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Station Eleven

Station Eleven

Auteur :

Editeur : Rivages

Dans un monde où la civilisation s'est effondrée suite à une pandémie foudroyante, une troupe d'acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Un répertoire qui en est venu à représenter l'espoir et l'humanité au milieu de la désolation.

Traduit de l'anglais (Canada) par Gérard de Chergé.

24,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
480 pages
ISBN : 978-2-7436-3755-2
Les avis

La presse en parle

Dans ce roman post-apocalyptique, la chute de l'humanité se fait tout en douceur. L'occasion d'un bel hymne à l'art, qui nous sauvera tous.

Depuis Dernière Nuit à Montréal (2009), la Canadienne Emily St. John Mandel jongle avec les genres littéraires et montre un sens aigu de la construction narrative. Une maîtrise formelle dont l'objectif unique est de mettre en avant le sujet qui l'obsède : l'égarement des individus, la disparition des repères. Station Eleven, son quatrième roman, débute quelques heures avant « la catastrophe ». Ce soir-là, le comédien Arthur Leander, qui interprète Le Roi Lear à l'Elgin Theatre de Toronto, s'écroule sur scène. Il est l'une des premières victimes de la grippe qui va terrasser 99 % des habitants de la planète. Les survivants doivent s'accoutumer à vivre dans un monde post-techno­logique. Bientôt, ils redécouvrent les gestes ancestraux des chasseurs-cueilleurs, conservant comme seuls biens la mémoire du passé et la culture artistique éternelle. De fait, quelque vingt ans après l'épidémie, une troupe théâtrale, La Symphonie itinérante, parcourt des kilomètres pour jouer Shakespeare et Beethoven...

En alternant les époques, Emily St. John Mandel tisse une histoire mélancolique qui n'a rien à voir avec l'apocalypse — pas de visions effrayantes dans ce livre-puzzle. Grâce à la beauté de son écriture, la romancière compose un univers-miroir. Ainsi La Symphonie itinérante n'existe-t-elle que pour refléter la réalité d'hier, recomposer le monde perdu à usage des civilisations futures. Tandis qu'une bande dessinée titrée Station Eleven passe de main en main, évoquant, de manière presque divinatoire, l'avenir de l'homme. Le message de la romancière se niche loin du Jugement dernier ou de la dénonciation des faux prophètes et autres gourous profiteurs ; il est plutôt que, face au deuil, à la désolation, à la solitude, l'art permet de survivre et d'éviter le retour à l'état sauvage.

Christine Ferniot, Télérama.


Avec Station Eleven, son quatrième livre, prix Arthur C. Clarke 2015 et finaliste du prestigieux National Book Award aux Etats-Unis, Emily St. John Mandel a franchi plusieurs frontières invisibles : du roman noir à la science-fiction, d’un petit éditeur au géant Knopf, de l’estime critique au succès populaire. Elle a, il est vrai, décuplé son ambition littéraire (« C’était comme passer d’un quatuor à une symphonie »). Résultat : ce récit, où s’entrecroisent une multitude de destins, s’est vendu à un demi-million d’exemplaires en Amérique du Nord, 150 000 au Royaume-Uni. Il a été traduit en 27 langues et ses droits ont été cédés au cinéma. A ses débuts, l’auteure, installée à New York depuis une décennie, avait essuyé plusieurs refus d’éditeurs. Ceux-ci jugeaient Dernière nuit à Montréal (Rivages, 2012) insuffisamment ancré dans un genre romanesque, trop « calme » pour un polar. Or, précisément, Emily St. John Mandel est une musicienne de la prose qui sait faire vibrer le silence. A une intrigue solide, elle marie l’art de l’ellipse. Elle n’appuie aucun trait. Son ton mélancolique épouse à la perfection ses thèmes de prédilection : la perte, la mémoire, l’errance.

Macha Séry, Le Monde des livres

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