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Cinq matins de trop
De Kenneth Cook
Editeur : Autrement
Parution le : 13 Avril 2006
Sélection Rue des Livres

« Voilà une caractéristique bien particulière des gens de l’Ouest, songea Grant. Tu peux coucher avec leurs femmes, spolier leurs filles, vivre à leurs crochets, les escroquer, faire presque tout ce qui te frapperait d’ostracisme dans une société normale : ils n’y prêtent guère attention. Mais refuser de boire un coup avec eux et tu passes immédiatement dans le camp des ennemis mortels. Et merde, à quoi bon ? Il ne voulait même plus penser à l’Ouest, à ses habitants et à leurs manies. Laissons-les tranquilles. Une fois à Sydney, qui sait, il ne remettrait peut-être plus jamais les pieds ici. »
Jeune instituteur planté au fin fond de l’Outback, cœur de l’Australie, John Grant doit passer la nuit à Bundanyabba avant de prendre l’avion pour des vacances à Sydney. Il dépose ses valises à l’hôtel, va boire un verre et jouer dans l’un des nombreux pubs de cette petite ville surchauffée et poussiéreuse, où tout le monde s’ennuie…

Thriller atypique, à la fois initiatique et nihiliste, Cinq matins de trop nous transporte dans le cauchemar éveillé d’un homme ordinaire, autant acteur que spectateur, petit à petit enchaîné à l’alcool, au jeu, au sexe, à la violence, à l’autodestruction.

La presse en parle

Kenneth Cook, impitoyable avec son personnage, l’est tout autant avec son pays. Il y radiographie la démence de gens miséreux, si éloignés de toute civilisation qu’ils en sont comme lobotomisés, et effrayants. Avec Cul-de-sac (Série noire et Folio), l’Américain Douglas Kennedy avait imaginé dans le même fin fond de l’Australie une aventure cruelle, si cruelle qu’elle en était presque drôle. Cinq Matins de trop, roman de la folie, de la désespérance, de l’autodestruction, devenu un classique en son pays, est, lui, un livre qui cogne. Dur. Et on en redemande !

Martine Laval, Télérama

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