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Fiche livre | | |
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 Cliquez pour agrandir | Vu De Serge Joncour Editeur : Le Dilettante Parution le : 20 Août 1998
Vu le calme qui règne dans la région, vu l'ennui permanent qui y rôde, on aura quelque indulgence quant aux façons de se distraire. Ici, de loin en loin, la grippe des uns alimente le feuilleton des autres, les fièvres donnent lieu à toutes sortes de supputations, et le facteur fait de la visite. Ici les conversations explorent guère, et pour peu que tout aille bien, pour peu que tout le monde soit en forme et qu'on renonce à mourir, alors il n'y a plus rien à se dire. Sinon il y a la télévision bien sûr, mais depuis que les feuilletons sont sans suite, depuis que les épisodes s'enchaînent sans plus du tout chercher à se répondre, il n'y a même plus lieu de conjecturer sur le devenir des situations. |
Commentaires Amazon| 2006-02-15 | Note : 4/5 | Bonne tranche de rigolade !!! Dans "un petit village où il fait beau, l'avenue de l'église bordée de ses ombres, deux ou trois vues sur la fontaine qui glougloute, des accoudés qui trinquent sous les parasols anisés, la représentation même de la sérénité", vit une famille anodine dans un lieu-dit proche du trou paumé en rase campagne. Il y a le père, la mère, les trois enfants, sans oublier l'immortelle grand-mère dans son fauteuil roulant. En fait, cette famille a tout de la caricature des Bidochons - ce sont des gens simples, démunis, à la modeste ambition de paraître en une des journaux ! Et c'est pourtant vrai qu'ils les collectionnent, les unes. Ils sont mine de rien les champions involontaires des grabuges. La légende commence lorsqu'un boing se crashe dans le jardin, la carcasse devenant un aimant à touristes, "un genre de menhir qui n'avait pas la mérite des siècles". S'ensuit une série de guignes monstrueuses, mais tellement drôles à lire (je vous épargne la liste, vous invitant à les découvrir pour les savourer !).Ce qui est décrispant dans "Vu" c'est la constante légèreté, l'absence d'effusions, de pathétisme ou de misérabilisme qu'on accole trop souvent aux gens de peu. Il y a un refus de se prendre au sérieux, aucun état d'âme (l'épisode du cochon l'atteste). Au début, en ouvrant le premier chapitre, j'étais décontenancée par la nonchalance du style du narrateur, mais en approfondissant on découvre davantage : "un rendu proche du pathétique, un lyrisme feutré d'un manque de vocabulaire, devenu encore plus poignant à cause de cela. Un style étincelant de lacunes, elliptique jusqu'à l'abscons, tout ce qui caractérise la naïveté docile des puissants illettrés" ! Et pour se jeter lui-même des roses, le narrateur ajoute : "un talent de plume, certes pas suffisant pour les académies, mais parfaitement adéquat pour témoigner, non pas de nos petites misères comme ils le font tous, mais de nos petits arrangements avec l'ennui". Forcément le charme opère, ces Bidochons de Serge Joncour sont trop délirants pour ne pas aller à leur rencontre et accepter "une petite mousse". Et si d'aventure vous croisez en chemin l'Ampoule, autrement dit le journaliste Jérôme Marchetout, il vous expliquera, lui ...
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