter chez votre libraire Indiquez votre code postal pour trouver les librairies près de chez vous |
Vos avis Excellent roman qui nous fait découvrir les senteurs,les parfums de l'orient du 16ème siècle,dans un style d'une poésie et sensibilité extrêmes, avec Michel-ange dans toute sa splendeur... antigone
|
Commentaires Amazon| 2010-11-02 | Note : 5/5 | Je vote pour lui pour ce Goncourt 2010 !! Ce n'est pas précisément le genre de romans vers lequel je me dirige habituellement. Je ne connaissais pas l'auteur...
Donc, une vraie découverte !
Et aussi une révélation.
Un auteur à l'écriture tout à fait délicieuse et une histoire qui m'a embarquée pour un beau voyage...
Fan de design et d'architecture, j'ai aimé la vision romancée de l'artiste Michel Ange servie par M. Enard, ses émotions, ses admirations, sa façon de travailler.
Et puis, de Florence à Istanbul, il n'en fallait pas moins pour me séduire.
| | 2010-10-31 | Note : 3/5 | Un pont entre deux rives Un pont entre deux rives. Tel est le projet pour lequel Michel-Ange est appelé à Constantinople, en l'an 1406, par le sultan Bajazet. L'on sait peut de choses de ce séjour et Mathias Enard en fait son miel, dans Parle-leur de batailles, de roi et d'éléphants, pour laisser courir son imagination.
Réalité ou fantasme, peu importe. L'Orient agit sur Michel-Ange comme un sortilège et il se retrouve dans un univers parfumé et enivrant qui chamboule ses sens. D'abord "Lost in translation", il n'aura d'autre choix que de succomber.
Le roman de Mathias Enard peut se lire de mille et une façons. Comme un portrait du génial sculpteur de David, qui n'est pas encore au faîte de sa gloire, lui qui s'évalue d'abord en fonction de Vinci, son aîné abhorré. Comme la découverte d'un monde nouveau, qui change et élargit son regard sur l'art, en général, et la vie, en particulier. Comme une initiation amoureuse, entre homo et hétérosexualité, ente chasteté et luxure. Les rapports ambigus qu'il entretient avec le poète Mesihi, donnent l'occasion au romancier d'écrire ses plus belles pages, celles de la frustration et du désir amoureux.
Une danseuse andalouse, à l'instar de Shéhérazade, s'immisce dans le récit, narrant à Michel-Ange contes et légendes, lovée contre son corps endormi. Enard maîtrise ainsi, avec bonheur, réalisme, onirisme, fantasmagories.
Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants nous fait la courte échelle entre deux civilisations, entre ce qui a été et ce qui aurait pu être. Comme un pont entre deux rives.
| | 2010-10-28 | Note : 3/5 | Aux portes de l'orient Michel Ange fit, en 1506, un voyage à Constantinople, à la demande du sultan Bajazet, pour construire un pont sur le Bosphore. À partir de cet événement qui appartient à l'histoire, Mathias Enard nous raconte ce qu'aurait pu être ce séjour dans la capitale orientale. Michel Ange est encore un jeune artiste, il n'a pas réalisé le plafond de la Chapelle Sixtine, on peut supposer que son séjour a ressemblé à ce récit sensuel, qu'il a été fait de saveurs, d'images, de sensations, d'odeurs et que tout cela l'a influencé. Ensuite, qu'importe la réalité, seul demeure l'empreinte de ce voyage dans toutes ses ?uvres à venir.
Un très beau conte.
| | 2010-10-22 | Note : 4/5 | quelques mois oubliés de la vie de Michel-Ange En 1506, alors que Michel-Ange s'est réfugié à Florence après avoir fui Rome à cause de continuelles fâcheries d'argent avec le pape-guerrier -et pingre!- Jules II de la Rovère dont il a élaboré le pharaonique tombeau, il reçoit une invitation du Sultan Bajazet à venir à Byzance afin de créer un pont sur la Corne d'Or... exaspéré par le silence papale il accepte de se rendre à la cour de l'infidèle... ce court roman est une évocation poétique brodant sur des faits historiques dûment retrouvés par Mathias Enard, il nous sert un Michel-Ange ombrageux, persuadé de son génie et du mépris des grands, soucieux de sa famille restée à Florence, incapable d'amour pour autre que ses oeuvres, haineux envers le vieux Léonard qui avait avant lui élaboré un pont irréalisable, succombant toutefois aux charmes ambigües d'un danseuse androgyne et andalouse, ne voyant pas la passion qu'il suscite chez le calligraphe/poète Mesihi favori du grand vizir Ali Pacha, ni les complots inévitables à toutes cours, s'inspirant pour le futur de sa longue carrière de l'architecture de Sainte-Sophie ou des mouvements bigarrés de la vie byzantine pour certains détails de la voute de la Sixtine (dixit Mathias Enard)... un tremblement de terre dévastateur en 1509 a détruit les piliers de ce fameux pont en même temps que de nombreux bâtiments de la ville ainsi que des milliers d'êtres humains ; une écriture sensible et simple, une histoire forcément imaginaire sur les faits et gestes du génie qui remplissent le silence du peu d'archives conservées, assez plaisant mais un peu court d'après moi -cela manque de souffle-, j'aurais mis entre trois et quatre étoiles.
