| Terre battue De Mansour Bahrami Editeur : Ramsay Parution le : 7 Avril 2006
Sous le règne du Shah d'Iran, un fils de jardinier n'avait aucune chance de devenir un grand joueur de tennis. Mais Mansour Bahrami est de ceux qui ont cru en leur rêve de gosse. Dès l'âge de six ans, pour aider ses parents à faire bouillir la marmite, il travaille comme ramasseur de balles dans le plus chic complexe sportif de Téhéran. A force d'observer les services et les revers des notables, il n'a plus qu'une obsession : posséder une raquette. Lorsque la chaleur étouffante laisse inoccupés les terrains en terre battue, le jeune Mansour, lui, s'entraîne... en catimini, jusqu'au jour où un gardien du stade le surprend. Pour avoir osé fouler un terrain réservé à l'élite du régime, il est battu. Contre toute attente, les dirigeants du club sont émus par son sort : on lui donne l'autorisation de jouer et on lui offre deux raquettes flambant neuves. A seize ans, il devient le meilleur joueur d'Iran. A dix-sept ans, il part tenter sa chance sur le circuit professionnel international. Sélectionné en coupe Davis, c'est avec une vieille raquette rafistolée qu'il dispute ses matchs. C'est le temps des grandes rencontres - Ilie Nastase, Jimmy Connors et les autres stars de l'époque -, des voyages autour du monde, c'est le temps des utopies et de la libération sexuelle. Mais alors qu'il croit sa vie engagée sur les rails du succès, la révolution islamique bouscule tout. Les courts de tennis, au même titre que les frontières, sont fermés. Mansour Bahrami est témoin des atrocités commises tant par les militaires du Shah que par la police religieuse des Mollahs. Durant deux longues années, il est bloqué à Téhéran, sans pouvoir jouer. Il ne lui reste qu'une solution, extrême, douloureuse : l'exil. Il choisit Paris. Les premiers mois, il participe à différents tournois, mais très vite son visa expire et il devient clandestin. Sans ressources, sans papier, il dort dans des gymnases, dévore des baguettes de pain, et préfère marcher des heures durant plutôt que de s'endormir sur un banc. Le tennis le sauve. Grâce à Jacques Dorfman, juge arbitre aux Internationaux de Roland-Garros, Mansour Barhami obtient une Wild Card. Il remporte quelques matchs. Nous sommes en 1981, quelques semaines après l'élection de François Mitterrand. La presse s'empare de son histoire et Mansour obtient en deux jours le titre de séjour que l'administration lui refusait depuis des mois. De nouveau, il déguste la vie. Les femmes, les solides amitiés, et surtout le jeu, le show et les clameurs du public animent son quotidien. A trente-cinq ans, parvenu à son apogée sportive, il commence une seconde carrière dans les tournois senior. La belle vie n'est pas près de s'arrêter ! |