 | Rip It Up and Start Again : Post-Punk 1978-1984 De Simon Reynolds Editeur : Allia Parution le : 24 Janvier 2007
Rip It Up and Start Again (Déchire tout et recommence, titre d'une chanson du groupe Orange Juice) raconte l'histoire de la musique "post-punk" entre 1978 et 1984, soit entre la séparation des Sex Pistols et l'explosion de MTV, que représentent des artistes comme PiL, Devo, Joy Division, les Talking Heads, Gang of Four ou Cabaret Voltaire. C'est l'histoire d'une Angleterre où émerge, après la tornade de 1977, une multitude de groupes qui, bien que bouleversés par le projet punk, veulent à tout prix s'écarter du chemin "rétro-rock" trop rapidement pris par les grands groupes du genre, pour s'ouvrir aux musiques noires et électroniques. C'est aussi l'histoire de villes américaines en résistance, New-York, San Francisco ou Cleveland, où les musiciens viennent bien souvent des milieux artistiques d'avant-garde et envisagent leur travail comme un instrument de lutte contre l'idéologie culturelle et esthétique qui domine leur pays. Ce sont des groupes qui, des deux côtés de l'Atlantique, jouent le jeu de l'expérimentation aussi bien sonore que graphique, vestimentaire, théorique, voire économique lorsqu'ils en viennent à prendre un virage pop. C'est d'ailleurs autour de ce crucial problème du "compromis" commercial que s'articule Rip It Up and Start Again. La première partie intitulée "Post-Punk" retrace l'itinéraire de groupes adeptes d'innovation radicale, mais aussi des labels indépendants, tel l'emblématique Rough Trade, tenus par des producteurs aussi géniaux et furieux que Martin Hannett (Factory Records) ou encore Brian Eno. La deuxième analyse la "New Pop", qui voit les groupes s'orienter vers des sphères moins austères, plus dansantes ou plus spectaculaires. C'est l'époque qui consacre le succès de formations aussi diverses que Madness, Human League, Siouxsie & The Banshees, New Order ou Frankie Goes To Hollywood. C'est le passage de la modernité à la post-modernité, de l'indignation à l'ironie, de la rigueur au plaisir. |