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L'hibiscus pourpre
De Chimamanda Ngozi Adichie
Editeur : Editions Anne Carrière
Parution le : 25 Août 2004

Kambili a 15 ans. Son monde est limité aux murs de la résidence luxueuse d'Enugu, au Nigeria, où elle vit avec ses parents et son frère Jaja. Son père, Eugene, est un riche notable qui régit son foyer selon des principes d'une rigueur implacable. Sa générosité et son courage politique en font un véritable héros de sa communauté. Mais Eugene est aussi un fondamentaliste catholique, qui conçoit l'éducation de ses enfants comme une chasse au péché où les plus terribles punitions trouvent leur justification dans la foi. Quand un coup d'Etat vient secouer le Nigeria, Eugene, très impliqué dans la crise politique, est obligé d'envoyer Kambili et Jaja chez leur tante. Les deux adolescents y découvrent un foyer bruyant, plein de rires et de musique. Ils prennent goût à une vie simple, qu'ils croyaient dangereuse et païenne, et ouvrent les yeux sur la nature tyrannique de leur père. Lorsque Kambili et son frère reviennent sous le toit paternel, le conflit est inévitable et la maison se transforme en champ de bataille où les enfants vont se révolter pour gagner leur liberté.


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2006-01-14Note : 4/5
L'extrêmisme chez les Chrétiens
La lecture de ce bouquin m'a été légèrement difficile... Difficile d'accrocher. Je ne sais pas pourquoi. Mais je me suis revue.
Pas en Kambili, mais en Angola. Les descriptions du mode de vie au Nigéria est le même du côté de chez moi. Les pannes de courant et d'eau, les pannes de lait... les lampes à pétrole, les professeurs non-payés.. l'actualité politique et économique.
On a dû apprendre depuis notre plus jeune âge à faire face aux pannes d'eau, à savoir se baigner avec une demi-bassine d'eau froide car le robinet ne sert qu'à la décoration. (il y a des jurs avec et des jours sans...). On a appris à maîtriser la pénombre avec des bougies ou les lampes de pétrole. On a été élevé de sorte à savoir vivre dans une paillote comme dans un château. C'est une question de survie.
Alors tout ce que Kambili racontait, je l'ai vécu à une échelle moindre (modes de vie) car il y a jamais eu de fondamentalistes à la maison, l'autorité c'était ma mère, d'une main elle caressait, de l'autre elle t'envoyais sa pantoufle en bois (elle sait viser, je crois qu'elle l'a appris à l'armée...).

Ce roman me donne la sensation qu'il n'est pas juste une fiction. Il y a trop de détails, trop de vraisemblances, trop de choses qui disent que Chimamanda Adichie ne fait pas que les inventer. On dirait vraiment du vécu, une autobiographie, tant c'est personnel! Et un truc est sûr, je ne m'attendais pas, mais du tout du tout, à cette fin!

2004-12-31Note : 4/5
un beau premier roman
Je connais assez peu les littératures africaines (je dis « les » ne serait-ce que pour la diversité des langues !), aussi j'ai profité des critiques positives de la presse sur ce premier roman d'une nigériane de 25 ans pour m'y intéresser.
Kambili a 15 ans et vit dans une famille aisée avec son frère Jaja. Son père est directeur du seul journal indépendant du pays, mais c'est aussi un catholique rigide et dur qui fait passer sur la religion sa violence envers sa femme et ses enfants. Un coup d'Etat vient secouer la sérénité paternelle, et Kambili va passer quelques jours avec son frère chez sa tante Ifeoma, une « païenne ». Elle découvre la joie de vivre avec ses cousins, la tolérance, l'amour (familial, mais aussi un premier amour impossible avec un prêtre qui semble avoir un faible pour elle). Bref, un roman d'apprentissage où elle va s'ouvrir à la vie, à la liberté et l'autonomie de pensée et d'action. La fin s'intensifie, cruelle, juste ( ?), dure mais bouleversante. L'hibiscus pourpre est un beau premier roman qui mérite le détour. Si l'on a un aperçu de la vie (matérielle et politique) au Nigéria , on peut toutefois regretter que cet aspect ne soit pas davantage creusé, mais le roman est davantage centré sur le personnage de Kambili.
L'auteur s'était déjà essayée auparavant à l'écriture de nouvelles, qui pour le moment ne semblent ni traduites ni publiées en France, à suivre...

2004-11-22Note : 5/5
L'hibiscus pourpre
Kambili, jeune fille de 15 ans, nous raconte son histoire et celle de sa famille, dirigée d'une main de fer par un père rigoriste et fanatisé par la parole de Dieu, qui le conduit aux pires excès, aveuglé par son devoir. Le livre nous tient sous tension jusqu'à un dénouement insoutenable.
Ce récit parle de la corruption et des difficultés de certains pays africains, gérés par des dictateurs sanguinaires et mégalomanes, mais il est aussi l'éloge de la famille africaine, à travers le personnage de Tante Ifeoma, pleine de vie et d'humanité, et de la parole des ancêtres. Eloge aussi de la liberté de penser et de l'indépendance.
L'auteur nous livre ici un livre vrai, sincère, émouvant, qu'on a du mal à lâcher une fois commencé. Un livre aussi douloureux, mais finalement porteur d'espoir et de vie, alternative à la résignation et au repli sur soi. C'est un chant d'amour à la terre africaine.

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