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Pays de connaissance

Pays de connaissance

Auteur : Pierre Tanguy

Editeur : La Part Commune

On retrouve avec bonheur la fraîcheur du style de Pierre Tanguy dans ce nouveau recueil de poésie. Un phrasé simple dans de courts poèmes suffit à l'auteur pour nous porter tout naturellement dans un univers qui se veut quotidien mais n'est jamais banal.

Au travers d'un lieu ou d'une tranche de vie, il nous parle de la Bretagne, des saisons qui passent, des femmes, de la mort... sans qu'on n'ait jamais l'impression d'avoir entendu cette manière de dire les choses, pourtant sin évidente.

Bretagne sensible et concrète, à la fois lieu mental et incarné.
Bretagne qui est ic, sous la plume de Pierre Tanguy, pays de connaissance profonde et d'amoureuse complicité.

13,00 €
Vendeur : Amazon
Parution :
ISBN : 978-2-8441-8044-5
Extrait

MOUSTERLIN

Cormorans figés dans le roc inspectant avec assurance les châteaux de sable des enfants de passage.

Parfois des silhouettes noires s'approchent des îles flottantes. Elles labourent la mer, dénichent des coques grises et des coffres de palourdes nacrées.

Puis s'en vont à la marée montante, à l'heure où les petits crabes verts montent sur leurs grands chevaux.



CHEMIN DES îLES

Je connais de ces îles l'éclat brutal des façades chaulées et les larges persiennes aussi bleues que les barques oscillant au-dessus des casiers.

Dans leurs chemins de laine que dévident les chattes curieuses, les charrettes pesantes laissent des lambeaux de foin dans l'épine des prunelles.



L'ODET

Chemin de halage, ricanement des mouettes.

Col mouillé des goélands et bateaux à la morte saison.

Les gerbes de Toussaint dégringolent des ponts, viennent frôler l'eau douce, comme un doigt dans le bénitier.



SAINT VIO

Vert le fenouil et bleue la libellule oubliée de l'enfance.

Tout autour de l'étang, les chemins mènent à des impasses herbues où les martins-pêcheurs se savent protégés.

Vieillard incrusté dans la pierre, la vue brouillée au regard des toitures squelettiques.

Bar-tabac au carrefour, boulten à l'angle des maisons.

Cyprès roussis ébranlés par novembre et la mer qui tamise les galets.

Ici l'homme crée des lignes Maginot de peur d'être englouti par les voix sépulcrales ou les embruns dorés.



MATIN à PORS POULLAN

La barque écrête les vagues et les hommes sont rentrés qui montrent une araignée au touriste étonné.

La fille neuve vers dix heures, au bout du quai gluant tient des roses à la main.

Un photographe la presse vers les flots où dérivent les goélands. Mais quelqu'un gris et noir la retient par son voile.

Derrière la baie vitrée du café qui sent bon, les premiers invités regardent la brume légère dissiper le mirage



QUAI SAINT LAURENT

Le goéland flasque s'échappe de la vase et claque des ailes aux mains qui lui sourient.

Sur le quai, le terreau des Glénan porte un goût de gros sel quand les enfants débiles s'agrippent aux oursins mauves et capturent les palourdes rugueuses.
Le moniteur grincheux les tire par la manche, ils s'obstinent à jeter des étoiles vers les cieux incertains.

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