Si c'est un Juif : Réflexions sur la mort d'Ilan Halimi
Un an après la mort d'Ilan Halimi, Adrien Barrot s'interroge avec stupeur sur ce qui s'est produit et sur l'état de ce pays. Comment l'antisémitisme peut-il s'être désormais banalisé à un point tel en France que l'enlèvement, la séquestration, la torture et le meurtre d'un homme, sortis du cliché haineux et archaïque qui identifie les juifs à l'argent, puissent passer pour un fait divers ? Pour que l'on puisse de surcroît reprocher aux juifs déjà visés, depuis plusieurs années, par de multiples violences, de plus en plus graves, de se murer dans un "communautarisme" auquel notre cécité les condamne ? Comment expliquer le contraste entre l'omniprésence de la "mémoire" de la "shoah" et notre incapacité à identifier dans le meurtre d'Ilan Halimi par la "bande des barbares" la cellule germinative même du nazisme dans ce qu'elle a de plus caractéristique ? Ancrée dans le traumatisme de cette mort atroce et des dénis qui l'accompagnent encore, la réflexion d'Adrien Barrot tente de cerner les détraquages du tissu social, politique, humain de notre époque. L'auteur essaye de retracer le parcours du recyclage actuel des thèmes et des motifs les plus invétérés de la haine des juifs, au terme duquel ils ressortent blanchis et de nouveau prêts à l'emploi.
