 J’ai décidé de m’en foutre Alexandra Varrin, éd. Léo Scheer, 329 pages
Alice Deschain, ente vingt et trente ans, a des misères d’avec son boulot, d’avec les pompiers qui lui défoncent sa porte d’appartement sous le prétexte d’un départ de feu, d’avec sa vieille voisine qui lui embarque son meuble livré par mégarde en son absence, d’avec Gros Lapin Naze qui se fout de sa relation avec elle mais se meurt du vide de l’absence qu’elle provoque au bout de deux ans d’une relation commencée par le Net, et restée virtuelle malgré quelques moments physiques fugaces, et d’autres, mais se prend des bouffées d’oxygène en faisant la groupie lors d’un concert des Rammstein pour obtenir un pass aftershow, se fait inviter à une soirée SM, et tout cela, entrecoupé de coups de téléphones de maman et mémé franc- comtoises. Elle a fui cette région lugubre en hiver avec sa copine Louison et est devenue parisienne.
Alexandra Varrin nous livre les impressions d’une difficulté à vivre de son personnage, avec un regard presque cynique, avec le recul de l’observatrice, aussi bien sur les autres que sur elle-même et ne se la raconte pas. Lucide.
p. 133 : Autrement dit, la groupie n’a pas attendu la star pour être complètement malade mais, malheureusement, la star lui permet un transfert total de tout ce qui ne va pas chez elle.
Elle dévoile une sensibilité sous le vernis de l’arrogance et de l’insolence. Les quelques anicroches, ici et là (… tous les sens du terme ne me mènent (pas) nulle part.), pour quelques phrases ne déparent pas son écriture, et l’envie de suivre les mois que sa narratrice nous découvre tout au long de cette année ne s’étiole pas. L’humour également presque en décalage avec les passages je t’aime… un peu… absolument… passionnément… d’une profondeur où l’écrivain nous prouve qu’elle l’est bel et bien, écrivain. Tout cela ponctué de notes de l’auteur en bas de page qui nous montre sa distance avec l’écrit.
p. 23 : Délester le chariot des encombrants inutiles, kärchériser les souvenirs pénibles, trier le constructif pour qu’elle puisse s’y appuyer, javelliser le présent pour assainir l’avenir.
p.80 : L’amour, c’est quand on se demande si les gens vont bien et ce qu’on pourrait faire pour qu’ils aillent encore mieux, quand on sait ce qu’il faut faire pour ça et qu’on le fait sans attendre qu’il demande quoi que ce soit.
Petit à petit, le socle familial se divulgue et nous fait entrevoir les questionnements, les doutes, les mises en abîme de la narratrice jusqu’à … Celui qui peut prétendre inverser la tendance et faire plier la réalité sous la simple force de sa volonté, il n’est pas encore né. YEDOV
 Récit frais d'une jeune femme de vingt cinq ans et qui au final, veut peut-être nous dire qu'elle ne s'en fout pas tant que ça. Ecriture avec humour, traitant de ses relations avec les autres et tout y passe : mère, grand mère, amis, amour etc... Une jeune "bombe atomique" qui prouve qu'elle a un cerveau et qu'elle sait s'en servir. Une blonde qui pense et qui casse... YEDOV
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