| | 2010-10-18 | Note : 5/5 | Art, amour et jalousie Comme le titre me le laissait supposer, Mathias Enard nous raconte une merveilleuse histoire en Orient. Et le lecteur est sous le charme, devant cette écriture poétique et enchanteresse.
Non seulement, j'ai découvert une page historique de la vie de Michel-Ange et ainsi compris une partie de son inspiration lors de son ?uvre sur La chapelle Sixtine, mais j'ai suivi les passions d'un homme;
Les relations humaines sont ici parfaitement décrites. Michel Ange est un artiste colérique et jaloux.
Déçu par l'intérêt du pape Jules II, il quitte l'Italie à la demande du sultan de Constantinople, ravi d'y construire un pont et de dépasser le génie de Léonard de Vinci.
Avec lui, on rêve à chaque débarquement des navires marchands, on découvre l'architecture de Sainte-Sophie, on erre dans les quartiers d'immigrés espagnols.
J'ai vibré sous ses accès de colère, souri devant sa passion pour cette jeune danseuse espagnole et j'ai été émue par la passion du poète Mesihi.
Le passage où la danseuse se questionne avant sa tentative de meurtre est remarquable ainsi que tous les chapitres sur le questionnement humain (amour, ambition, jalousie, conspiration).
Ce livre est incontestablement un des meilleurs de la rentrée littéraire.
| | 2010-10-06 | Note : 5/5 | Excellent! Un roman splendide où le dépaysement dans une ville mythique côtoie simplement l'architecture idéale d'un monde passé. Tout en finesse et en sentiments, ce livre exalte les sens et nous fait découvrir un Michel-Ange en émerveillement devant la beauté des êtres et des choses. On apprend, on rêve, on voyage et on lit des phrases magnifiques. Ce livre est entré dans mon anthologie. Il faut le lire!
| | 2010-10-01 | Note : 3/5 | Fin précipitée "Parle leur ..." est le récit imaginaire de l'expérience byzantine de Michelangelo Buonarroti (Michel Ange). On retrouve dans ce roman des éléments de composition qui induisent au lecteur le sentiment de participation directe. Pour ceux qui ont déjà visité Istanbul, l'apparence visuelle, olfactive (et historique) est saisissante. Il s'agit là des points forts du roman.
Toutefois, si le début réside sur la construction épique maitrisée, le rythme se précipite et la fin me laisse le sentiment d'un délai éditorial manqué... avec "les noeuds" (grossiers) nécessaires pour que la soie brodée jusque-là "se tienne". Encore, c'est juste le sentiment personnel.
