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La Brigade de l'Oeil

La Brigade de l'Oeil

Auteur : Guillaume Guéraud

Editeur : Editions du Rouergue

Rush Island, 2037. La loi Bradbury interdit toutes les images depuis vingt ans sur l'ensemble du territoire. La propagande matraque : Les photographies sont nocives. Le cinéma rend fou. La télévision est l'opium du peuple. Les agents de la Brigade de l'Oeil, les yeux armés du gouvernement, traquent les terroristes opposés à cette dictature. Brûlent les images encore en circulation et les pupilles de ceux qui en possèdent. Parce qu'un bon citoyen est un citoyen aveugle.
Kao a 15 ans. Il ne craint pas les images. Elles le fascinent. Après le lycée, il traîne dans les rues de Badwords pour en distribuer clandestinement. Une rumeur circule : des films auraient survécu. Ils seraient enfouis quelque part dans l'île. Kao est prêt à risquer gros pour les sauver des flammes.

14,20 €
Vendeur : Amazon
Parution :
Format: Poche
406 pages
ISBN : 978-2-8415-6863-5
Extrait

Patrouille nocturne dans le quartier de Badwords - la routine.
Sauf que le van sillonnait les rues sans le tin­tamarre habituel.
Falk ne supportait plus le «ouin-ouin» de la sirène - ça lui transformait le crâne en nid de guêpes - alors il avait définitivement résolu le problème ce matin en saccageant l'ampli à coups de botte.
Commentaires de Kaneshiro avant de prendre le volant :
- Bravo ! Et si je dois brûler un stop ou emprunter une voie à contresens... Je préviens les piétons et les automobilistes en agitant les mains ou en hurlant par la fenêtre ?
Réponse de Falk :
- Contente-toi de conduire convenablement !
Et direction Badwords - le secteur le plus chaotique de la cité.
Le van roulait sans cracher de décibels mais, n'importe comment, un véhicule de flics restait un véhicule de flics et personne ne s'y trompait.
Visez l'inscription sur les portières : Brigade de l'Oeil.
Autrement dit : «Voilà les najas !»
«Les najas» - pas les serpents...
«Les najas» - les yeux armés du gouvernement !
Un surnom dû à leurs galiscopes - les oeilletons dont ils ne se séparaient jamais.
Ils les gardaient constamment vissés aux orbites pour surveiller leur périmètre et se focaliser sur les moindres détails - la routine.
Kaneshiro se concentrait sur la circulation. Strummer observait les façades et examinait les trottoirs. Falk étudiait le tout-venant en lorgnant essentiellement sur les grappes de passants qui s'éparpillaient à l'approche du van.
L'essentiel du boulot : regarder.
Regarder à droite. Regarder à gauche. Regarder devant et derrière. Regarder dans toutes les putains de directions - regarder partout.
L'inconvénient : garder les yeux ouverts en permanence.
Les galiscopes étaient là pour ça - empêcher les paupières de se fermer tout en optimisant l'acuité visuelle.
- Strummer pique du nez depuis le départ ! dénonça Kaneshiro. Le bruit de la sirène doit lui manquer !
Falk se tourna vers la banquette arrière pour constater que leur collègue contemplait les fermoirs de ses bottes - il dormait les yeux ouverts.
Kaneshiro vira sèchement dans la rue Nosaka et la tête de Strummer heurta la portière latérale.
- Et si tu te réveillais ! le brusqua Falk. Strummer se massa la nuque.