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La Marchande d'enfants
De Gabrielle Wittkop
Editeur : Verticales
Parution le : 22 Août 2003

Dans une série de lettres s’échelonnant entre mai 1789 et août 1793, Marguerite Paradis, tenancière d’un bordel d’enfants pour libertins, expose à son amie Louise, qui désire ouvrir le même type de commerce à Bordeaux, les divers tracas auxquels il lui faudra se confronter pour faire tourner sa maison : aménagement des locaux, domesticité, clientèle et marchandise, autant de questions qu’elle continue de résoudre dans sa maison de la rue des Fossés-Saint-Germain. Mais ces détails pratiques ne sont pas le seul intérêt d’une correspondance qui, dans une langue précise et imagée, restitue les interrogations d’une femme confrontée à la tourmente révolutionnaire qui va balayer le régime monarchique. Attentive aux moindres soubresauts de Paris, Marguerite jette un regard sans illusions sur le genre humain, dont elle connaît bien la veulerie et l’inconséquence. C’est d’ailleurs cette vision sans fard des sentiments humains qui donne au texte toute son intensité. Libertine dans l’âme, Marguerite explore les ressorts secrets du cœur, tant chez les autres qu’au plus profond d’elle-même. Passionnée par le bel hermaphrodite Tirésias, Marguerite tente de cerner, au plus près, la naissance de cet amour qui va l’arracher à la cruauté ordonnée des jeux libertins pour, la dépouillant de tout artifice, l’abandonner aux lisières de son être intime.

  • Littérature

  • Commentaires Amazon

    2004-09-13Note : 5/5
    La Révolution vue de l'Enfer
    La Marchande d'Enfants, c'est un livre très horrible et très drôle, après le choc des premières pages. On est à la fois dans la Cour des Miracles et chez une Thénardier particulièrement abominable, puisqu'elle fréquente Monsieur de Sade et trouve de plus son métier "utile à la société". Les enfants (des pauvres, ou abandonnés, fournis par les couvents) sont des marchandises qu'on jette après usage,et les maquerelles ne sont pas mieux loties, à la merci d'évènements extérieurs; quant aux manies des clients,on frémit à l'idée que des êtres humains puissent descendre aussi bas, mais hélas on sait bien, pour avoir lu les journaux, que l'abjection en ce domaine est toujours sans limites.L'écriture de Gabrielle Wittkop est remarquable.

    2003-06-04Note : 5/5
    Bijou posthume
    Avec "La Mort de C." et "Le Nécrophile", c'est sans doute un des textes les plus envoûtants et les plus éprouvants de Gabrielle Wittkop. Son écriture, soyeuse et effrayante, dessine le portrait d'une maquerelle d'un genre particulier, qui vend des enfants aux libertins, alors que la tourmente révolutionnaire balaie la société d'ancien régime. Dans une série de lettres adressées à une amie désireuse de créer un commerce identique à Bordeaux, Marguerite Paradis évoque ses activités, le tourbillon parisien et surtout les effarements sentimentaux qui la lient de plus en plus à l'hermaphrodite Tirésias. Un noir bijou qui confirme le talent exceptionnel et la liberté radicale de Gabrielle Wittkop.

    2003-06-04Note : 5/5
    Bijou posthume
    Avec "La Mort de C." et "Le Nécrophile", c'est sans doute un des textes les plus envoûtants et les plus éprouvants de Gabrielle Wittkop. Son écriture, soyeuse et effrayante, dessine le portrait d'une maquerelle d'un genre particulier, qui vend des enfants aux libertins, alors que la tourmente révolutionnaire balaie la société d'ancien régime. Dans une série de lettres adressées à une amie désireuse de créer un commerce identique à Bordeaux, Marguerite Paradis évoque ses activités, le tourbillon parisien et surtout les effarements sentimentaux qui la lient de plus en plus à l'hermaphrodite Tirésias. Un noir bijou qui confirme le talent exceptionnel et la liberté radicale de Gabrielle Wittkop.

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