| | 2010-09-30 | Note : 3/5 | Michel-Ange en Turquie Année 1506. Michel-Ange, le génie florentin, fuit Rome, capitale du vice et de la manigance, en tournant le dos au pape Jules II incapable d'honorer ses engagements financiers. Sans le sous et misérable, l'orgueil rabattu par les puissants de ce monde qui non pas de scrupule à oublier leurs dettes, maudissant ses rivaux qui fomentent complots sur complots pour le destituer, Michel-Ange finit par répondre aux sirènes de l'Orient : le sultan Bajazet lui fait parvenir une requête l'invitant à se rendre à Constantinople pour élaborer un pont qui enjambera la Corne d'Or et reliera Péra à la capitale ottomane. Projet ambitieux, porteur d'une reconnaissance illustre, sur lequel le grand De Vinci a déjà brisé ses mines. Michel-Ange, aussi bien attiré par l'appât du gain que par la perspective du dépaysement, ne tarde pas à accepter. Il rejoint donc la ville de lumières, et découvre, dans ce pays étranger où les minarets ondulent dans l'incandescence du jour, des coutumes, des us, des dialectes, toute une culture qui le fascine. Mais Michel-Ange, loin de ses proches et de sa patrie, se sent aussi seul, et parfois perdu, en dépit de la correspondance qu'il entretient avec ses frères. Il y a pourtant Mesihi, secrétaire du grand vizir Ali Pacha, poète reconnu et respecté, qui remplit parfaitement son rôle d'hôte prévenant, faisant découvrir au florentin les charmes inépuisables de sa cité : la basilique Sainte-Sophie, chef-d'aeuvre d'architecture et d'harmonie qui laisse Michel-Ange étourdi ; les marchés et les bazars en plein air, où s'entassent animaux, marchandises, trésors de tous horizons, bibelots et merveilles ; les nuits dans les tavernes, où danseurs, poètes et musiciens unissent leurs talents pour hypnotiser les foules plongées dans les vapeurs capiteuses de l'alcool et de l'opium... C'est d'ailleurs au cours de l'une de ces nuits que Michel-Ange tombe sous les charmes d'une danseuse andalouse à la chorégraphie obsédante, à la silhouette séraphine. Dans cette existence oisive, l'artiste florentin tarde à livrer les plans de ce qui devrait être son chef-d'aeuvre. Il doit la naissance de sa création à Mesihi, l'hôte fidèle, qui le conduit jusqu'au caeur palpitant de sa cité et de sa culture, là où la magie et l'amour s'unissent pour percer les caeurs étrangers et faire vibrer les émotions à fleur de peau. Sans que Michel-Ange puisse le soupçonner, une relation forte unit les deux hommes : Mesihi, amoureux silencieux qui gareras tus ses sentiments, sera aussi le protecteur de Michel-Ange. Car comme dans toutes capitales, à Constantinople comme à Rome, les complots tissent la trame souterraine de la vie politique. Et sans le savoir, Michel-Ange est une fibre de cette vaste toile. Un fil que certains désirent trancher...
Après un « Zone » couronné par le prix Décembre 2008 et le prix du livre Inter 2009, Mathias Enard nous revient dans un registre résolument différent. « Parle-leur de batailles... » repose sur une thèse défendue par l'écrivain et bon nombre d'historiens : en 1506, Michel-Ange aurait voyagé jusqu'à Constantinople pour y bâtir, sur commande du sultan, un pont joignant Péra à la capitale. Les indices laissés à la postérité, et étayant cette thèse, sont consignés en fin d'ouvrage et ouvrent effectivement les portes à l'imagination : le croquis d'un pont, conservé au musée des Sciences de Milan, l'invitation du sultan, notifiée par Ascanio Condivi, biographe et ami de Michel-Ange, les lettres de l'artiste adressées à ses frères et reproduites par Michel-Ange dans son roman. Des indices significatifs, donc, sur lesquels s'appuie l'écrivain pour broder sa fiction. Car, bien que sérieusement documenté, « Parle leur de batailles... » demeure avant tout une aeuvre romanesque. Dans sa construction, tout d'abord : trois types de narrations cohabitent au sein du texte. La première, et principale, à la troisième personne, mettant en scène le périple du Michel-Ange dans la capitale ottomane. La seconde, une série d'apostrophes, composées à la seconde personne, de la main d'un auteur inconnu - on soupçonne le poète Mesihi, mais on se trompe... - et destinées à Michel-Ange, dans un tutoiement intime et épicé, qui souligne toute la saveur et la chaleur d'un amour nocturne. De l'identification de cet émetteur dépend la chute du roman, et lorsque celle-ci survient, elle ne manque pas de produire sur le lecteur son petit effet. Troisième narration, enfin, celle des lettres de Michel-Ange, à la première personne, adressées à ses frères éloignés. Une aeuvre romanesque, « Parle leur de batailles... » l'est aussi, et au-delà de sa forme, dans le fond. Si la thèse soutenue par l'écrivain est étayée au fil du texte par différentes supputations judicieuses que la réalité semble corroborer - la fresque ornant le plafond de la chapelle Sixtine aurait clairement été influencée par ce voyage oriental de l'artiste florentin : les