 Cliquez pour agrandir | La politique et l' olympisme moderne De Alain Lunzenfichter, Marie Lunzenfichter Editeur : Atlantica Parution le : 10 Avril 2008
L'olympisme et la politique n ont jamais été très éloignés l'un de l'autre. Dès le début de l'histoire des Jeux, son rénovateur Pierre de Coubertin a dû oeuvrer afin que certains hommes politiques s'y intéressent et que d'autres ne lui volent pas son idée. Puis, peu à peu, avec leur succès grandissant, les Jeux olympiques ont fait l'objet, certes de batailles sportives, mais aussi d'affrontements politiques.
Durant la guerre froide, chaque camp voulait montrer sa supériorité à travers les succès de ses athlètes. L'arrivée des Soviétiques aux Jeux d'Helsinki en 1952 a complètement changé la donne dans un univers où les Américains étaient jusque-là rayonnants et intouchables.
La montée en puissance des pays de l'Est, les victoires des athlètes de la RDA étaient « chargées » d'un message politique plus encore que le boycott des Africains en 1976, des Américains en 1980 et celui des Soviétiques en 1984. La popularisation du sport et l'arrivée de l'argent dans l'olympisme font de l'organisation du plus grand événement sportif mondial un enjeu très important. Dès lors, il ne suffit plus d'avoir le meilleur projet pour les sportifs, il faut également convaincre les membres du CIO du bien-fondé de l'offre qui leur est faite. L'olympisme n'est plus seulement un univers sportif, mais devient l'objet de man uvres politiques, diplomatiques, marketing, financières qui débouchent parfois sur la corruption.
Les chefs d État des plus grandes nations viennent défendre les candidatures de leurs villes aux Jeux olympiques. On n'hésite plus à naturaliser des athlètes à coup de millions pour figurer en bonne place au tableau des médailles. Avec les Jeux de Pékin, l'olympisme devient un produit stratégique qui permettrait aux Chinois, du moins ils l'espèrent, de dominer le monde. |