Henri Ghéon, camarade de Gide : Biographie d'un homme de désirs
Ami intime d'André Gide, l'écrivain Henri Ghéon (1875-1944), dont la conduite était jusqu'alors considérée comme amorale, se convertit à l'âge de 40 ans. Ce livre retrace son itinéraire personnel, littéraire et spirituel.
En 1897, Henri Ghéon fait la connaissance d'André Gide. Les deux écrivains arpentent les boulevards parisiens et les ports en quête d'aventures. Dispersion et voracité sensuelle alternent chez l'homme prolixe, généreux et amoral qu'est Ghéon, avec des phases de travail acharné.
Il prend, aux côtés des révisionnistes, parti en faveur de Dreyfus, participe à la création de La Nouvelle Revue Française et collabore aux Décades européennes. C'est un critique prolifique. Ghéon entreprend aussi la rédaction d'un plaidoyer en faveur de l'homosexualité.
Son oeuvre est inséparable de son cheminement personnel, qui le conduit d'une existence dominée par la débauche des sens à celle d'un croyant qui s'interdit toute pratique sexuelle. Les prémisses de l'évolution spirituelle de Ghéon apparaissent lors d'un voyage en Italie. Il a 36 ans.
Cette secousse sera contrebalancée par le décès de sa mère. L'omniprésence de la mort précipite son retour à la foi de son enfance. Dès lors, ses personnages de fiction sont confrontés à des choix de nature essentielle. Par ailleurs il s'attache à la rénovation du théâtre chrétien.
Le retour à la foi de Ghéon marque son éloignement de Gide. Soucieux de transmettre un message, il affirme aux générations futures " qu'il y a un recours, qu'il existe une société de laquelle aucun homme, aucun pécheur, aucun paria de la chair n'est exclu, la société chrétienne, la société de l'Église. "
La perspective adoptée par Catherine Boschian-Campaner est celle de la neutralité de l'enquêteur qui collationne les indices sans a priori et sans se livrer à la censure. Pour la première fois avec cet ouvrage, la vie et l'oeuvre de Ghéon sont considérées au regard de l'histoire.
