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La Séquestrée
De Charlotte Perkins Gilman
Editeur : Phebus
Parution le : 20 Mars 2008

Une jeune mère tombe en dépression grave et accepte de se faire soigner selon une méthode nouvelle: une «cure de repos» d'un genre radical, qui s'apparente en fait à une séquestration pure et simple. L'idée du mari médecin: après un régime de privation si draconien, la femme livrée à des idées d'émancipation n'aura qu'une idée... échapper à sa prison pour retrouver enfin une vie «normale» et les doux plaisirs du foyer. Cependant, l'héroïne de La Séquestrée- ainsi qu'avait fait l'auteur avant elle - ne réagit pas comme l'avait prévu la Faculté. Enfermée dans une chambre tapissée de jaune où elle n'a d'autre loisir que de se vautrer sur le lit qu'on lui a préparé à même le sol, ou de se casser les ongles contre une porte fermée à clé derrière laquelle le mari veille, elle s'enfonce dans l'étrange régression qu'induit cette situation inédite... mais pour mieux se convaincre que celle-ci ne diffère en rien de celle que la société a voulue pour elle.

  • [Poche]

  • Commentaires Amazon

    2008-05-04Note : 4/5
    la chambre jaune
    Annoncé ici ou là comme un chef-d'oeuvre, je me suis arrêtée sur cette très courte nouvelle de Charlotte Perkins Gilman datant de 1890, une quarantaine de pages augmentées d'une lumineuse postface.
    Car je l'avoue, sans les notes de Diane de Margerie, j'aurais peu goûté cette aeuvre.
    Une jeune femme souffrant de dépression post-partum est conduite et contrainte au repos par son mari médecin dans une chambre d'enfants bien étrange, au papier peint jaune mouvant qui la fait délirer. Dans une maison louée pour l'été et abandonnée dans un bien curieux état, cette jeune mère est privée de tout, soi-disant pour son bien...
    Etrange et fantastique, je reste sur ma faim, peu satisfaite par cette nouvelle.

    Puis Diane de Margerie explique le contexte de son écriture. Il semble que l'auteur se sentait bien proche de son personnage, ayant elle-même souffert de sa maternité et de dépression postnale alors que ce genre de traitement semblait logique... Si perturbée par cette maternité, elle abandonnera d'ailleurs sa fille à son mari (et sa nouvelle compagne qui n'est autre que sa meilleure amie) lors de son divorce. Contemporaine d'Alice James (la saeur d'Henry James) et d'Edith Wharton, elle livre d'intéressantes idées sur la société de l'époque et l'écriture féminine pas toujours acceptée (parce que synonyme d'indépendance et de liberté de pensée), tout comme dans sa nouvelle où le mari interdit à sa femme toute activité de l'esprit, écriture et lecture. Il s'agit donc bien d'un tableau de la femme soumise à son époux et trop souvent vouée au sacrifice. Féministe avant l'heure, elle s'est intéressée de près à ces questions sociales en devenant conférencière sur les Droits de la Femme, plus épanouie et libre lors de second mariage.

    Un petit livre qui vaut le détour (ça ne fait jamais de mal de revenir aux classiques) mais qui pour ma part est indissociable du travail de Diane de Margerie si l'on veut pouvoir l'apprécier à sa juste valeur.


    2008-04-04Note : 5/5
    Attention, chef d'oeuvre !
    Si la courte nouvelle de Charlotte Perkins Gilman n'était qu'un texte fantastique, elle serait déjà à mettre à la hauteur du Horlà de Maupassant.
    Mais comme le montre la lumineuse postface de Diane de Margerie, La séquestrée est bien plus qu'un exercice de virtuosité.
    Cette femme qui visiblement souffre de dépression post-partum est isolée par son mari médecin dans une ancienne nurserie mise à mal, de bien étrange façon, par ses précédents occupants. Mais c'est le papier peint surtout qui fascine l'héroïne et la fait sombrer dans d'étranges réflexions. Quant au bébé, mentionné deux fois en passant et de manière bien désinvolte, il n'est qu'un prétexte à cet enfermement. ce qui se joue ici est davantage de l'ordre d'une lutte , d'autant plus sans merci qu'elle est souterraine, entre l'Homme , dominateur qui a la science de son côté et la Femme apparemment soumise à son destin naturel , la procréation.
    Diane de Margerie met aussi en lumière la vie hors du commun de l'auteure : elle fait attendre 25 ans son fiancé avant de l'épouser et de lui donner une fille. Fille qu'elle confiera après son divorce à son mari et à la nouvelle épouse de celui-ci, qui n'est autre que sa meilleure amie !
    50 pages de pur bonheur !

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