scènes de vie dont aurait été témoin Michel-Ange auraient nourris son inspiration - cette hypothèse demeure le canevas, l'assise sur laquelle vient se déployer la prose attractive et évocatrice de l'écrivain et son imagination puissante : « Parle-leur de batailles... » prend en effet rapidement la tournure d'un roman d'évocation, pour ne pas dire d'invocation : le voyage, le dépaysement, la découverte, et avant tout l'amour constituent le tissu du récit. Etranger en terre inconnue, Michel-Ange vat à la rencontre du joyau ottoman avec le regard émerveillé d'un enfant : sous la plume généreuse et méticuleuse de l'auteur, les lieux, les situations, les personnages, l'éclat des couleurs, les fragrances multiples des parfums et des odeurs, tous les éléments de ce faste tableau se parent d'une luminosité exotique presque miraculeuse, d'une incandescence à la fois riche et exubérante qui fait littéralement renaître la capitale sous les lignes, nouvellement habillée de mots. Les odeurs, les sons, les bruits, les musiques, les dialectes, tous ces ingrédients qui font de la cité le caeur palpitant de l'empire ottoman se mêlent et se réfractent, s'assemblent et se complètent, magnifiés par la prose de l'auteur, pour étourdir et aveugler Michel-Ange autant que le lecteur. Tout vibre de lumière. Tout baigne de chaleur. Si voyage et dépaysement forment les arches solides soutenant l'édifice romanesque, la thématique de l'amour en constitue sûrement la clef-de-voûte : l'amour, en premier lieu, que croit nourrir Michel-Ange à l'endroit de la danseuse andalouse au charme magnétique. Amour platonique, pourtant, qui demeurera de surface. Plus important, l'amour tu que voue le poète Mesihi au génie florentin et qui ne trouvera malheureusement pas, dans le temps du roman en tous cas, de réciprocité. Un lien indéfectible unit pourtant ces deux hommes, et c'est ici que le travail de l'écrivain impose une habileté certaine : cet amour, dans l'imaginaire de Mathias Enard, vient étayer la thèse historique défendue : « Parle-leur de batailles... » se découvre ainsi comme le roman d'un amour inavoué, demeuré telle une phrase en suspens, dans l'expectative de la réalisation d'un fantasme enfoui, insatisfait par essence car inassouvi : détourné des élans profonds de son caeur par l'effervescence superfétatoire et hypnotique d'un monde nouveau et le charme exotique des êtres de chairs, Michel-Ange refuse de répondre aux avances silencieuses du poète épris. Ce n'est que bien plus tard, de retour dans sa patrie, loin du bouillonnement de la cité ottomane ensoleillée que l'amour inavoué ancrera pourtant ses racines dans le caeur de l'artiste florentin, et que le visage de l'être aimé en secret, ce lointain poète, viendra hanter sa mémoire jusqu'à influer sur son aeuvre : le visage d'Adam, constituant l'un des éléments de la fresque de la chapelle Sixtine, c'est la reproduction du visage de l'être chéri, et ces deux doigts qui se frôlent sans se toucher, le symbole d'un amour existant, réel, mais demeuré irrésolu, soluble dans la lente fuite du temps.
| | 2010-09-24 | Note : 3/5 | Partagée! Une toujours très belle écriture, des descriptions d'une Istanbul du 16 ème siècle comme on l'imagine, une histoire qui tient la route.
Mais c'est curieux, pour moi la sauce ne monte pas, je dirais que je me suis ... ennuyée.
Peut être qu'époustouflée par "Zone", j'attendais autre chose?
Peut être que ce roman très court, ne m'a pas suffit pour rentrer dans la magie de l'orient?
A relire peut être plus tard!
| | 2010-09-08 | Note : 4/5 | Le pont et la dague Au début du XVIème siècle, Michel Ange, en mission à Istanbul, dans l'emploi inattendu d'architecte pour la construction d'un pont. Un récit (un rêve ?) reconstruit à partir de quelques éléments historiques. Dans un style élégant et concis, une rapide et forte évocation des affres de la création chez un génie, rendu familier par l'esquisse de ses humeurs, de ses intrigues, de ses amitiés et de ses amours. En toile de fond, le contexte politique Orient-Occident, si complexe. Une complète réussite, dans l'esprit de ces objets précieux de la Renaissance et de l'empire de la Sublime Porte, comme la dague de damas noir rehaussé d'or dont il est question dans ce beau texte qui lui fait écrin.
| | 2010-09-08 | Note : 4/5 | Michel-Ange face à lui-même 1506. Le sculpteur Michel-Ange débarque à Istanbul sur un coup de tête, à l'invitation du sultan Bayazid. Ce dernier souhaite faire bâtir un pont, le plus magnifique, par-dessus la Corne d'Or.
Fin connaisseur du Moyen-Orient, Mathias Enard livre un roman subtil sur la rencontre entre l'artiste et une ville envoûtante. Moins roman historique qu'introspection distante d'un génie face à ses faiblesses et ses doutes, Parle leur de batailles, de rois et d'éléphants est un voyage aux parfums délicats et entêtants.
|
Donnez votre avis  Vous devez être inscrit pour poster un avis sur ce livre. Pour vous inscrire, cliquez ici.
|