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La vie d'un matelot

La vie d'un matelot

Auteur : James Fenimore Cooper

Editeur : Decouvrance

«Qui me blâmerait de vouloir raconter mes aventures ? Mon vieux compagnon Cooper, que j'ai eu le bonheur de retrouver, se charge de donner une forme convenable à mes écrits... C'est ma vie toute entière qu'il a fidèlement consignée dans ce livre.»
Embarqué dès son plus jeune âge sur un navire marchand - pour échapper aux études et à la solitude - le jeune matelot apprend peu à peu les rudiments de la survie à bord et en mer. Il embarque sur des navires de commerce et navigue régulièrement entre l'Europe et l'Amérique. Il connaît les tempêtes, les accidents de mer, la misère, la prison. Il éprouve le feu de l'ennemi anglais et la captivité. Il fait de la contrebande de tabac puis part pour Canton et Calcutta, où il découvre le commerce de l'opium.

«... Quand nous fûmes à la latitude du port Jackson, on donna à l'équipage une moitié d'eau au lieu de trois quarts stipulés dans l'engagement. Cette mesure causa une révolte et les matelots refusèrent le service. Le capitaine profita de ce que les matelots étaient en bas pour fermer l'écoutillon ; puis il passa en revue six hommes...
- Voulez-vous, nous dit-il, conduire le navire à Canton, ou relâcher au port Jackson ?...»

James Fenimore Cooper (1789-1851) Ecrivain américain, connu pour ces nombreux romans, dont Le dernier des Mohicans. Engagé dans la Marine américaine à l'âge de 17 ans, il la quitte cinq ans plus tard.

12,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
104 pages
ISBN : 978-2-8426-5535-8
Extrait

En publiant la vie d'un matelot, je ne crois obéir à aucun sentiment de vanité. J'aime les mers ; c'est un plaisir pour moi d'en parler, de décrire les scènes dont j'ai été le témoin, les périls que j'ai affrontés en diverses parties du monde. Qui me blâmerait de vouloir raconter mes aventures ? Mon vieux compagnon Cooper, que j'ai eu le bonheur de retrouver, se charge de donner une forme convenable à mes écrits ; mon exemple peut être profitable et servir de leçon à ceux qui suivent la même carrière que moi : mon entreprise n'a donc point d'inconvénient, et il est même vraisemblable qu'elle produira de bons résultats.

Je ne connais ma famille que par mes souvenirs d'enfance et les détails que m'a donnés ma soeur. Je me rappelle un peu mon père ; mais j'ai complètement oublié ma mère, que j'ai perdue sans doute dès ma plus tendre enfance. Je vis souvent mon père jusqu'à ce que j'eusse atteint ma cinquième année. Il était officier dans le 1er régiment de ligne, au service du roi d'Angleterre. J'ai entendu dire qu'il était fils d'un ministre protestant hanovrien, ma mère à ce qu'on m'a dit, était également originaire d'Allemagne, mais les autres personnes de ma famille avaient peu de renseignements sur son compte. On me l'a dépeinte comme vivant séparée de mon père, ayant des occupations distinctes, et pleines d'aversion pour l'état militaire.

Je naquis à Québec en 1793, mais il me serait impossible de préciser la date de ma naissance.

Je fus baptisé dans la religion anglicane, et, si j'ajoute foi à ce qu'on m'a toujours raconté, je fus tenu sur les fonts par Son Altesse Royale le prince Edouard, colonel du 1er régiment, père de la reine Victoria. J'eus pour second parrain M. Walter major du 23e de ligne, et sa femme pour marraine. Mon baptême se fit à Québec, et l'on me donna les prénoms d'Edouard-Robert. Je suis connu dans la marine sous le nom d'Edouard Meyers, ou, par abréviation, Ned Myers.

Avant d'être assez âgé pour que mes impressions fussent durables, le régiment partit pour Halifax. Mon père le suivit, emmenant à la Nouvelle-Ecosse ses deux enfants, ma soeur Henriette et moi. Nous y séjournâmes longtemps. Le prince Edouard avait une résidence en ville et une maison hors des murs, où demeurait avec lui une dame inconnue. Le prince me témoignait de l'intérêt, me prenait dans ses bras et m'embrassait. Quand il passait devant notre maison, je courais à lui, et il m'emmenait promener. Plus d'une fois il envoya chercher le tailleur du régiment, et commanda des habits pour moi. C'était un homme d'une haute taille, d'une physionomie imposante, et qui portait une croix sur la poitrine.

Ma mère mourut probablement pendant que j'étais à Halifax, que mon père quitta quelque temps avant le prince.

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