 | Le jardin d'acclimatationDe Yves Navarre
Editeur : H&O Parution le : 15 Avril 2009 ISBN : 978-2-8454-7190-0 EAN13 : 9782845471900
" C'est l'histoire d'un homme jeune qui doit souffler ses quarante bougies. Il ne peut pas le faire. Il ne sait même plus souffler devant lui." Pour Bertrand Prouillan la vie s'est figée un certain 9 juillet, jour de ses vingt ans, au retour d'un séjour à Barcelone où son père a fait pratiquer sur lui une lobotomie. Ainsi Henri Prouillan a-t-il pu, sans crainte de scandale, accéder pendant dix-sept mois à la fonction de Ministre dans le gouvernement du moment. Vingt ans plus tard, la famille a éclaté, chacun a fait sa vie en tentant d'oublier son rôle dans le drame. Mais, en ce jour anniversaire, l'heure des comptes avec le Père aurait-elle enfin sonné? Couronné par le prix Goncourt en 1980, Le jardin d'acclimatation est sans conteste l'une des oeuvres majeures de la littérature française du XXe siècle. | Prix Goncourt 1980Littérature française
Prix conseillé : 12,50 € - Prix : 11,88 € |
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Commentaires Amazon| 2010-02-09 | Note : 5/5 | Quand famille rime avec homophobie ! Bertrand, est jeune, beau, gentil, intelligent, délicat, il affiche et nourrie une grande spiritualité, il est diplômé de grandes écoles et malgré tout, alors qu'il n'a que vingt ans, son père, homme ambitieux, et vaniteux, pour accéder à sa réussite dans la politique, va sacrifier la vie de son propre fils, dans l'espoir de le guérir de son homosexualité ! Comme si l'amour était une maladie... Car ici, dans se roman de psychologie familiale dramatique, qui est a mon sens un pur chef-d'oeuvre, Yves Navarre ne parle que d'amour. Amour paternel, fraternel, marital, filial, l'amour d'un animal de compagnie, l'amour du travail, de l'art et des belles choses. Mais plus que tout, l'amour qui est l'élément clef de l'histoire, c'est cet amour interdit aux yeux du père, qu'a Bertrand pour les garçons.
Aucun des membres de la famille ne l'a épargné, le père est le principal meurtrier, car, oui, on peut le considérer comme tel ! Rendre un être vivant, qui vient de surcroît de sa propre chair, à l'état de légume sans même culpabiliser de l'avoir fait et continuer tranquillement sa petite vie, alors que la maman va en mourir de chagrin, est un acte, monstrueux, immoral, voire immonde.
Ce récit est, cette lente description psychologique, de l'état de chacun et chacune, ses frères, sa saeur, sa tante, son oncle... de leurs culpabilités, de n'avoir rien fait pour empêcher ce père indigne d'ôter le bonheur et la joie de vivre à un garçon qui ne demandait qu'une seule chose : « Le droit d'aimer ».
Il n'y a pas cette poésie, que caractérisent les oeuvres de Navarre..., bien évidemment, comment aurait-il pu écrire de la poésie sur un tel drame ?! Heureusement, il y a la lette-rédaction magnifique scénario du « jardin d'acclimatation » que Bertrand a écrit pour le mariage de son frère. Et aussi les lettres d'amour qu'écrivait Bertrand à l'âge de dix-sept ans, à son chéri Romain. Ces lettres son intégrées au milieu du récit, contrairement aux précédentes éditions, où elles se trouvaient à la fin. Comme c'est la tante qui les a récupérés, ont peu les lire à l'instant où le père veut les racheter à sa soeur, ce qui passe très bien dans le fil de l'histoire.
On retrouve toujours cette délicatesse, dénouée de vulgarité. Cette plume particulière, qu'il avait de jeter par instant des mots, ou des petites phrases dans le récit, sans y mettre d'article, ce qui donne un moment vivant, une action.
Yves Navarre savait nous transporter de sa plume et nous transporte encore au-delà de sa propre mort !
Merci, Yves, pour cette triste histoire, mais encore aujourd'hui bien trop vrai... Heureusement, la lobotomie est maintenant interdite, mais combien de pères et de mères rejettent leurs enfants, jusqu'à les perdre à jamais, uniquement parce qu'ils aiment d'une manière différente !
| | 2009-04-19 | Note : 5/5 | une réédition salutaire Fin des années 70 ou début des années 80, Henri Prouillan, ancien ministre, voeuf, septuagénaire, se replonge dans son passé et les tragédies familiales. Peu à peu, les autres membres de sa famille émergent : Suzy, la soeur, veuve d'un dramaturge rive droite ; Luc, Claire, Sébastien, les enfants devenus grands. Par courts paragraphes, Yves Navarre nous insinue dans leurs pensées, fait surgir leur mémoire. Dès le début du livre, le petit dernier de la famille est dans toutes les pensées, Bertrand. Bertrand va avoir quarante ans. Il est retiré dans la maison de famille, à Moncrabeau. On le voit mener une vie hagarde sous le regard des gardiens de la propriété. Vingt ans auparavant, il était le soleil de la famille et ses phrases nourrissaient la vie de chacun au rythme de ses trouvailles. Il était promis aux plus belles réussites scolaires. Entretemps, il s'est passé un double drame. L'épouse d'Henri en est morte. Le livre est un chemin qui nous mène à la compréhension de ces événements révolus.
Jamais Yves Navarre n'a écrit aussi juste, aussi sec que dans ce livre-là. Ce fut un Goncourt justifié (une fois n'est pas coutume). Le portrait de Bertrand Prouillan en jeune homme produit aussi l'un des plus beaux personnages romanesques que je connaisse : je m'y suis attaché comme rarement dans ma vie de lecteur. Les lettres de Bertrand à Romain, un jeune acteur de la troupe de son oncle, situées à la fin du livre, sont le sommet de celui-ci, admirable correspondance imaginaire.
Cette réédition est donc une excellente nouvelle !
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