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N'apprends rien d'eux sinon tu vas mourir

N'apprends rien d'eux sinon tu vas mourir

Auteur : Gilles Hanauer

Editeur : Publibook

Jeune provinciale, Myrtille se décide à monter à Paris une fois son diplôme en main, afin de se confronter au monde du travail et d'intégrer une multinationale. Certes elle n'a que peu d'expérience, certes elle ne connaît rien à la vie parisienne, mais elle est loin d'être une totale ingénue. Et c'est néanmoins avec stupéfaction qu'elle découvre un monde véritablement ubuesque, qu'il s'agisse du service marketing, du commercial ou des ressources humaines. Un monde dont elle ne tardera pas à gravir les échelons l'un après l'autre, à sa grande surprise, d'ailleurs. Un monde dans lequel elle trouvera l'amour, ou presque...

Réaliste, féroce, drôle, émouvant, ce livre nous fait découvrir les folles coulisses de la vie en entreprise, loin des clichés habituels sur l'efficacité et le réalisme économique. Gilles Hanauer a travaillé longtemps dans une multinationale qui n'a, évidemment, aucun rapport avec celle qu'il décrit ici... On avait apprécié la poésie un brin orientaliste de Tiède respiration d'automne, on avait exploré tout le talent de nouvelliste et le style de Gilles Hanauer dans Récits proches, c'est avec plaisir qu'on le découvre dans cette chronique sociale contemporaine, écrite avec un humour froid, un ton décalé, parfois sarcastique. Les personnages sont croqués à la perfection, les dialogues sont savoureux et percutants, et le tout constitue un conte urbain au réalisme saisissant. Les cadres et employés d'entreprises pourront jubiler en lisant ce livre...

25,37 €
Vendeur : Amazon
Parution :
356 pages
ISBN : 978-2-7483-3652-8
Extrait

Depuis deux jours un mælström d'émotions ne cessait de me tarauder. Tout n'était plus qu'un vague souvenir, englouti dans le désastre de ma vie présente.
Au fond, à bien y réfléchir, avec ce réalisme inné me caractérisant, seule la première minute de mon aventure avait été exceptionnelle.

Maintenant encore, je ressentais le presque frisson qui m'avait secoué à la descente du train m'amenant de Bordeaux. Me glissant le long du TGV pour éviter la foule, la loco choisit ce moment pour lâcher un assourdissant pschiiiiiiiiit ! Une frayeur joyeuse de jeune fille m'avait secouée d'une onde qui avait fini par s'échouer généreusement dans le creux de mon pubis.
- Vierge Marie ! m'étais-je écriée étourdiment, c'est Paris !

Les émotions ont tendance à me rendre ampoulée. Mais n'est-il pas vrai que certains jours, il est à se demander si la réalité ne supplante pas nos rêves ? Ce fut, allez savoir pourquoi, un de ces moments décisifs. Un de ces moments où l'on sent que sa propre vie bifurque sans pouvoir la retenir.
Ce fut tout. Hélas.
Car il y eut ensuite l'anicroche avec cette femme. Enfin, je devrais dire avec ma dingue de mère, toujours anxieuse au-delà de l'imaginable.
A peine descendue du train, engoncée dans une cabine téléphonique crasseuse, déjà contrariée de cette faiblesse qui me tenait sous la dépendance de parents névropathes, névropathes d'inquiétude, j'avais joué les enthousiastes.
- Maman ! C'est Myrtille ! Te rends-tu compte, je suis enfin à Paris !
Comme prévu, le dérapage immédiat me gifla :
- Enfin ma petite Myrtille ! Tu aurais pu quand même appeler plus tôt !
- Mais M'man, j'étais dans le train et...
- D'accord, d'accord, mais heureusement que tu appelles, enfiiiiin.
La voix était anormalement soulagée. J'eus un pressen­timent.
- Il y a un problème ?
- Non, non, pas exactement...
- Mais... ?

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