| L'Agriculture intensive comme laboratoire de la régression sociale : Division internationale du travail et gestion coloniale de main-d'oeuvre. Andalousie, Maroc et sud de la France, 1950-2005 De Patrick Herman Editeur : Agone Parution le : 19 Janvier 2007
Ce livre retrace, au travers de la vie de deux femmes, la naissance puis l'emballement, depuis les années 1990, de l'agriculture intensive dans la production maraîchère et fruitière. Issues d'une civilisation paysanne en voie de disparition, l'Espagnole Mercédès Garcia et la Marocaine Naïma Farrie témoignent de la violence produite par un système où les paysans ont laissé la place à des entrepreneurs, voire à des "agri-managers". Pour une main-d'oeuvre privée de toute protection, cette violence commence sur les lieux de travail : travailler par 45 ou 50 degrés dans les serres, faire des journées de 10 ou 12 heures, tenir la cadence de ramassage, subir le contact des produits toxiques, etc. Elle se poursuit sur les lieux d'habitation avec des conditions souvent indignes d'hébergement. Elle se traduit dans l'espace public, où ces ouvriers agricoles venus d'ailleurs sont tout juste tolérés, s'ils ne subissent pas le racisme comme mode de gestion de l'ordre social. Cette violence n'est pas l'expression de quelques "excès regrettables" mais la manifestation la plus aboutie d'un programme, celui de la division internationale du travail et de la mise en concurrence des territoires et des mains d'oeuvre. Sur le territoire euroméditerranéen notamment, on retrouvera le dernier cri du "modernisme politique" retrouver les méthodes de la gestion coloniale agricole la plus traditionnelle. |