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Que reste-t-il de notre victoire ?

Que reste-t-il de notre victoire ?

Russie-Occident : le malentendu

Auteur : Natalia Narotchnitskaïa

Editeur : Syrtes

.Le point de départ du livre est l'anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, célébré en 2005. L'auteur articule sa thèse autour d'une idée phare : le courant de pensée cherchant à diminuer le rôle de l'Union soviétique dans cette victoire est la preuve de la volonté de l'Occident d'affaiblir la Russie dont l'URSS a été un prolongement épisodique.
Parcourant le traitement par l'histoire occidentale du rôle de la Russie dans les événements tragiques du XXème siècle, elle rejette toutes les accusations concernant l'implication de son pays dans ces conflits, par exemple, la Première guerre mondiale ou le conflit yougoslave. L'auteur regrette l'état d'esprit de certains de ses compatriotes qui, dans le passé, ont préféré voir une Russie morte plutôt qu'une Russie communiste et dénonce la gravité de cette position. Elle critique ainsi les mouvements de dissidents qui ont aidé à faire tomber l'URSS. Dans cette chute, d'ailleurs, elle ne voit rien de bon pour le "peuple soviétique". Développant l'idée d'un complot de l'Occident contre la Russie, l'auteur désigne la fin de la Deuxième Guerre mondiale comme le début de la croisade de l'Occident "démocratique" contre l'Etat soviétique "totalitaire". Narotchnitskaïa est persuadée que l'Occident combattait non contre le communisme mais contre la renaissance de la Russie, car la guerre a fait renaître le fort sentiment patriotique qui rendait la Russie dangereuse stratégiquement. L'opposition Occident-URSS a été réduite à l'affrontement communisme-démocratie, ce qui a provoqué la substitution de la victoire de l'URSS lors la Deuxième guerre mondiale par celle de l'Occident lors de la guerre froide. La joie de ce dernier a été disproportionnée par rapport à l'"inoffensivité" et l'impopularité du communisme à la fin du XXème siècle. L'auteur fait un constat amer : on n'a pas célébré la chute d'un régime totalitaire mais l'échec de la renaissance russe. Le deuxième point sur lequel s'attarde Natalia Narotchnitskaïa est la naissance et le développement de l'idée qui a fait de la Deuxième guerre mondiale une guerre entre deux Etats totalitaires : le soviétique et le nazi. Ce début de remaniement de l'histoire est instauré par les travaux d'Ernst Nolte au moment où la lutte idéologique "totalitarisme/démocratie" avait besoin d'un nouveau regard sur la politique mondiale. L'auteur accuse Nolte d'enlever à l'URSS son statut de principal combattant contre le fascisme en libérant de sorte l'Occident de sa responsabilité vis-à-vis du fascisme Preuve à l'appui, l'auteur critique également l'attitude des Etats-Unis dans les jeux stratégiques du XXème siècle. Selon elle, le but recherché de tous les gouvernements américains est d'enlever à la Russie ses sorties sur les mers en la coupant de l'Europe. Cet échiquier américain n'est pas du goût de Narotchnitskaïa. Sur tous ces points polémiques l'auteur est sans appel : les preuves sont là, il suffit de réfléchir, d'analyser. Forte d'une émotion palpable, son livre est un cri de désespoir de tout un peuple qui se croit privé de l'honneur de sa propre histoire. L'éclairage historique apporté par le professeur François-Xavier Coquin dans sa préface offre des clés de compréhension de la pensée de Natalia Narotchnitskaïa et aide à dissiper les éventuels malentendus historiques.
L'auteur est la porte-parole d'un courant de pensée russe, totalement inconnu en Occident et qui a le mérite de contribuer à une réflexion générale sur les rapports entre la Russie et le monde occidental.

18,26 €
Vendeur : Amazon
Parution :
203 pages
ISBN : 978-2-8454-5132-2
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